Éveiller les es­prits au pays de Big Bro­ther

L’actualité - - SOMMAIRE - par Ian John­son

Confé­rences et clubs de lec­ture peuvent-ils faire fleu­rir la li­ber­té en Chine ? Ren­contre avec un in­tel­lec­tuel sur­pre­nant.

Loin de la ca­pi­tale chi­noise, dans un pe­tit centre cul­tu­rel in­dé­pen­dant, un pro­fes­seur de droit veut dé­ve­lop­per le sens cri­tique de ses com­pa­triotes. Confé­rences et clubs de lec­ture peuvent-ils faire fleu­rir la li­ber­té ? Ren­contre avec un in­tel­lec­tuel sur­pre­nant.

Chen Hong­guo est peut-être le plus cé­lèbre des ex-pro­fes­seurs de Chine. Il y a six ans, il a quit­té son em­ploi à l’Uni­ver­si­té de po­li­tique et de droit du Nord-Ouest, à Xi’an (une mé­tro­pole de 12 mil­lions d’ha­bi­tants), et a di­vul­gué sur In­ter­net la rai­son de sa dé­mis­sion : les ad­mi­nis­tra­teurs lui in­ter­di­saient d’in­vi­ter dans ses cours des confé­ren­ciers libres-pen­seurs. Pour conti­nuer de faire dé­cou­vrir ces es­prits au­da­cieux, il a créé en 2015 Zhi­wuz­hi, un centre cul­tu­rel dont le nom est la tra­duc­tion chi­noise du pa­ra­doxe so­cra­tique Je sais que je ne sais rien. Zhi­wuz­hi est si­tué au troi­sième étage d’un bâ­ti­ment com­mer­cial sans pré­ten­tion. Sur la fa­çade brille une en­seigne por­tant cinq mots en an­glais : I know I know no­thing. De l’autre cô­té de la rue se dresse un temple vieux de plus de 1 200 ans. Ja­dis, des mis­sion­naires boud­dhistes y tra­dui­saient en chi­nois des textes en sans­krit et conseillai­ent les em­pe­reurs chi­nois sur la por­tée de ces idées étran­gères. De nos jours, entre les murs de Zhi­wuz­hi, des ci­toyens chi­nois dé­couvrent à leur tour des idées nou­velles. Deux ou trois ac­ti­vi­tés s’y tiennent quo­ti­dien­ne­ment, et cer­tains des in­tel­lec­tuels chi­nois les plus connus y sont ré­gu­liè­re­ment in­vi­tés, no­tam­ment la so­cio­logue des pay­sans pauvres Guo Yu­hua, l’ex-mi­li­taire de­ve­nu ci­néaste Hu Jie et le pro­fes­seur He Wei­fang, ar­dent dé­fen­seur d’une ré­forme du sys­tème ju­di­ciaire chi­nois. Les membres d’une dou­zaine de clubs de lec­ture s’y re­trouvent aus­si pour échan­ger sur les idées de grands pen­seurs d’hier et d’au­jourd’hui, chi­nois comme étran­gers. Des li­brai­ries ou lieux ar­tis­tiques du même type ont fer­mé en Chine au cours des der­nières an­nées — vic­times de la ré­pres­sion po­li­tique du ré­gime du pré­sident Xi Jin­ping — ou se sont cen­su­rés jus­qu’à en perdre toute per­ti­nence. Zhi­wuz­hi sur­vit et conti­nue d’édu­quer le pu­blic à une forme de pen­sée cri­tique. L’au­teur amé­ri­cain Ian John­son (ins­tal­lé à Pé­kin de­puis des an­nées et ga­gnant d’un prix Pu­lit­zer) s’est ren­du à Xi’an pour voir com­ment les in­tel­lec­tuels des pro­vinces chi­noises éloi­gnées sur­vi­vaient en cette pé­riode de ré­pres­sion. Il y a dé­cou­vert un éco­sys­tème flo­ris­sant — quoique pru­dent — de vi­déastes, d’écri­vains et de jour­na­listes, qui consi­dé­raient tous Zhi­wuz­hi comme leur source d’ins­pi­ra­tion. Dans cette en­tre­vue, Chen Hong­guo ex­plique pour­quoi, se­lon lui, faire un tra­vail d’édu­ca­tion à long terme dans une ville chi­noise est plus im­por­tant que de par­cou­rir le monde en don­nant des confé­rences.

Vous avez un doc­to­rat de l’Uni­ver­si­té de sciences po­li­tiques et de droit de Chine, à Pé­kin. Vous au­riez pu en­sei­gner dans la ca­pi­tale, mais vous avez choi­si de ve­nir à Xi’an. Pour­quoi ? Les étu­diants de Xi’an vivent une si­tua­tion dé­plo­rable. La qua­li­té de l’en­sei­gne­ment est mau­vaise et ils n’ont pas l’oc­ca­sion d’en­tendre de bons confé­ren­ciers. Alors j’ai com­men­cé à in­vi­ter des in­tel­lec­tuels de re­nom. Nous avons re­çu des gens comme le ré­for­miste éco­no­mique Mao Yu­shi, l’his­to­rien in­dé­pen­dant Wu Si, l’ex­pert des droits de l’homme He Wei­fang, l’avo­cat Pu Zhi­quiang. Plu­sieurs étaient is­sus d’un groupe d’in­tel­lec­tuels chi­nois qui as­pirent à un sys­tème po­li­tique plus ou­vert, mais d’autres ne l’étaient pas.

Et la Sé­cu­ri­té pu­blique s’y est op­po­sée ? On me de­mande sou­vent qui me cause des tra­cas et je ré­ponds : des per­sonnes haut pla­cées. Parce que c’est ce qu’on m’a dit : que des per­sonnes haut pla­cées veulent ceci ou ce­la. J’ai de­man­dé qui étaient ces per­sonnes et on a re­fu­sé de me le dire. On pré­su­mait que je le sa­vais.

Lorsque vous étiez pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té, vous avez aus­si eu des en­nuis à cause de clubs de lec­ture...

De nos jours, en Chine, les uni­ver­si­tés sont dans des lieux éloi­gnés du centre des villes. Les pro­fes­seurs s’y rendent en au­to­bus, donnent leur cours et re­partent. Ils n’in­ter­agissent pas avec les étu­diants. J’ai créé ces clubs de lec­ture pour fa­ci­li­ter les échanges. Nous li­sions des livres comme Le paradis per­du, du poète an­glais John Mil­ton, ou L’An­cien Ré­gime et la Ré­vo­lu­tion et De la dé­mo­cra­tie en Amé­rique, d’Alexis de Toc­que­ville. Nous al­lions com­men­cer un es­sai

du so­cio­logue al­le­mand Max We­ber, L’éthique pro­tes­tante et l’es­prit du ca­pi­ta­lisme, lors­qu’on a fer­mé le club. On m’a dit : « Vous ne pou­vez pas par­ler de ça dans une classe. »

Vous avez donc te­nu les ren­contres à votre bu­reau…

Oui. Et lorsque 30 étu­diants sont ve­nus et que la pièce dé­bor­dait, nous nous sommes ren­con­trés dans la cage d’es­ca­lier. Les gens ont sur­nom­mé nos ren­contres « les confé­rences de l’es­ca­lier ». Mais je conti­nuais d’avoir des pro­blèmes, alors j’ai dé­ci­dé, en 2013, de dé­mis­sion­ner.

Votre fa­mille et vos amis vous sou­te­naient ?

Au­cun ami ne m’a sou­te­nu. Ma femme ? Ou­bliez ça ! Ils crai­gnaient que je ne trouve plus de tra­vail. Mais j’ai per­sé­vé­ré. Cette an­née-là, le Par­ti com­mu­niste a pu­blié un do­cu­ment qui di­sait que les uni­ver­si­tés ne pou­vaient pas en­sei­gner la pen­sée oc­ci­den­tale. Qu’est-ce qu’un pro­fes­seur de droit consti­tu­tion­nel comme moi doit faire s’il ne peut pas en­sei­gner la pen­sée oc­ci­den­tale ? Au­jourd’hui, c’est en­core pire. Ils m’au­raient congé­dié si je n’avais pas dé­jà dé­mis­sion­né. Se­lon moi, une uni­ver­si­té doit être in­dé­pen­dante et dé­mo­cra­tique.

L’uni­ver­si­té vous manque-t-elle ? Zhi­wuz­hi est mieux qu’une uni­ver­si­té. À l’uni­ver­si­té, je ne pou­vais don­ner que quelques confé­rences par mois et les au­to­ri­tés de­vaient tout ap­prou­ver. C’était tel­le­ment dif­fi­cile. Les conseiller­s des étu­diants es­sayaient de les per­sua­der de ne pas as­sis­ter à mes confé­rences. Ils pre­naient en note les noms des étu­diants qui s’y pré­sen­taient. Avec Zhi­wuz­hi, nous of­frons en moyenne une di­zaine de confé­rences par se­maine sur toutes sortes de su­jets, de la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment au mou­ve­ment #moiaus­si. C’est ou­vert au pu­blic. Nous ai­dons à for­mer une vraie so­cié­té ci­vile. Mon tra­vail a beau­coup plus de sens.

« À l’uni­ver­si­té, je ne pou­vais don­ner que quelques confé­rences par mois et les au­to­ri­tés de­vaient tout ap­prou­ver. C’était tel­le­ment dif­fi­cile. »

Dans le cli­mat po­li­tique ac­tuel, com­ment faitesvous pour res­ter ou­vert ? Je m’in­ter­roge là-des­sus. La se­maine der­nière, nous avons re­çu l’in­tel­lec­tuel et ac­ti­viste ch­ré­tien Ran Yun­fei. Trente mi­nutes après le dé­but de sa confé­rence, des po­li­ciers en ci­vil sont ar­ri­vés. Je les ai ac­cueillis avec cour­toi­sie et

j’ai dis­cu­té avec eux pen­dant que Yun­fei par­lait. Ils ont pris des pho­tos.

Je res­pecte ces po­li­ciers. Ils font leur tra­vail. Ils doivent ga­gner leur vie. Je leur ex­plique que nous trai­tons de culture, pas de po­li­tique. Si vous avez un lo­cal fixe, c’est plus fa­cile pour eux. Ils savent où vous trou­ver. Ils peuvent vous sur­veiller. En 2017, quel­qu’un de la Sé­cu­ri­té pu­blique m’a ren­du vi­site et m’a dit qu’il pour­rait nous sou­te­nir, mais que nous avions com­mis quelques er­reurs. Fon­da­men­ta­le­ment, ils peuvent nous ac­cep­ter, même si cer­tains soirs nous sommes un peu plus contro­ver­sés.

L’autre soir, j’ai ren­con­tré ici un po­li­cier qui n’était pas en ser­vice. C’est l’es­prit de Zhi­wuz­hi ! Des fonc­tion­naires ont été avi­sés de ne pas par­ti­ci­per à nos ac­ti­vi­tés parce que ce se­rait mau­vais pour leur car­rière. Mais ils viennent quand même, comme ce po­li­cier.

C’est la base de mon ap­proche : au­cun se­cret. De toute ma­nière, ils en­tendent tout, même notre conver­sa­tion en ce mo­ment. Ils savent. On ne peut pas gar­der de se­cret.

Com­ment choi­sis­sez-vous les confé­ren­ciers ?

L’ac­cent est mis sur la culture. Quel­qu’un po­se­ra peut-être une ques­tion sur le 4 juin [le mas­sacre de la place Tian’an­men, en 1989], mais nous n’or­ga­ni­sons pas de confé­rences sur ce su­jet. Je n’at­taque ja­mais di­rec­te­ment le gou­ver­ne­ment. Je ne vois pas à quoi ça ser­vi­rait. Je veux ac­croître la ca­pa­ci­té des gens à ana­ly­ser et à éva­luer les choses par eux-mêmes, pas leur of­frir une autre pro­pa­gande.

La po­li­tique n’est donc pas im­por­tante ?

Oui, elle est im­por­tante. Mais d’autres su­jets mé­ritent aus­si qu’on s’y at­tarde. Nous vou­lons en­ri­chir la vie des gens. Nous ne vou­lons pas nour­rir la co­lère et la haine. Nous vou­lons des chan­ge­ments po­si­tifs.

Par­fois, je me de­mande si les gens sont heu­reux. Nous vou­lons ajou­ter à leur bon­heur.

Quel rôle votre foi chré­tienne joue-t-elle dans votre vie ?

Je me suis conver­ti en 2009. Ce ne fut pas le ré­sul­tat d’une crise per­son­nelle, à cause d’un can­cer ou de quoi que ce soit d’autre. Ce qui est im­por­tant, c’est com­ment ce­la m’in­fluence comme in­tel­lec­tuel. En Chine, nous avons le concept de ch­ré­tiens cultu­rels. Ces ch­ré­tiens ne fré­quentent pas as­si­dû­ment l’église. Je n’y vais pas sou­vent moi-même. Je trouve les ser­mons en­nuyeux. Peut-être est-ce mon ar­ro­gance d’in­tel­lec­tuel ! [Rire] Cer­tains lea­ders ch­ré­tiens em­pri­son­nés [comme le pas­teur Wang Yi] s’in­quiètent du sa­lut de mon âme. Ils me disent que je de­vrais ou­vrir une église plu­tôt que de m’oc­cu­per d’un centre cul­tu­rel ! Je leur ré­ponds que le plan de Dieu pour cha­cun est dif­fé­rent.

Avez-vous son­gé à im­plan­ter Zhi­wuz­hi dans d’autres villes ?

Des gens vou­laient ou­vrir un Zhi­wuz­hi à Lanz­hou [ca­pi­tale de la pro­vince de Gan­su, dans le nord-ouest de la Chine], mais je me suis de­man­dé ce que je fe­rais si leur pre­mier geste était de te­nir une com­mé­mo­ra­tion le 4 juin. Alors, c’en se­rait fi­ni de moi ! [Rire] J’ai sai­si que je n’au­rais au­cun pou­voir sur ce qui se pas­se­rait à Lanz­hou. Moi, je suis doux mais ferme. Les au­to­ri­tés prennent en consi­dé­ra­tion mon at­ti­tude. Je leur fais com­prendre que je ne suis pas in­té­res­sé par la po­li­tique, que je m’in­té­resse à la culture. Elles me laissent exis­ter. Si j’es­saie

« Nous vou­lons en­ri­chir la vie des gens. Nous ne vou­lons pas nour­rir la co­lère et la haine. »

« Je ne suis pas en marge du sys­tème. Si vous ten­dez trop vers l’ac­ti­visme, vous n’ac­com­pli­rez rien. »

d’étendre Zhi­wuz­hi à d’autres villes, d’en faire un mou­ve­ment na­tio­nal, leur at­ti­tude se­ra dif­fé­rente.

Com­ment sur­vi­vez-vous fi­nan­ciè­re­ment ?

Nous avons quelque 130 membres qui paient 1 500 yuans [en­vi­ron 280 dol­lars ca­na­diens] par an­née. Nous avons huit bé­né­voles. Nous per­dons de 10 000 à 20 000 yuans par mois. À nos dé­buts, des do­na­teurs nous ont don­né un mil­lion de yuans, mais nous avons tout dé­pen­sé. Les com­mu­nistes s’in­té­ressent beau­coup à l’ar­gent. Ils savent qui nous sou­tient.

Un jour, nous avons eu une idée com­mer­ciale : des voyages cultu­rels, en Eu­rope, par exemple. J’ai re­çu un ap­pel du mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique qui me di­sait : « Ne vous manque-t-il pas quelques per­sonnes pour faire vos frais avec ce voyage ? Nous pour­rions nous joindre à vous. Nous paie­rons. » Je leur ai ré­pon­du : « Non, ça ne fonc­tion­ne­ra pas, mais mer­ci de vous pré­oc­cu­per de nous. »

Vous avez fait des ef­forts pour par­ler de ques­tions re­la­tives au genre et aux per­sonnes trans­genres. C’est im­por­tant en Chine au­jourd’hui ?

La phal­lo­cra­tie est for­te­ment an­crée dans notre so­cié­té. C’est dans notre édu­ca­tion. S’en li­bé­rer n’est pas évident. Nous de­vons en prendre conscience. Mais hon­nê­te­ment, c’est très dif­fi­cile de te­nir des ac­ti­vi­tés sur les ques­tions de genre. Nous avons beau­coup de membres fi­dèles, mais lorsque les dis­cus­sions portent sur le fé­mi­nisme, bien peu y par­ti­cipent. Même si nous par­lons du mou­ve­ment #moiaus­si ici, l’im­pact sur notre so­cié­té est très li­mi­té. Hors des mé­dias, des in­tel­lec­tuels et des fonc­tion­naires, per­sonne ne s’y in­té­resse.

Vous dites que vous vou­lez amé­lio­rer la ca­pa­ci­té de ju­ge­ment des gens, leur ca­pa­ci­té à prendre des dé­ci­sions. Com­bien de temps fau­dra-t-il pour opé­rer cette trans­for­ma­tion ? Un pro­verbe chi­nois dit qu’il faut une dé­cen­nie pour faire pous­ser un arbre, mais un siècle pour culti­ver une per­sonne. Une vraie trans­for­ma­tion so­ciale pren­dra du temps. Re­gar­dez les Taï­wa­nais. Ils y sont par­ve­nus, mais ils y ont mis du temps. Et ils avaient une so­cié­té ci­vile avant leur trans­for­ma­tion dé­mo­cra­tique! Pas la Chine. Le Par­ti com­mu­niste l’a éli­mi­née. Elle exis­tait avant 1949, mais elle a été dé­truite. Un éru­dit chi­nois a écrit quatre ca­rac­tères pour dé­crire le tra­vail de Zhi­wuz­hi : jing shen chong jian, ce qui veut dire «re­cons­truc­tion spi­ri­tuelle ».

Dans quelle me­sure est-ce im­por­tant que vous vous trou­viez dans un en­droit comme Xi’an ?

Si vous êtes prêt à vous en­ra­ci­ner pen­dant 10 ans, vous pou­vez sus­ci­ter un chan­ge­ment. Votre pré­sence change l’éco­lo­gie d’une col­lec­ti­vi­té. Bon nombre d’ONG ne font pas vrai­ment par­tie de la so­cié­té ci­vile chi­noise parce qu’elles sont in­ca­pables de prendre ra­cine. Cer­tains groupes ont beau­coup d’ar­gent et ils cherchent des moyens de le dé­pen­ser. Mais ce n’est pas la même chose que d’avoir des racines. Je m’en­ra­cine dans cette ville, mais ma zone d’in­fluence est plus vaste. Je peux in­fluen­cer le monde en­tier.

Je ne com­prends pas…

Si vous par­cou­rez la pla­nète pour don­ner des confé­rences, vous at­tei­gnez beau­coup de gens, mais vous ne les tou­chez que su­per­fi­ciel­le­ment. Moi, je veux tra­vailler en pro­fon­deur.

Où vous si­tuez-vous dans le spectre po­li­tique des in­tel­lec­tuels ?

Je di­rais que je suis ra­tion­nel et mo­dé­ré. Je ne suis pas en marge du sys­tème. Si vous ten­dez trop vers l’ac­ti­visme, vous n’ac­com­pli­rez rien. Vous vou­lez être un ac­ti­viste ? Très bien. Mais les au­to­ri­tés in­ter­di­ront vos ac­ti­vi­tés.

Cer­tains af­firment que l’exis­tence de votre groupe est en soi une per­cée.

Vous faites quelque chose de pe­tit et vous ne pen­sez pas que c’est im­por­tant, mais Dieu peut chan­ger ce­la. Une graine peut avoir un grand im­pact. Qui sait où elle tom­be­ra et ce qui sortira de terre ? (The New York Re­view of Books Dai­ly Co­py­right © 2019 par Ian John­son. Cet en­tre­tien, ti­ré d’une sé­rie in­ti­tu­lée « Tal­king About Chi­na », a bé­né­fi­cié du sou­tien du Centre Pu­lit­zer. Tra­duc­tion-adap­ta­tion : L’ac­tua­li­té)

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