«LA CLÉ, C’EST DE S’ADAP­TER »

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Une épi­ce­rie à grande sur­face pro­pose en moyenne 25 000 pro­duits dif­fé­rents. LOCO, une pe­tite chaîne d’épi­ce­ries de la ré­gion mont­réa­laise, en offre… 500.

Dans ces épi­ce­ries zé­ro dé­chet, lan­cées par quatre jeunes femmes pas­sion­nées, même le lait et le den­ti­frice se vendent en vrac, dans des conte­nants réuti­li­sables ap­por­tés par les clients ou dans des conte­nants consi­gnés.

Chaque pro­duit et chaque dé­ci­sion d’af­faires est sou­pe­sé pour avoir le moins d’im­pact en­vi­ron­ne­men­tal pos­sible, sans sa­cri­fier la touche es­thé­tique. Des éta­gères de bois aux pe­tits pots dis­po­sés avec soin, tout ici pour­rait être pho­to­gra­phié et pu­blié sur Ins­ta­gram.

Cinq cents pro­duits, c’est tout de même peu quand on est ha­bi­tué à l’abon­dance… Les clients sont par­fois un peu dé­bous­so­lés lors­qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, re­con­naît Ma­rieSo­leil L’Al­lier, 42 ans, l’une des co­fon­da­trices.

LOCO leur ap­prend à être flexibles, dit-elle. « Si la per­sonne est ve­nue cher­cher une sorte de riz et qu’il n’y en a plus, elle peut prendre autre chose. » Se­lon les co­fon­da­trices, il se­ra de plus en plus né­ces­saire de s’adap­ter à cause des chan­ge­ments cli­ma­tiques, et c’est ce que les gens font à pe­tite échelle dans leurs ma­ga­sins.

LOCO a main­te­nant quatre épi­ce­ries : trois à Mon­tréal plus celle de Bros­sard, que je vi­site cet après-mi­di-là. Je de­mande à Ma­rie-So­leil L’Al­lier et à An­dréanne Lau­rin, les deux as­so­ciées pré­sentes, si elles res­sentent une forme de contra­dic­tion entre le fait d’être des en­tre­pre­neures qui visent la crois­sance et le mode de vie dé­crois­sant dont elles font la pro­mo­tion.

« Quand on a lan­cé LOCO, on vou­lait des épi­ce­ries à échelle hu­maine. Elles n’ont pas 10 000 pi2 [930 m2], mais plu­tôt 1 000 pi2 [93 m2]. Et on veut que ça reste comme ça. On a pas mal fi­ni notre crois­sance à quatre épi­ce­ries, dit An­dréanne Lau­rin, une éner­gique châ­taine.

— Vous n’avez pas en­vie de croître da­van­tage ? » Elles se­couent toutes les deux la tête de gauche à droite. L’en­tre­prise a at­teint la ren­ta­bi­li­té, tous les em­ployés sont bien payés et il leur reste du temps pour vivre. Ça leur suf­fit.

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