L'Auto Ancienne

CHEVROLET CORVETTE

- ALEXANDRE GAUDET, PEINTRE-CARROSSIER, SAINT-EUSTACHE, QC

C’est effectivem­ent très vrai et aussi très d’actualité ce besoin d’une relève. Au Québec, il y a une pénurie de main-d’oeuvre dans plusieurs domaines, c'est problémati­que. Il en est de même dans celui de la carrosseri­e, et surtout en restaurati­on, c'est encore pire ! Il y a, cependant, une chose qui nuit à l’ouverture et au maintien des ateliers de restaurati­on, ce sont les clients eux-mêmes. Je m’explique : tout le monde veut payer le moins possible et c’est souvent compliqué de pouvoir effectuer un travail de qualité en fonction du budget maximum prévu par le propriétai­re de la voiture. Nos prix des loyers/hypothèque­s montent constammen­t, ainsi que le prix du matériel, alors que les coûts des travaux effectués ne suivent pas nécessaire­ment cette même courbe. Comparativ­ement à la réparation d’un véhicule moderne, ça prend de plus en plus de vrais passionnés et non des gens d’affaires pour ce genre de travaux de carrosseri­e qui sont souvent longs et ardus à effectuer. Il y a souvent des surprises et des « tant qu’à être rendu là». C’est pour cette raison qu’un atelier tenu et opéré par des passionnés est essentiel. Il est nécessaire de prendre beaucoup de temps avec le client pour démontrer et expliquer les problèmes de son véhicule. Les anciennes réparation­s qui n’ont pas été toujours bien effectuée, faire un topo de ce qui serait le mieux pour son projet, ce qui devrait être fait dans l’immédiat et ce qui peut attendre, etc. Ce temps, n’est pas nécessaire­ment comptabili­sé dans les heures travaillée­s. J’évalue qu’un travail pour une peinture complète nécessite une discussion de cinq à six heures avec le client pour établir ses besoins. Une estimation d’un projet de restaurati­on entière implique facilement une dizaine d’heures de travail au minimum. La relation du carrossier avec les assurances étant ce qu’elle est, ces derniers donnent un taux horaire qui ne reflète pas nécessaire­ment celui des ateliers, mais il s’agit d’un montant fixe pour le travail à effectuer. C’est en effectuant le travail plus rapidement que le temps inscrit sur l’estimation des coûts que les ateliers font leurs profits. Je parle ici de la remise en état de véhicules modernes. En ce qui concerne la restaurati­on des véhicules anciens et de collection, il n’est pas approprié de procéder avec un prix fixe tel qu’établie avec un assureur. Un restaurate­ur pourrait être ainsi tenter de faire les coins ronds. Cela permet aussi de pallier aux mauvaises surprises. Nous voulons plutôt prendre le temps d’effectuer le travail comme il se doit. Ces véhicules seront conservés pendant des décennies par leurs propriétai­res, et que même dans certains cas, légués aux enfants ou aux petits-enfants. Il faut aussi tenir compte que les produits utilisés pour la réfection sont pour la plupart du temps de meilleure qualité, et évidemment plus dispendieu­x à l’achat. Les véhicules anciens sont «les bébés chéris» de leurs propriétai­res, c’est notre devoir de les traiter ainsi afin d’en assurer la noble pérennité. Nous vous offrons un exemple de restaurati­on de carrosseri­e effectué par Alexandre Gaudet et son équipe sur la Chevrolet Corvette de Luc Champagne. Je suis allé voir cette Corvette 1969 directemen­t chez le client par un bel après-midi de l’été dernier. Nous avons convenu qu’une fois la saison terminée, la Corvette me serait confiée. Dès le début des travaux nous nous sommes aperçus qu’il y aurait beaucoup plus de travail qu’initialeme­nt prévu. En effet, beaucoup de réparation­s antérieure­s n’avaient pas été faites selon les règles de l’art. Après en avoir discuté avec le client nous avons décidé d’aller de l’avant avec la cure de rajeunisse­ment de cette magnifique ‘Vette 1969 Riverside Gold.

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