Un legs pa­tri­mo­nial à la po­pu­la­tion fran­co­phone qui fait rayon­ner la fran­co­pho­nie ma­ni­to­baine au-de­là des fron­tières.

La Liberté - La Voix Culturelle - - L’ASSOCIATION CULTURELLE FRANCO-MANITOBAINE -

Le 11 sep­tembre 2015 à Île-des-Chênes, l’ACFM et ses par­te­naires, la Di­vi­sion sco­laire fran­co-ma­ni­to­baine (DSFM) et la Fé­dé­ra­tion des aî­nés fran­co-ma­ni­to­bains (FAFM), an­non­çaient le lan­ce­ment d’un pro­jet de to­po­ny­mie « Les lieux- dits en ru­ra­li­té ma­ni­to­baine… une his­toire, un pa­tri­moine, une culture ». Il au­ra fal­lu deux ans de travail pour réunir une tren­taine de té­moi­gnages de 66 par­ti­ci­pants, étu­diants et aî­nés, qui re­tracent l’his­toire de 30 lieux im­por­tants dans 11 com­mu­nau­tés ru­rales et la créa­tion de 29 cap­sules au­dios. Au-de­là de 600 li­vrets de la col­lec­tion des photos et des plaques com­mé­mo­ra­tives, puis des ban­nières in­té­rieures et ex­té­rieures, pren­dront place dans les com­mu­nau­tés de lieux-dits. Les cap­sules au­dios sont en ar­chives per­pé­tuel­le­ment sur le site Web Ici-Ra­dio-Ca­na­da.

Le pro­jet Les lieux-dits a été très por­teur pour l’ACFM. « Il a sus­ci­té une énorme par­ti­ci­pa­tion du pu­blic et de nos par­te­naires : le CDEM et Joie de Vivre, la DSFM, l’AMBM, Ici-Ra­dio-Ca­na­da Ma­ni­to­ba, la FAFM et le Centre du pa­tri­moine », in­dique Jo­sée Thé­berge.

L’ini­tia­tive de l’ACFM a eu une telle am­pleur qu’elle a été cé­lé­brée le 29 mai 2017 par l’Ho­no­rable Rochelle Squires, mi­nistre du Dé­ve­lop­pe­ment durable et des Af­faires fran­co­phones. « Ce n’est pas tous les jours qu’on a un or­ga­nisme fran­co­phone à la Chambre des com­munes, se ré­jouit la di­rec­trice gé­né­rale. La pré­sen­ta­tion de la mi­nistre Squires a été faite dans les deux langues de­vant ses col­lègues et en com­pa­gnie de nos par­te­naires et des membres du CA de l’ACFM. Nous sommes fiers d’of­frir un legs pa­tri­mo­nial à la po­pu­la­tion fran­co­phone et ain­si faire rayon­ner la fran­co­pho­nie ma­ni­to­baine à tra­vers le monde. »

Pour Louis Té­trault, di­rec­teur gé­né­ral de l’AMBM, Les lieux-dits a per­mis de « faire re­vivre le pa­tri­moine des com­mu­nau­tés qui ris­quait de par­tir à ja­mais. C’est en grande par­tie l’his­toire de pion­niers fran­co­phones ou d’initiatives fran­co­phones. » Dans les com­mu­nau­tés ru­rales, où la ma­jo­ri­té an­glo­phone est de plus en plus pré­sente, ce type de pro­jet est im­por­tant. « Ça sou­ligne et met en avant les com­mu­nau­tés qui étaient presque en­tiè­re­ment fran­co­phones. Ce­la per­met de mi­ni­mi­ser les pertes, et de pré­ser­ver ce qui a été bâ­ti », ajoute Louis Té­trault.

À la DSFM, il n’y a pas eu d’hé­si­ta­tion sur la par­ti­ci­pa­tion des écoles au pro­jet. « Les pro­jets comme ce­lui des lieux-dits sont un com­plé­ment de ce que nous fai­sons en salle de classe, as­sure Alain La­berge, di­rec­teur gé­né­ral. Ils vont cher­cher les ra­cines de l’his­toire de fa­çon tan­gible. Nous sa­vions que ça au­rait un im­pact po­si­tif sur les élèves des com­mu­nau­tés concer­nées. »

Les élèves ont d’ailleurs pris beau­coup de plai­sir à re­dé­cou­vrir des en­droits qu’ils connais­saient au­tre­ment, et à voir leur vil­lage à tra­vers les yeux des ai­nés. « Ce pro­jet in­ter­gé­né­ra­tion­nel a été un par­tage, et un moyen d’as­su­rer une transmission. La culture iden­ti­taire est en soi. Il faut la faire éclore chez les jeunes. Mettre le pas­sé en contact avec le fu­tur et ap­prendre l’his­toire de l’en­droit d’où on vient per­met de mettre la fibre de construc­tion iden­ti­taire en eux », conclut Alain La­berge.

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