Pre­nez votre place!

La Liberté - Le Réveil - - COMMUNAUTAIRE - Ja­son CEGAYLE ae­me­dias@mo­nusb.ca

J’ai­me­rais vous po­ser une ques­tion. Est- ce que vous avez dé­jà joué aux chaises mu­si­cales? Est- ce que vous n’avez ja­mais été un fi­na­liste de­vant la der­nière chaise qui res­tait? Si oui, vous êtes soit une des deux per­sonnes sui­vantes : la pre­mière est celle qui laisse li­bre­ment la place à l’autre lorsque la mu­sique s’ar­rête et la deuxième est celle qui pousse, frappe et bat vio­lem­ment l’autre pour ob­te­nir la chaise. Je suis la deuxième. Cer­tai­ne­ment, je ne veux pas pro­mou­voir la vio­lence. De cette ana­lo­gie, je veux sim­ple­ment que vous com­pre­niez qu’en tant que jeunes, si vous êtes pas­sion­nés par le chan­ge­ment ou l’amé­lio­ra­tion, que ce soit à un ni­veau per­son­nel, aca­dé­mique ou com­mu­nau­taire, pre­nez votre place! C’est- à- dire croyez en vous-mêmes pour at­teindre vos buts. Il faut trou­ver le cou­rage en soi pour faire un chan­ge­ment et ne pas lais­ser les autres vous em­pê­cher de le réa­li­ser.

En 2014, j’étais par­ti­ci­pant aux Jeux de la Fran­co­pho­nie ca­na­dienne qui avaient lieu à Ga­ti­neau, au Qué­bec, et j` ai par­ti­ci­pé au vo­let Lea­der­ship. Je me sou­viens du jour où ma pro­fes­seure du se­con­daire m’a dit qu’il y au­rait des « ate­liers » de lea­der­ship au Centre cultu­rel fran­co-ma­ni­to­bain. J’y suis al­lé en pen­sant que c’était ça, un ate­lier de lea­der­ship. J’étais alors loin de sa­voir que c’était en fait une en­tre­vue : la soi­rée de re­cru­te­ment de l’équipe Ma­ni­to­ba pour le vo­let Lea­der­ship. Les in­ter­vie­weurs ont dit qu’ils al­laient choi­sir six re­pré­sen­tants du Ma­ni­to­ba pour par­ti­ci­per aux Jeux. Je suis vrai­ment fier d’avoir été choi­si!

Je ne vais ja­mais ou­blier la pre­mière fois que j’ai ren­con­tré les autres par­ti­ci­pants du vo­let Lea­der­ship ve­nus de par­tout au Ca­na­da. J’avais tel­le­ment hâte! Ar­ri­vé à Ga­ti­neau, moi et tous les par­ti­ci­pants en Lea­der­ship sommes en­trés dans la salle de ren­contre, où il y avait des per­sonnes qui nous ac­cueillaient. Elles di­saient « Bon­jour, bien­ve­nue et bon ma­tin » à chaque per­sonne. Par contre, à moi, ils m’ont dit « Hel­lo, good mor­ning » . Est- ce que j’ai ré­pon­du en an­glais? La ré­ponse est non. J’ai fiè­re­ment ré­pon­du en fran­çais : « Bon­jour et bon ma­tin à vous! ». Était-ce à cause de mon ac­cent, de la cou­leur de ma peau, de ce que je por­tais, ou d’un phé­no­mène cultu­rel qu’elles ne se sont pas adres­sées à moi en fran­çais? Je n’étais pas trop cer­tain. Je me suis sen­ti un peu ex­clu pour le res­tant de la jour­née. Mon dé­sir de par­ti­ci­per aux ac­ti­vi­tés avec d’autres fran­co­phones avait dis­pa­ru.

Ce­pen­dant, je n’ai pas per­mis ce pe­tit épi­sode de m’em­pê­cher de par­ti­ci­per plei­ne­ment au res­tant de la com­pé­ti­tion. J’avais mé­ri­té ma place comme tout le monde et j’al­lais le mon­trer aux autres par­ti­ci­pants.

L'Ac­cueil fran­co­phone et le Con­seil jeu­nesse pro­vin­cial sont des or­ga­nismes de la com­mu­nau­té fran­co-ma­ni­to­baine qui ont or­ga­ni­sé Le Ga­la jeu­nesse qui a eu lieu le ven­dre­di 3 no­vembre 2017 au Centre cultu­rel fran­co-ma­ni­to­bain. Cet évé­ne­ment plein de per­for­mances mu­si­cales et de par­tages per­son­nels et ins­pi­rants montre com­ment la nou­velle gé­né­ra­tion prend sa place en tant que jeunes en­ga­gés. Par­mi les pré­sen­ta­teurs, un jour­na­liste du Ré­veil, Ja­son Cegayle, a par­ta­gé une his­toire sur la fa­çon dont il a pris sa place pour par­ta­ger sa pas­sion pour la fran­co­pho­nie ca­na­dienne.

Une des com­pé­ti­tions consis­tait à ani­mer une table ronde avec des in­ter­ve­nants des Jeux dif­fu­sée à la ra­dio. Ce­la sem­blait vrai­ment être une ex­pé­rience in­té­res­sante. Les ani­ma­teurs de Lea­der­ship ont de­man­dé s’il y avait des per­sonnes qui étaient in­té­res­sées à ani­mer la table ronde de la pre­mière jour­née et plu­sieurs ont le­vé la main plus vite que moi! J’ai per­du mon op­por­tu­ni­té ce jour-là, mais je me suis dit « Je vais es­sayer de­main alors! ».

Le len­de­main, je me sen­tais un peu gê­né à l’idée d’ani­mer une table ronde. J’ai pen­sé, en pre­nant une douche à 5 h 30 le ma­tin (oui, je sais, c’est très tôt... les com­pé­ti­tions avaient lieu très tôt la jour­née) : « Est- ce qu’ils vont ju­ger mon ac­cent, est- ce que je vais faire une faute de gram­maire? ». Je me suis dit : « Je vais es­sayer de mon mieux et mon­trer aux autres que je suis ca­pable d’ani­mer et que je suis pas­sion­né par la fran­co­pho­nie. »

Avant de com­men­cer la jour­née, les ani­ma­teurs de Lea­der­ship ont de­man­dé qui vou­lait ani­mer la pro­chaine table ronde. J’ai le­vé ma main avant tout le monde et j’ai été choi­si. J’étais tel­le­ment fier d’avoir à ani­mer une table ronde au su­jet de la di­ver­si­té de la fran­co­pho­nie ca­na­dienne avec des par­ti­ci­pants des Jeux d’autres pro­vinces et territoires du Ca­na­da !

Après les Jeux, je ne suis pas re­tour­né à Win­ni­peg avec une mé­daille, mais je suis re­tour­né avec des nou­veaux amis, et fier de moi.

Grâce à mon ex­pé­rience lors des Jeux, j’ai dé­ve­lop­pé ce cou­rage de ne ja­mais lais­ser les autres m’em­pê­cher d’at­teindre mes buts. Alors, s’il y a des per­sonnes qui vous donnent l’im­pres­sion de pen­ser ce­ci ou qui vous disent même : « Non, vous n’êtes pas ca­pables » , il fau­dra vous battre ou re­pous­ser ces pen­sées- là, comme les fi­na­listes dans un jeu de chaises mu­si­cales, pour at­teindre votre but et prendre votre place.

Pho­to : Ja­son Cegayle

Amar Azouaou (gauche), étu­diant en in­for­ma­tique, et Sté­pha­nie De­mers (droite), étu­diante en science in­fir­mières à l’Uni­ver­si­té de Saint-Bo­ni­face, ont réa­li­sé une pe­tite per­for­mance mu­si­cale lors du Ga­la jeu­nesse.

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