L’amour, c’est le plus im­por­tant

La Liberté - Special Noel 2017 - - La Une -

«Pour moi, ce re­cueil de té­moi­gnages, c’est une cé­lé­bra­tion de la vie, par­tage Ma­ria Fer­nan­da Arent­sen. On a gran­de­ment be­soin et soif d’en­tendre des his­toires comme celles‐ci, car ce sont elles qui trans­forment le monde et qui le tiennent de­bout. »

Don­ner voix à ceux qui donnent tant. Voi­là l’ini­tia­tive de John Fer­rer, Ma­ria Fer­nan­da Arent­sen et Ch­ris­tian Vio­ly. Tous les trois em­ployés de l’uni­ver­si­té de Saint‐ Bo­ni­face (USB), c’est leur dé­vo­tion et leur amour qui les ont réunis lors d’une conver­sa­tion d’été, pour faire naître ce pro­jet : un ca­hier qui ren­drait hom­mage aux ai­dants na­tu­rels.

Pour cha­cun d’entre eux, c’est un peu aus­si une his­toire per­son­nelle. « C’est un pro­jet qui me tient à coeur, con ie John Fer­rer. Je me suis ren­du compte qu’on ne parle ja­mais de ces gens‐ là, ceux qui donnent tout leur temps et par­fois toute leur vie pour un proche. Nous vou­lons leur rendre hom­mage et leur dire mer­ci. »

Ch­ris­tian Vio­ly s’est joint au pro­jet avec une grande évi­dence, lui‐même ayant été un ai­dant na­tu­rel, lors­qu’il a tout quit­té pour al­ler ai­der sa fa­mille au Qué­bec. « Ça vient me cher­cher aus­si, d’une cer­taine fa­çon. Je pense que c’est im­por­tant de don­ner la pa­role à ces gens qui n’ont peut‐ être pas au­tant d’ap­pui qu’il fau­drait. Ces per­sonnes jouent un rôle cru­cial dans la so­cié­té. Cer­tains ont me­né de grands com­bats à tra­vers leur rôle d’ai­dant na­tu­rel. »

Sou­vent dans l’ombre, les ai­dants na­tu­rels sont pour­tant bien plus nom­breux qu’on ne le pense. Pour Ma­ria Fer­nan­da Arent­sen, dé­cou­vrir tout cet amour et lire tous ces té­moi­gnages, ce­la fait beau­coup de bien. Les par­cours sont dif­fé­rents, mais les che­mins se croisent. Et au coeur, on re­con­naît l’ai­dant na­tu­rel. « Peu im­porte com­ment les his­toires se in­issent, dans cha­cune, l’ai­dant na­tu­rel est le même, ex­plique John Fer­rer. Il n’est pas pré­pa­ré et en un cla­que­ment de doigts, sa vie bas­cule. On n’a même pas le temps de juste pen­ser à en par­ler. On donne tout son temps pour ac­com­pa­gner jus­qu’au bout. C’est pour ça qu’on leur rend hom­mage. J’es­père vrai­ment que ces té­moi­gnages se­ront le dé­but de quelque chose, les ca­ta­ly­seurs d’un chan­ge­ment. C’est mon rêve le plus fou. »

Au il de la vie, le plus im­por­tant, c’est l’amour. Un mot qui ré­sonne comme la plus grande force dans le dis­cours de ce trio d’ai­dants na­tu­rels. « Par­fois, la so­cié­té met l’ac­cent sur le fait d’être sans ar­rêt ca­pable, sou­ligne Ma­ria Fer­nan­da Arent­sen. Être ca­pable de pro­duire, d’ex­cel­ler, de faire. Ce­pen­dant, ce­la pro­duit beau­coup de mar­gi­na­li­sa­tion. De l’autre cô­té, cer­taines per­sonnes dé­cident de se tour­ner vers l’amour. Ces ai­dants na­tu­rels mettent leur vie entre pa­ren­thèses pour un proche. Le plus im­por­tant, ce n’est pas la course à l’ex­cel­lence ou à l’ar­gent, mais bel et bien l’amour. »

Pho­to : Gra­cieu­se­té Bai­ley Pa­la­mar De gauche à droite : John Fer­rer, Ma­ria Fer­nan­da Arent­sen et Ch­ris­tian Vio­ly.

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