La Di­vi­sion sco­laire fran­co-ma­ni­to­baine tou­jours plus mul­ti­cul­tu­relle

De plus en plus, l’évo­lu­tion de la fran­co­pho­nie est re­flé­tée dans les écoles de la Di­vi­sion sco­laire fran­co-ma­ni­to­baine. Non seule­ment chez les élèves, mais chez les profs aus­si.

La Liberté - - SOCIÉTÉ - Daniel BAHUAUD dba­huaud@la-li­berte.mb.ca

Le nombre d’élèves qui fré­quentent les écoles de la DSFM aug­mente pe­tit à pe­tit tous les ans. Cette se­maine, près de 5 700 élèves convergent vers les 23 écoles de la di­vi­sion sco­laire fran­co­phone. Une aug­men­ta­tion d’en­vi­ron 2 %, soit une cen­taine de plus de jeunes qu’en 2017.

Pour son di­rec­teur gé­né­ral, Alain La­berge, le grand dé­fi de la ren­trée 2018-2019 a été le recrutement de nou­veaux en­sei­gnants. « Plus il y a d’élèves, plus il faut d’en­sei­gnants. En juin, nous avons eu beau­coup de dé­parts à la re­traite. Re­cru­ter pour cette ren­trée, ça n’a pas été fa­cile.

« Sur­tout en zone ru­rale. Dans bien des écoles à la cam­pagne, les plus pe­tites, il faut com­bler des postes qui ne sont pas tou­jours à temps plein. Trou­ver un en­sei­gnant de mu­sique pour le ru­ral, ce n’est pas tou­jours évident. »

Au bout du compte, 40 nou­veaux en­sei­gnants ont été re­cru­tés. Le groupe se greffe aux 490 en­sei­gnants em­bau­chés par la di­vi­sion sco­laire.

« La grande ma­jo­ri­té des en­sei­gnants sont des di­plô­més de l’Uni­ver­si­té de Saint-Bo­ni­face. Pour nos écoles ru­rales, nous avons fré­quen­té des foires d’em­ploi à Ot­ta­wa, Mon­tréal, Sher­brooke et Lé­vis. Nos quatre nou­veaux en­sei­gnants à l’École com­mu­nau­taire La Voie du Nord, à Thomp­son, ont été re­cru­tés à Ot­ta­wa. »

Alain La­berge se ré­jouit tout par­ti­cu­liè­re­ment que 40 % des en­sei­gnants ve­nant de l’USB sont des nou­veaux Ca­na­diens. « C’est très en­cou­ra­geant. Nos écoles doivent re­flé­ter la fran­co­pho­nie, qui a bien évo­lué de­puis la créa­tion de la DSFM, en 1994. Notre corps pro­fes­sion­nel doit re­flé­ter notre nou­velle réa­li­té. Il y a donc des fran­co­phones fran­çais, belges, et des pays afri­cains. »

À l’heure ac­tuelle ce­pen­dant, peu de nou­veaux Ca­na­diens s’in­té­ressent au cô­té ad­mi­nis­tra­tif dans les écoles. Alain La­berge est bien conscient de ce fait : « Je crois que ça pour­rait chan­ger avec le temps. Il faut dé­jà au moins cinq ans d’ex­pé­rience en mi­lieu sco­laire pour pos­tu­ler à un poste ad­mi­nis­tra­tif. Au-de­là de la ques­tion de la re­pré­sen­ta­ti­vi­té mul­ti­cul­tu­relle, la plu­part de nos en­sei­gnants ne sont pas at­ti­rés par ces postes-là.

« La per­cep­tion est qu’il s’agit d’em­plois stres­sants, qui exigent beau­coup de temps. On avait trois di­rec­tions d’école à com­bler, et quatre di­rec­tions ad­jointes (voir l’en­ca­dré ci-bas). Au­cune can­di­da­ture is­sue de l’im­mi­gra­tion. Et quelques-unes du Qué­bec. Au bout du compte, on a trou­vé des gens qua­li­fiés et mo­ti­vés. Mais ça nous a pris du temps. »

Ar­chives La Li­ber­té

Alain La­berge : « Nous sommes en pleine pé­nu­rie d’en­sei­gnants. Le dé­fi est de re­don­ner les lettres de no­blesse à l’en­sei­gne­ment. Sou­vent, le grand pu­blic a une vi­sion faus­sée de la pro­fes­sion. Au lieu d’essayer de com­prendre l’en­sei­gnant, on le juge avec un cer­tain mé­pris. »

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