Pas de Ca­na­diens, pas de Lune

La Liberté - - PATRIMOINE -

Pour Paul Bal­caen, l’exode des cer­veaux vers les États-Unis pro­vo­qué par l’an­nu­la­tion de l’Ar­row consti­tue « la grande tra­gé­die de l’Af­faire Ar­row » : « En 1959, 32 in­gé­nieurs d’Avro Ca­na­da, y com­pris l’aé­ro­dy­na­miste Jim Cham­ber­lin et l’in­gé­nieur Owen May­nard, ont été re­cru­tés par la NASA amé­ri­caine. L’amer­tume cau­sée par cette perte de com­pé­tences a beau­coup contri­bué au mythe en­tou­rant l’Ar­row.

« Sur­tout quand on se rend compte des contri­bu­tions à la conquête de l’es­pace de ce que la NASA ap­pe­lait l’Avro Group. Jim Cham­ber­lin est de­ve­nu l’in­gé­nieur en chef du pro­jet Mer­cu­ry. Il a aus­si fait par­tie des scien­ti­fiques qui ont convain­cu la NASA d’adop­ter le ren­dez-vous en or­bite lu­naire pour le pro­gramme Apol­lo. Avant tout, Cham­ber­lin a été le concep­teur prin­ci­pal de la cap­sule Ge­mi­ni. « Ge­mi­ni, c’est le maillon qui fait le lien entre les cap­sules Mer­cu­ry, à un as­tro­naute, et les cap­sules Apol­lo, à trois as­tro­nautes. C’est ce pro­gramme qui a per­mis de dé­ve­lop­per le sa­voir-faire né­ces­saire pour réus­sir des ar­ri­mages dans l’es­pace, des chan­ge­ments de vi­tesse or­bi­tale et d’al­ti­tude or­bi­tale. Sans ces ca­pa­ci­tés, pas moyen de se rendre sur la Lune. « Owen May­nard, a pour sa part contri­bué au pre­mier de­si­gn de la cap­sule Apol­lo. En­suite, il est de­ve­nu l’un des prin­ci­paux concep­teurs du mo­dule lu­naire. Il a tra­vaillé étroi­te­ment avec la cé­lèbre équipe de Tom Kel­ly, de l’avion­neur Grum­man.

« On peut mul­ti­plier les exemples. Au point d’af­fir­mer que sans les Ca­na­diens, Neil Arm­strong n’au­rait pas mar­ché sur la Lune. »

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