BU­REAU DE L’ÉDU­CA­TION FRAN­ÇAISE : les Par­te­naires tré­pignent d’im­pa­tience

La Liberté - - POLITIQUE ET ÉDUCATION - Da­niel BAHUAUD dba­huaud@la-li­berte.mb.ca

Le nou­veau mi­nistre de l’Édu­ca­tion et de la For­ma­tion Kel­vin Goert­zen ren­con­tre­ra les Par­te­naires pour l’édu­ca­tion en fran­çais, pour en­tendre leurs pré­oc­cu­pa­tions sur les chan­ge­ments struc­tu­rels au Bu­reau de l’édu­ca­tion fran­çaise (BEF). La SFM, pour sa part, n’écarte pas la pos­si­bi­li­té d’un re­cours ju­ri­dique si les ré­ponses du mi­nistre s’avèrent in­sa­tis­fai­santes.

Con­tac­tée par La Li­ber­té, An­drea Slo­bo­dian, une porte-pa­role du mi­nistre Goert­zen, a confir­mé le 26 oc­tobre que son pa­tron sou­hai­tait ren­con­trer les Par­te­naires pour l’édu­ca­tion en fran­çais (1).

« Son bu­reau doit co­or­don­ner la date de la ren­contre avec les Par­te­naires. » Pour un des porte-pa­role des Par­te­naires, Ber­nard Le­sage de la Com­mis­sion sco­laire fran­co­ma­ni­to­baine, la nou­velle est « en­cou­ra­geante ». « Ce n’est pas une ré­ponse of­fi­cielle, ni chose faite. Les Par­te­naires ont re­çu un ac­cu­sé de ré­cep­tion pour la lettre que nous avons écrite au mi­nistre au dé­but d’oc­tobre. On lui avait de­man­dé de nous ren­con­trer avant la fin d’oc­tobre.

« Une fois qu’on pour­ra ren­con­trer M. Goert­zen, on au­ra des tas de ques­tions à lui po­ser. D’une part, la Pro­vince a nom­mé un nou­veau sous-mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Grant Doak. M. Doak n’est pas bi­lingue. Pour­tant, le 11 juin, on avait sou­mis un rap­port et des re­com­man­da­tions sur le BEF et l’ave­nir de l’édu­ca­tion en fran­çais. Ces do­cu­ments éma­naient du Fo­rum conjoin­te­ment or­ga­ni­sé par Ian Wi­shart, le pré­dé­ces­seur de Kel­vin Goert­zen, et les Par­te­naires. On se de­mande si M. Goert­zen les a lus. »

Bri­gitte L’heu­reux, la di­rec­trice de la Fé­dé­ra­tion des pa­rents du Ma­ni­to­ba est éga­le­ment por­te­pa­role des Par­te­naires : « Nous avons tous été sur­pris par l’an­nonce-choc conte­nue dans la lettre du 18 sep­tembre du mi­nistre Goert­zen, qui dé­cla­rait qu’il ne re­vi­si­te­rait pas l’abo­li­tion du poste de sous-mi­nistre ad­joint res­pon­sable du BEF. Et que le BEF était dé­sor­mais gé­ré par une di­rec­trice gé­né­rale par in­té­rim, Ly­nette Char­tier. Pour ma part, j’étais sous l’im­pres­sion qu’on était tou­jours en dis­cus­sions avec le mi­nistre. Son pré­dé­ces­seur avait mis sur pied un groupe de tra­vail, com­po­sé de haut pla­cés au mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion et des prin­ci­paux ac­teurs du monde de l’édu­ca­tion en fran­çais. On était tou­jours à la table. »

Une si­tua­tion qui ne fait pas le bon­heur de Léo Ro­bert, an­cien pré­sident de la SFM et an­cien di­rec­teur gé­né­ral de la DSFM. « On peut avoir énor­mé­ment de pa­tience et de bonne vo­lon­té. Mais à un mo­ment don­né, il faut tra­cer une ligne dans le sable. Le gou­ver­ne­ment a fait fi du rap­port éma­nant du Fo­rum sur l’ave­nir de l’édu­ca­tion en fran­çais d’avril 2017. Il n’a même pas consi­dé­ré un seul élé­ment en éta­blis­sant sa nou­velle struc­ture pour le BEF.

« C’est un gou­ver­ne­ment qui ne res­pecte même pas sa propre loi, la Loi 5, cen­sée voir à l’épa­nouis­se­ment de la fran­co­pho­nie. Je ne crois pas qu’il y ait eu la moindre dis­cus­sion sur la nou­velle struc­ture lors des réunions du Con­seil consul­ta­tif des af­faires fran­co­phones, créé par cette loi. Le gou­ver­ne­ment a agi su­bi­te­ment. Et uni­la­té­ra­le­ment. Le tout pour ama­douer les fran­co­phones et faire perdre au BEF son sta­tut de Di­vi­sion au sein du mi­nis­tère. C’est inacceptable. Il faut in­ten­ter une pour­suite ju­ri­dique contre la Pro­vince. »

Une voie que le pré­sident de la SFM Ch­ris­tian Mon­nin n’écarte pas. « D’abord et avant tout, il faut ren­con­trer Kel­vin Goert­zen. À ce point-ci, on ne sait pas ce que la ré­or­ga­ni­sa­tion veut dire pour le BEF, parce qu’on n’a pas en­core tous les dé­tails. C’est pos­sible qu’on re­ce­vra des ré­ponses in­sa­tis­fai­santes à cette ren­contre. Parce qu’être consul­tés ne pré­sup­pose pas qu’on au­ra le ré­sul­tat vou­lu.

« Après, on pour­ra dé­ci­der des ac­tions à prendre. Le CA de la SFM se ren­con­tre­ra le 1er et le 5 no­vembre. Le BEF et la Loi 5 se­ront à l’ordre du jour. La SFM a pour mis­sion de dé­fendre les in­té­rêts de la fran­co­pho­nie. C’est à la SFM d’agir. Sur­tout que les autres membres des Par­te­naires, no­tam­ment la DSFM, doivent né­go­cier d’autres dos­siers avec la Pro­vince. Le temps est peut-être pro­pice au re­cours ju­ri­dique. Dans ce cas, il fau­dra d’abord ob­te­nir un avis ju­ri­dique. Des ju­ristes de­vront se pen­cher sur la ques­tion, pour voir comment les ac­tions de la Pro­vince nuisent à la pro­tec­tion et l’épa­nouis­se­ment de la fran­co­pho­nie. On n’ai­de­ra pas la fran­co­pho­nie si on agit de ma­nière pré­ci­pi­tée, sans être bien ren­sei­gnés et avi­sés. »

(1) Les Par­te­naires pour l’édu­ca­tion en fran­çais sont : la Com­mis­sion sco­laire fran­co­ma­ni­to­baine; le Con­seil jeu­nesse pro­vin­cial; la So­cié­té de la fran­co­pho­nie ma­ni­to­baine; la Fé­dé­ra­tion des pa­rents du Ma­ni­to­ba; l’Uni­ver­si­té de SaintBo­ni­face; les Édu­ca­trices et édu­ca­teurs fran­co­phones du Ma­ni­to­ba; la Ma­ni­to­ba Tea­chers’ So­cie­ty.

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