Le blas­phème et mon droit

La Liberté - - OPINIONS - bboc­quel@mymts.net

Par la faute, par la très grande faute de trop de ses ser­vi­teurs, l’Église ro­maine su­bit le res­sac des actes de pé­do­phi­lie de prêtres trop long­temps su­jets à l’im­mu­ni­té of­ferte par un cler­gé sou­cieux de son au­ra. Der­nière ma­ni­fes­ta­tion de pro­tes­ta­tion po­pu­laire en date : par ré­fé­ren­dum, une large ma­jo­ri­té d’Ir­lan­dais a ap­prou­vé l’abro­ga­tion de la dis­po­si­tion de leur cons­ti­tu­tion qui fai­sait du blas­phème un dé­lit, pas­sible de 25 000 eu­ros d’amende. La cri­mi­na­li­sa­tion du blas­phème avait été ins­crite en 1937 dans la loi fon­da­men­tale de la toute jeune Ré­pu­blique d’Ir­lande. Dé­co­lo­ni­sa­tion ri­mait aus­si avec om­ni­po­tence de l’Église ca­tho­lique. Au Ca­na­da, le blas­phème est en­core condam­nable. Lo­gique au fond, puisque lors du « ra­pa­trie­ment » de 1982 qui a par­ache­vé la dé­co­lo­ni­sa­tion ca­na­dienne, un cou­rant d’opi­nion me­né par le dé­pu­té de Pro­ven­cher Jake Epp avait im­po­sé la « su­pré­ma­tie de Dieu » dans le pré­am­bule de la Charte des droits. Heu­reu­se­ment nous vi­vons dans une so­cié­té où des­cendre ver­ba­le­ment Dieu d’un pié­des­tal ne scan­da­lise que des faibles dans leur foi. Ce­ci po­sé, on pour­rait re­con­naître le dé­lit « d’abus spi­ri­tuel ». C’est-à-dire l’abus d’au­to­ri­té exer­cé au nom de Dieu. Pour bien faire va­loir la « pri­mau­té du droit », un autre prin­cipe sa­lu­taire du pré­am­bule de la

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