NI­CHO­LAS TRU­DEL : SUR LE SPECTRE DE L’AUTISME SON ART, C’EST SA FE­NÊTRE

Ni­cho­las Tru­del est au­tiste. Son art lui as­sure une ou­ver­ture sur le monde.

La Liberté - - LA UNE - Ma­rie BERCKVENS mber­ck­[email protected]­berte.mb.ca

De nom­breux en­fants at­teints d’un trouble du spectre de l’autisme fré­quentent les écoles de la Di­vi­sion sco­laire fran­co-ma­ni­to­baine (DSFM) (1). Leur in­clu­sion à la pro­gram­ma­tion ré­gu­lière est le fruit d’une éva­lua­tion au cas par cas par une équipe mul­ti­dis­ci­pli­naire.

Da­niel Pre­teau, di­rec­teur des ser­vices aux élèves à la DSFM, précise la marche à suivre : « Notre cercle d’in­ter­ven­tion aug­mente à me­sure que les be­soins de l’en­fant aug­mentent. En pre­mier lieu, on va tra­vailler avec notre équipe sco­laire. Quand l’équipe sco­laire a de la dif­fi­cul­té à ré­pondre aux be­soins de l’en­fant, on agran­dit notre cercle et on in­clut les spé­cia­listes de la Di­vi­sion sco­laire. Par­fois, avec des cas plus com­plexes, on a be­soin de l’ex­per­tise des agences comme St. Amant. »

Con­crè­te­ment, un em­ployé de St.Amant se rend à l’école de­man­deuse, dresse des ob­ser­va­tions sur plu­sieurs jours, puis tra­vaille de concert avec l’équipe sco­laire, pour contri­buer à éta­blir un pro­gramme per­son­na­li­sé pour l’élève. Da­niel Pre­teau tient à rap­pe­ler : « L’école pu­blique n’est pas un mi­lieu thé­ra­peu­tique ou hos­pi­ta­lier. Par­fois, on a be­soin de par­te­naires qui portent un cha­peau plus spé­cia­li­sé que l’école pu­blique. »

Vers 2015, le pro­gramme al­ter­na­tif qui ac­cueillait cer­tains élèves avec des troubles du spectre de l’autisme (comme Ni­cho­las Tru­del dont l’his­toire est à lire en page 9) a pris fin. Da­niel Pre­teau ex­plique ce qui avait jus­ti­fié cette dé­ci­sion à l’époque : « Ce pro­gramme al­ter­na­tif per­met­tait aux jeunes de suivre une pro­gram­ma­tion dif­fé­rente des autres. Le pro­gramme te­nait de la sé­gré­ga­tion, à un cer­tain ni­veau.

« Avec le man­dat d’in­clu­sion et d’édu­ca­tion ap­pro­priée au Ma­ni­to­ba, on doit faire en sorte que les jeunes aient une so­cia­li­sa­tion avec les ca­ma­rades de classe de leur âge. On vou­lait en­le­ver cette éti­quette de « par­ti­ci­pant à une classe spé­cia­li­sée ». On es­saye de faire en sorte que les jeunes re­çoivent la pro­gram­ma­tion sou­hai­table à l’in­té­rieur de la salle de classe ré­gu­lière. Sou­vent, les jeunes à l’in­té­rieur de ce pro­gramme-là fai­saient l’ex­pé­rience du tra­vail. On a en­core les moyens d’or­ga­ni­ser ces ex­pé­riences de tra­vail. On le fait pré­sen­te­ment pen­dant que le jeune suit la pro­gram­ma­tion ré­gu­lière. »

Quant aux moyens dis­po­nibles ac­tuel­le­ment, le di­rec­teur des ser­vices aux élèves se veut ras­su­rant. Deux per­sonnes de son équipe di­vi­sion­naire sont en train d’être for­mées à l’ap­proche L ow Arou­sal Stu­dio 3. C’est une ap­proche qui vient ai­der les jeunes à ame­ner un genre d’au­to­ré­gu­la­tion dans leur vie. On forme deux spé­cia­listes qui fi­nissent leur for­ma­tion au mois de dé­cembre. On est en train de for­mer nos équipes pour qu’elles puissent ré­pondre à un ni­veau d’en­ga­ge­ment plus éle­vé. Pour les auxi­liaires qui font du tra­vail au jour le jour avec les élèves, on leur donne trois jour­nées de for­ma­tion au dé­but de l’an­née, dont une par­tie sur l’autisme. Il y a éga­le­ment de la for­ma­tion conti­nue qui se fait au jour le jour dans les écoles. » (1) Au­cun nombre pré­cis n’a pu être four­ni par la DSFM car leur base de don­nées ne rend pas compte de ce­la.

Pho­to : Mar­ta Guer­re­ro

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