Ca­na­dian Pa­rents for French dans l’im­pa­tience

Les né­go­cia­tions fé­dé­ral-pro­vin­ciales en cours pour le fi­nan­ce­ment de l’édu­ca­tion en fran­çais et en fran­çais langue se­conde traînent. Au point où Ca­na­dian Pa­rents for French Ma­ni­to­ba, qui dé­pend to­ta­le­ment des fonds fé­dé­raux, pour­rait de­voir fer­mer ses po

La Liberté - - POLITIQUE ET EDUCATION - DA­NIEL BA­HUAUD dba­[email protected]­berte.mb.ca

Ca­the­rine Da­vies, la di­rec­trice ma­ni­to­baine de Ca­na­dian Pa­rents for French s’in­quiète pour l’ave­nir im­mé­diat de son or­ga­nisme : « Chaque an­née, à titre d’or­ga­nisme à but non lu­cra­tif, nous de­man­dons un oc­troi pro­vin­cial du Pro­gramme de re­vi­ta­li­sa­tion du fran­çais langue se­conde. L’oc­troi nous per­met de main­te­nir nos opé­ra­tions, de payer notre per­son­nel et d’of­frir cer­tains élé­ments de notre pro­gram­ma­tion, comme et French for Life French – An Op­por­tu­ni­ty of a Li­fe­time.

« Nous avons pla­cé notre de­mande comme d’ha­bi­tude, pour la pé­riode al­lant du 1er juillet 2018 au 20 juin 2019. Nor­ma­le­ment, nous ob­te­nons la ré­ponse en sep­tembre. Cette an­née, nous at­ten­dons tou­jours. Il n’y a eu au­cun signe de vie et ça com­mence à nous in­quié­ter. Nous avons dé­jà ré­duit notre équipe, en éli­mi­nant un poste à de­mi-temps. Si nous n’ob­te­nons au­cun fi­nan­ce­ment de la Pro­vince, il fau­dra en­vi­sa­ger la fer­me­ture de nos lo­caux. Avec une équipe bien ré­duite, nous pour­rions conti­nuer nos opé­ra­tions, mais à do­mi­cile. »

Ca­na­dian Pa­rents for French Ma­ni­to­ba est une pré­sence bo­ni­fa­cienne de­puis 20 ans. L’or­ga­nisme a d’abord eu pi­gnon sur l’ave­nue Ta­ché, et a ses lo­caux au 475 bou­le­vard Pro­ven­cher de­puis 11 ans.

Ca­the­rine Da­vies en­chaîne : « Ce se­rait vrai­ment dom­mage de fer­mer nos bu­reaux tout sim­ple­ment parce qu’on at­tend un fi­nan­ce­ment qui, tôt ou tard, se­ra tout pro­ba­ble­ment ac­cor­dé. Nous es­pé­rons pou­voir en dis­cu­ter avec le mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Kel­vin Goert­zen. Il faut que la Pro­vince nous fasse part de ses in­ten­tions. »

Le hic, c’est que pour fi­nan­cer le Pro­gramme de re­vi­ta­li­sa­tion du fran­çais langue se­conde, la Pro­vince dé­pend d’un fi­nan­ce­ment fé­dé­ral, as­su­ré par le mi­nis­tère du Pa­tri­moine ca­na­dien. Les né­go­cia­tions du pro­chain Pro­to­cole pour les en­tentes bi­la­té­rales en ma­tière d’édu­ca­tion sont en cours. Mais elles se pour­suivent plus long­temps que d’ha­bi­tude. Une si­tua­tion aus­si in­quié­tante pour le mi­nistre de l’Édu­ca­tion Kel­vin Goert­zen, qui a dé­ci­dé d’écrire une lettre à la mi­nistre des Langues of­fi­cielles, Mé­la­nie Jo­ly, puis­qu’elle est tou­jours res­pon­sable pour les pro­grammes en Langues of­fi­cielles, bien que le fi­nan­ce­ment passe par Pa­tri­moine ca­na­dien.

Dans une lettre da­tée du 14 no­vembre, Kel­vin Goert­zen en a donc pro­fi­té pour lui de­man­der que le Fé­dé­ral pro­longe d’au moins un an les condi­tions du Pro­to­cole 2013-2018 : « Pré­sen­te­ment, tous nos pro­jets ont été mis en veilleuse. Nous sou­hai­tons évi­ter l’in­ter­rup­tion de nos ser­vices. Tout nou­veau re­tard au­ra un im­pact né­ga­tif sur les en­fants et les fa­milles qui dé­pendent des ser­vices qui dé­coulent de l’en­tente. » Au­cune date li­mite pour les né­go­cia­tions n’a été éta­blie.

Un porte-pa­role de la mi­nistre Jo­ly, Je­re­my Ghio, a lais­sé sa­voir par cour­riel : « Nous sommes confiants de pou­voir trou­ver des so­lu­tions très pro­chai­ne­ment. »

Pour sa part, Da­niel Van­dal, le dé­pu­té fé­dé­ral li­bé­ral de SaintBo­ni­face/Saint-Vi­tal, veut s’as­su­rer que « l’ar­gent conti­nue de cou­ler ».

« Aux or­ga­nismes tou­chés, comme Ca­na­dian Pa­rents for French, je dis que je vais conti­nuer de tra­vailler avec le mi­nis­tère des Langues of­fi­cielles et le gou­ver­ne­ment du Ma­ni­to­ba pour que les né­go­cia­tions soient conclues aus­si­tôt que pos­sible. »

Da­niel Van­dal note tou­te­fois que « les né­go­cia­tions sont plus com­plexes ». Pour une bonne rai­son : « Lors de nos consul­ta­tions avec les com­mu­nau­tés mi­no­ri­taires, un mes­sage clair que nous avons en­ten­du est que les com­mu­nau­tés de­vaient être in­cluses et consul­tées lors des né­go­cia­tions. Et que le Fé­dé­ral s’as­sure que l’ar­gent ver­sé pour elles soit vrai­ment dé­pen­sé dans les com­mu­nau­tés. L’en­tente a donc des nou­velles lignes di­rec­trices. Et donc beau­coup plus de nou­veaux dé­tails à ré­gler. »

Ar­chives La Li­ber­té

Ca­the­rine Da­vies.

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