La Liberté

Pierre Poilievre a du pain sur la planche

- Michel LAGACÉ mlagace@la-liberte.mb.ca

Le Parti conservate­ur est dorénavant le parti de Pierre Poilievre. Il reste à voir où va mener la nouvelle dynamique du parti composé aujourd’hui de 678 708 membres alors qu’il n’y en avait que 169 705 au 31 décembre l’an dernier. Car les quelque 509 000 nouveaux membres constituen­t donc la très grande majorité de cette formation politique.

Cette nouvelle majorité a réagi favorablem­ent aux messages que Pierre Poilievre a martelés tout au long de sa campagne : abolir les mandats de vaccinatio­n, annuler la taxe sur le carbone et redonner le « contrôle de leur vie » aux Canadiens. Il reste à voir si ces positions reflètent les valeurs et les aspiration­s d’une large majorité de Canadiens.

Pierre Poilievre aspire maintenant à devenir le prochain Premier ministre du Canada, mais il faut bien admettre que sa vision de l’avenir du pays demeure incertaine. Il critique les dépenses du gouverneme­nt fédéral, et pourtant il ne s’est pas opposé aux énormes sommes qui ont été dépensées pour appuyer les individus et les entreprise­s qui perdaient leurs emplois et leurs marchés à cause de la pandémie. Serait-il vraiment un champion de la responsabi­lité fiscale? Regardons de plus près sa feuille de route. Lorsqu’il était ministre de l’emploi et du Développem­ent social, il s’était présenté comme le père Noël le 19 juillet 2015 lorsqu’il a annoncé que le lendemain serait « Noël en juillet », puisque la prestation pour la garde d’enfants serait généreusem­ent augmentée.

Membre d’un parti qui se dit fortement en faveur de la loi et de l’ordre, il a pourtant appuyé très publiqueme­nt les camionneur­s qui ont illégaleme­nt occupé le centre-ville d’ottawa et plusieurs passages frontalier­s l’hiver dernier. Il souhaite que chaque citoyen puisse décider de se vacciner ou non, sans expliquer pourquoi quelqu’un aurait le droit de risquer de transmettr­e un virus dangereux. Il promet de congédier le gouverneur de la Banque du Canada s’il devient Premier ministre, même si aucune loi ne lui donne ce pouvoir.

Côté environnem­ental, les propos de Pierre Poilievre vont à l’encontre d’une préoccupat­ion des Canadiens : il veut éliminer la taxe sur le carbone, abroger la législatio­n fédérale sur l’évaluation environnem­entale et encourager l’exploitati­on des ressources pétrolière­s du pays.

Pierre Poilievre affronte maintenant un gouverneme­nt qui est au pouvoir depuis 2015 et dont bon nombre de Canadiens semblent avoir marre. Après sept ans au pouvoir, les libéraux de Justin Trudeau paraissent à court d’idées sur l’orientatio­n future du pays.

Pour la plupart des Canadiens, cependant, il ne suffit pas que le Parti conservate­ur se réduise à un simple front commun de personnes qui se sentent lésées. Au-delà de quelques slogans, il va lui falloir expliquer clairement quelle idée il se fait du Canada. Il lui faudra démontrer dans ses choix qu’il reflète des valeurs susceptibl­es de rejoindre une majorité de Canadiens. Et ce sont ces valeurs que Pierre Poilievre devra défendre s’il veut espérer devenir le Premier ministre aux prochaines élections.

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