Ga­ti­neau aus­si a ses

La Revue - - ACTUALITÉS - MI­CHEL MOYNEUR mi­chel.moyneur@tc.tc

Cer­tains y croient. Pour d’autres, ça re­lève de la pure fic­tion.

Mi­chel La­belle, lui, en est convain­cu. Convain­cu que la com­mu­ni­ca­tion avec ceux qui nous ont pré­cé­dés sur Terre est bel et bien chose pos­sible.

Se dé­fi­nis­sant comme un cher­cheur en trans­com­mu­ni­ca­tion ins­tru­men­tale, le Ga­ti­nois a co­fon­dé en 2009 Éter­ni­té pa­ra­nor­mal Ou­taouais, une or­ga­ni­sa­tion sans but lu­cra­tif qui, comme l’in­dique son nom, se spé­cia­lise dans les phé­no­mènes scien­ti­fi­que­ment in­ex­pli­cables.

Pour faire simple, en com­pa­gnie de quatre aco­lytes, M. La­belle ef­fec­tue des re­cherches au cours des­quelles, se­lon ses dires, il par­vient à en­trer en contact avec des es­prits.

« En 2012, ra­conte- t- il, j’ai vi­si­té un ap­par­te­ment du Mont-Bleu qui avait été la scène d’un meurtre plu­sieurs an­nées plus tôt. Un homme y avait tué sa mère, puis s’était lan­cé en bas du 8e étage à l’arrivée des po­li­ciers.»

«Une mère et sa fille ha­bi­taient le lo­ge­ment et connais­saient l’his­toire. Un jour, il y avait un gâteau et un gros cou­teau sur le comp­toir de la cui­sine. Tout à coup, elles ont en­ten­du un fort bruit. En al­lant voir, elles ont vu le cou­teau plan­té dans le plan­cher. Elles ont eu peur, car elles sa­vaient qu’il avait été dé­po­sé au mi­lieu du comp­toir, loin du bord. C’était im­pos­sible qu’il soit tombé.»

«Quand je suis ar­ri­vé sur place, j’ai en­ten­du une voix me par­ler. Je n’ai pas com­pris ce qu’on m’a dit, mais c’était un homme. Il se trou­vait à en­vi­ron trois pieds de moi.»

Des his­toires du genre, le re­trai­té du mi­lieu de la san­té confie en dé­te­nir une foule.

C’est à la suite d’un voyage au Ma­roc ef­fec­tué en 2007 qu’il s’est mis à s’in­té­res­ser aux phé­no­mènes pa­ra­nor­maux.

«J’étais cou­ché dans une pe­tite mai­son de cam­pagne. Il y avait juste une pièce. On était six ou sept. Dans la nuit, vers 2h, j’ai en­ten­du quel­qu’un pleu­rer. C’était la voix d’une femme. J’ai ou­vert mes yeux, puis j’ai vu quel­qu’un se pro­me­ner de gauche à droite de­vant moi. Elle n’ar­rê­tait pas de dire: «On m’a tué ici «. Je me suis re­cou­ché en me di­sant que ce n’était pas pos­sible, que tout al­lait dis­pa­raitre. Puis, elle m’a pris par le col­let et m’a le­vé dans les airs deux fois. Mon buste a le­vé et je suis re­tom­bé. En­suite, j’ai vu une image de gens qui se cour­raient après dans une grotte et qui se tuaient à coup de fu­sil. J’étais ter­ri­fié.»

À son re­tour au pays avec sa conjointe, le Ga­ti­nois s’est mis à fouiller in­ten­sé­ment sur le pa­ra­nor­mal.

«J’ai lu des livres pen­dant un an, sans m’ar­rê­ter. Il fal­lait que je dé­cor­tique le phé­no­mène. Je vou­lais sa­voir ce que j’avais vé­cu. Avant ce voyage, je ne croyais pas du tout aux fan­tômes. Comme plein de gens, j’étais sep­tique. Mais quand tu vis un truc du genre, tu vois en­suite les choses dif­fé­rem­ment», re­late-t-il.

«Puis, j’ai ren­con­tré un col­lègue de travail qui était pas­sion­né par tout ça. Lui, il avait vé­cu de pe­tites choses quand il était plus jeune. C’est à ce mo­ment qu’on a dé­ci­dé de créer un site web.»

De­puis neuf ans, Mi­chel, De­nis et leurs trois com­plices se dé­placent chez ceux et celles qui croient ne pas être seuls à la mai­son sans tou­te­fois en être cer­tain.

«Notre but, c’est d’ai­der les gens et de faire de la re­cherche. Ce n’est pas de faire de l’ar­gent», sou­ligne le prin­ci­pal in­té­res­sé.

Il af­firme cap­ter des voix, un peu par­tout, à l’aide d’un ba­nal en­re­gis­treur nu­mé­rique.

«J’ai en­re­gis­tré des mil­liers de voix. Cer­taines fortes, d’autres moins», dit-il.

«Mais on ne peut pas avoir de grosses conver­sa­tions avec les morts. On en­tend sou­vent «très dif­fi­cile», quand on leur de­mande de se ma­ni­fes­ter. Ça me fait ca­po­ter, chaque fois. Et 95% du temps, ce sont des voix qu’on capte, pas des images. C’est le cas pour tous les cher­cheurs de notre genre.»

Tout de même équi­pé de ca­mé­ras in­fra­rouges, M. La­belle af­firme par­fois pho­to­gra­phier des orbes, de pe­tites sphères blanches.

De­puis 2009, sa bande et lui ont vi­si­té une qua­ran­taine de ré­si­dences pri­vées, à Ga­ti­neau et dans la Pe­tite-Na­tion. Et plu­sieurs ci­me­tières.

«Les gens res­tent sou­vent bouche bée quand on leur fait écou­ter ce qu’on a cap­té. Mais il ne faut pas avoir peur, rien ne peut ar­ri­ver. L’ima­gi­na­tion est sou­vent plus forte que la réa­li­té. Les gens pensent qu’il y a un monstre. Mais c’est fort pro­ba­ble­ment quel­qu’un qui les aime.» Pour plus d’in­fo: www.eter­nite-pa­ra­nor­ma­lou­taouais.org

(Pho­to gra­cieu­se­té Éter­ni­té pa­ra­nor­mal Ou­taouais)

Éter­ni­té pa­ra­nor­mal Ou­taouais existe de­puis 2009.

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