Re­pro­duire des ob­jets pa­tri­mo­niaux en 3D

Vi­trine d’ar­té­facts ur­bains

La Revue - - CULTURE - MA­RIE PIER LÉCUYER mple­cuyer@lexis­me­dia.ca

Le sen­tier cultu­rel compte dé­sor­mais deux ar­rêts sup­plé­men­taires, avec l’ins­tal­la­tion de deux vi­trines d’ar­té­facts ur­bains, qui per­met­tront de je­ter un re­gard sur un pan de pa­tri­moine de la ré­gion.

Bien qu’il puisse être in­té­res­sant de vou­loir pré­sen­ter des ar­té­facts dans l’es­pace pu­blic ex­té­rieur, les condi­tions de conser­va­tion ne sont pas op­ti­males pour le faire. C’est pour­quoi le pro­jet ins­tal­lé le long du sen­tier cultu­rel est com­po­sé de re­pro­duc­tions 3D d’ob­jets pa­tri­mo­niaux.

Jus­qu’au 15 oc­tobre pro­chain, il se­ra pos­sible en lon­geant le sen­tier cultu­rel de s’ar­rê­ter à deux bornes, afin de je­ter un coup d’oeil à ces re­pro­duc­tions d’une di­zaine d’ob­jets ins­tal­lées au coin de la rue Lau­rier et du bou­le­vard des Al­lu­met­tières, ain­si qu’à quelques jets de pierre du Théâtre de l’Île.

Le pro­jet en a été un col­la­bo­ra­tif, alors que pour ar­ri­ver aux ré­sul­tats fi­nals, la Ville de Ga­ti­neau a tra­vaillé de concert avec l’équipe d’Ar­té­fact ur­bain, de Qué­bec, ain­si que le Mu­sée de l’Au­berge Symmes et la Société d’his­toire de Bu­ckin­gham.

«C’est ce prin­temps, quand je vou­lais dé­ve­lop­per la pro­gram­ma­tion du sen­tier cultu­rel que cette idée-là est ve­nu. Il y avait très peu de mise en va­leur du pa­tri­moine dans le cadre du sen­tier. Le pa­tri­moine et l’his­toire font par­tie de la grande fa­mille de ce qu’on ap­pelle la cul­ture. Pour moi, c’était co­hé­rent d’ajou­ter cet élé­ment-là», ex­plique la co­or­don­na­trice de pro­gramme sai­son­nier à la Ville de Ga­ti­neau, Sa­muelle Des­jar­dins.

Ces deux vi­trines de pa­tri­moine mo­bi­lier sont donc in­té­grées dans l’es­pace pu­blic du Vieux-Hull. Chaque vi­trine compte quelques ar­té­facts pro­ve­nant du Mu­sée de l’au­berge Symmes et de la Société d’his­toire de Bu­ckin­gham.

TECH­NO­LO­GIE ET PA­TRI­MOINE

La tech­no­lo­gie de­vient ain­si une ma­nière de mettre en va­leur le pa­tri­moine dans un contexte qui se­rait ha­bi­tuel­le­ment im­pos­sible.

L’équipe d’Ar­té­fact ur­bain avait dé­jà conçu un pro­jet si­mi­laire à Qué­bec, lieu où est ins­tal­lée l’en­tre­prise. Dans la ca­pi­tale qué­bé­coise, c’était plu­tôt le pa­tri­moine ar­chéo­lo­gique qui était mis en va­leur.

«C’est pour ré­pondre à la pro­blé­ma­tique de comment on fait pour faire de la mé­dia­tion du pa­tri­moine avec la po­pu­la­tion, dé­taille la co­or­don­na­trice et concep­trice, Jeanne Cou­ture, d’Ar­té­fact ur­bain. À l’ex­té­rieur, c’est tou­jours bien dif­fi­cile, il y a des condi­tions de conser­va­tion qui ne se peuvent pas dans un contexte pu­blic.»

Les ob­jets pré­sen­tés existent réel­le­ment. Mais dans les vi­trines, on peut ain­si y voir une ver­sion mi­nia­ture et re­pro­duite en 3D. «J’ai fait un scan 3D, c’est de la pho­to­gram­mé­trie, avec une ca­mé­ra. On prend une sé­rie d’à peu près 200 pho­tos de l’ob­jet dans tous ses sens. Une fois que j’ai fait ce­la, j’ai un lo­gi­ciel qui va trai­ter ces images-là et re­créer l’ob­jet en 3D», ré­sume le mo­dé­li­sa­teur 3D, Aa­ron Bass. Im­pri­mé en plas­tique, l’ob­jet est en­suite pa­ti­né et pein­tu­ré.

IDEN­TI­TÉ GA­TI­NOISE

Du même coup, la Ville de Ga­ti­neau a vou­lu mettre en va­leur des pans de l’his­toire d’ici. «On trou­vait qu’un mo­bi­lier ur­bain comme ce­la, ça pou­vait mettre en va­leur le pa­tri­moine mo­bi­lier, les ob­jets his­to­riques de Ga­ti­neau, de ma­nière lu­dique», ex­plique l’agente culturelle en pa­tri­moine à la Ville de Ga­ti­neau, So­nia Bis­son.

La pre­mière vi­trine ins­tal­lée au Théâtre de l’Île est donc en lien avec l’his­toire de l’in­dus­trie fo­res­tière. On peut no­tam­ment y voir une re­pro­duc­tion d’un mar­teau de mar­quage, d’une hache à équar­rir, d’un sé­lec­teur de points sté­réo­sco­pique et d’une brelle.

La se­conde se veut une oc­ca­sion de dé­cou­vrir des ob­jets en lien avec la vie ou­vrière de Ga­ti­neau et est vi­sible près de la Mai­son du tou­risme. On peut y voir un cro­chet à ta­pis, un tourne-à-gauche, un casque de mi­neur et une ma­chine à coudre pour en­fants. On peut aus­si y re­trou­ver de vé­ri­tables ar­te­facts, alors que dans une vi­trine on peut ob­ser­ver un frag­ment de mi­ca et des al­lu­mettes de la E.B. Ed­dy.

Il n’est pas im­pos­sible de voir de telles bornes être de nou­veaux ins­tal­lés l’an pro­chain et pour les an­nées sui­vantes. «C’est un pro­jet-pi­lote, mais on pense que ça va gé­né­rer suf­fi­sam­ment d’in­té­rêt pour en­vi­sa­ger la pos­si­bi­li­té d’en mettre ailleurs», conclut So­nia Bis­son. Jus­qu’au 15 oc­tobre, près du Théâtre de l’Île et de la Mai­son du tou­risme.

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