À bas la cor­rup­tion sur les courts de ten­nis

La Revue - - SPORTS - AN­TO­NY DA SIL­VA-CASIMIRO ada­sil­va­ca­si­mi­ro@lexis­me­dia.ca

Si le co­mi­té or­ga­ni­sa­teur du Chal­len­ger de Ga­ti­neau se croise les doigts pour que le so­leil soit au ren­dez-vous, un nuage au­rait pu se poin­ter à l'ho­ri­zon.

Les ama­teurs de la balle jaune ont en­ten­du par­ler du rap­port com­pro­met­tant dé­voi­lant la cor­rup­tion et les matchs tru­qués dans les tour­nois in­fé­rieurs de la py­ra­mide ten­nis­tique. On cible pré­ci­sé­ment les ren­contres des Fu­tures et des Chal­len­gers.

Avec les 13 ar­res­ta­tions sur­ve­nues en Bel­gique en juin, on peut com­men­cer à se po­ser des ques­tions. Sans nom­mer un pays bien pré­cis dans le rap­port fai­sant la lu­mière sur la cor­rup­tion, on peut dé­jà rayer le Ca­na­da par­mi les na­tions les plus cor­rup­tibles à ce ni­veau.

«Il y a des pays où les jeux et les pa­ris ne sont pas un pro­blème, men­tionne Mathieu Tou­pin des In­ter­na­tio­naux de ten­nis de Ga­ti­neau qui cha­peaute le Fu­tures à l'hi­ver et le Chal­len­ger à l'été. On le sait que la cor­rup­tion existe, mais on n'a ja­mais eu écho que des matchs tru­qués se soient pas­sés ici. Et si c'était ar­ri­vé, on en au­rait en­ten­du par­ler dans les mé­dias.»

Reste que l'or­ga­ni­sa­tion n'a ja­mais pris de chance sur le su­jet. À au moins deux re­prises, les res­pon­sables ga­ti­nois ont dû s'occuper de cas bien spé­cial. Sans pré­ci­ser les an­nées et les ath­lètes en ques­tion, Tou­pin se sou­vient d'avoir dû agir.

« Une fois au Fu­tures, on a de­man­dé à quel­qu'un de quit­ter, car on avait de gros doutes qu'il don­nait de l'in­for­ma­tion. La per­sonne ne s'est pas obs­ti­née et elle a quit­té. On a des rè­gle­ments pré­cis qu'on tient à ce qu'ils soient res­pec­tés » , a- t- il d'abord lan­cé lorsque ques­tion­né sur le su­jet.

«Puis, une autre fois lors d'un évé­ne­ment à Ga­ti­neau, un ath­lète a re­çu des me­naces de mort sur le web, car il avait per­du un match en simple. En li­sant entre les lignes, on a com­pris que cette per­sonne vou­lait que l'ath­lète perde sa pro­chaine par­tie en double. On n'a pas pris de chance, on a as­su­ré la sé­cu­ri­té au­tour de l'ath­lète.»

Bien que la me­nace de­vait cer­tai­ne­ment ve­nir d'outre-mer, Mathieu Tou­pin ne vou­lait pas qu'on prenne ce grave geste d'in­ti­mi­da­tion avec un grain de sel.

Et tant comme en­traî­neur pour Ten­nis Ou­taouais Per­for­mance que comme or­ga­ni­sa­teur, le prin­ci­pal in­té­res­sé ai­me­rait bien que la cor­rup­tion dis­pa­raisse. Ses pro­té­gés imitent les joueurs pro­fes­sion­nels et Tou­pin ai­me­rait bien que ce soit pour les bonnes rai­sons.

Pas parce qu'ils ont ga­gné leur vie en per­dant ex­pres­sé­ment un match au lieu d'es­sayer de le ga­gner.

Sur ce point, le co- di­rec­teur du Chal­len­ger de Ga­ti­neau se montre as­su­rant. Les fé­dé­ra­tions in­ter­na­tio­nales de ten­nis tra­vaillent de­puis quelques an­nées afin que le fos­sé entre les joueurs du top-100 et ceux à l'ex­té­rieur de ce clas­se­ment soit moins grand.

«L'ATP et l'ITF oeuvrent à ce que la tran­si­tion du cir­cuit ju­nior à pro soit moins grande et ce que da­van­tage de joueurs gagnent mieux leur vie», a conclu Mathieu Tou­pin alors que les im­pacts de ce tra­vail en cou­lisses pour­raient avoir des consé­quences po­si­tives pour des tour­nois comme les Fu­tures et les Chal­len­gers, comme c'est le cas en Ou­taouais.

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