La cé­ra­mique comme toile or­ga­nique

Li­sa Cres­key

La Revue - - CULTURE - Ma­rie Pier Lécuyer)

MA­RIE PIER LÉCUYER mple­cuyer@lexis­me­dia.ca POR­TRAIT CULTU­REL. Avec la col­la­bo­ra­tion de Culture Ou­taouais, Le Ga­ti­neau Ex­press vous pro­pose de dé­cou­vrir le por­trait d’un créa­teur ou d’un or­ga­nisme qui fait bou­ger la culture d’ici!

La feuille de route ar­tis­tique de l’ar­tiste vi­suel Li­sa Cres­key est bien rem­plie. De Ga­ti­neau à Taï­wan, de la Co­rée à To­ron­to, ses oeuvres en cé­ra­mique ont lar­ge­ment voya­gé.

Son cur­ri­cu­lum vi­tae en té­moigne. De­puis 2010, les ex­po­si­tions et les ré­com­penses se suc­cèdent. D’ailleurs, quand elle fi­nit un pro­jet, «il y a tou­jours un nou­veau pro­jet qui se pré­sente», ra­conte celle qui se dit heu­reuse de pou­voir tra­vailler ain­si. «Ce que je fais en ce mo­ment, c’est vrai­ment comme un rêve», lance-t-elle.

Li­sa Cres­key a ac­cueilli l’au­teure de ces lignes dans son ate­lier. On y trouve des oeuvres réa­li­sées il y a quelques an­nées, d'autres en créa­tion, ses ou­tils de tra­vail. Dans l’antre de l’ar­tiste, à quelques jets de pierre de sa mai­son de Chel­sea, en­tou­rée par la na­ture.

Ori­gi­naire de Ri­pon et ayant vé­cu dans le sec­teur de Bu­ckin­gham pen­dant quelques an­nées, Li­sa Cres­key a ins­tal­lé ses pé­nates à Chel­sea. C’est là que l’ins­pi­ra­tion vient, que la créa­tion se fait, que les oeuvres prennent vie.

Mais avant de ma­ni­pu­ler la cé­ra­mique, c’est plu­tôt sur des toiles qu’elle lais­sait al­ler sa créa­ti­vi­té. À la nais­sance de ces en­fants, elle a lais­sé de cô­té l’art de ma­nier le pin­ceau.

Plu­sieurs an­nées après, elle a re­com­men­cé à s’ex­pri­mer par l’art. Et la cé­ra­mique s’est im­po­sée. D’abord pen­dant cinq ans, plus len­te­ment, puis de­puis une di­zaine d’an­nées à plein ré­gime. «J’uti­lise la cé­ra­mique comme toile plus sculp­tu­rale, or­ga­nique», dé­taille-telle. Sa mère fai­sait aus­si de la cé­ra­mique, mais plus de ma­nière tra­di­tion­nelle, évoque l’ar­tiste au pas­sage.

«Ce qui m’at­tire du ma­té­riaux, c’est que c’est très fra­gile et qu’en même temps ça a la même qua­li­té de fraî­cheur. C’est éter­nel et fra­gile, ra­conte Li­sa Cres­key lorsque ques­tion­née sur son amour sans borne pour cet art. Il n’y a pas de fin, on peut tou­jours conti­nuer.»

Elle af­fec­tionne les dif­fé­rents points de vue qu’il est pos­sible d’avoir sur l’oeuvre en cé­ra­mique. Mais aus­si les dif­fé­rentes in­ter­ac­tions pos­sibles. Que ce soit de l’ama­teur d’art avec la créa­tion ou même de l’ar­tiste avec l’oeuvre. «Et il y a un autre ni­veau d’in­ter­ac­tion quand l’oeuvre se trans­forme dans le four», évoque celle qui

« J’uti­lise la cé­ra­mique comme toile plus sculp­tu­ral, or­ga­nique.» Li­sa Cres­key

ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment le dy­na­misme du ma­té­riel.

UN PEU PAR­TOUT

De l’idée de dé­part jus­qu’au mo­ment où l’oeuvre est com­plé­tée, Li­sa Cres­key peut consa­crer beau­coup de temps à cha­cune de ces créa­tions. Et sou­vent, elle tra­vaille­ra en pa­ral­lèle sur cinq ou six oeuvres dif­fé­rentes.

Dans plu­sieurs oeuvres, on peut re­mar­quer la source de son ins­pi­ra­tion. «L’en­vi­ron­ne­ment est tou­jours là, c’est des choses qui nous concernent. Si je peux l’adres­ser dans mes oeuvres, c’est ce que je veux faire», ra­conte-t-elle.

A-t-elle une oeuvre coup de coeur au fil des an­nées? Dif­fi­cile à dire, convient celle qui s’at­tache à ses créa­tions. «Sou­vent, quand ils partent, on ne les voit plus», confie l’ar­tiste.

Il faut aus­si dire qu’elle en a réa­li­sé beau­coup. Elle a eu l’oc­ca­sion de voir ses oeuvres ex­po­sées à Ga­ti­neau, Ot­ta­wa, To­ron­to, mais aus­si à Taï­wan et en Co­rée, où l’art de la cé­ra­mique est très po­pu­laire. Par­mi ces pas­sages outre-mer, no­tons à deux re­prises la bien­nale cé­ra­mique de Tai­wan, en 2012 et en 2016.

Plus près de nous, ces oeuvres ont été pré­sen­tées dans dif­fé­rents lieux dans la ré­gion. Que ce soit avec Re­viens-moi, à l’es­pace Pier­reDe­bain, avec l’ex­po­si­tion so­lo Match au centre d’ex­po­si­tion Art-Image ou bien plus ré­cem­ment alors qu’elle était par­tie pre­nante de l’ex­po­si­tion col­lec­tive Le bes­tiaire, à la ga­le­rie Mont­calm.

Par­lant de ses ex­po­si­tions, elle se rend dans un coin de son ate­lier où l’on peut en­core voir de grandes oeuvres, ti­rées de l’ex­po­si­tion Match. Celle qui a dé­jà vé­cu à Bu­ckin­gham à l’ado­les­cence avait vou­lu mettre en oeuvres l’his­toire du coin et com­ment la ville a uti­li­sé les res­sources na­tu­relles. Pour ce faire, elle avait créé des oeuvres per­son­ni­fiant le Bu­cki­nois Gaë­tan Hart.

UN JAR­DIN DE CÉ­RA­MIQUE

Celle qui a ra­re­ment pris une pause de créa­tion a quelques pro­jets en tête pour l’’ave­nir. Entre autres, elle rêve de créer un jar­din de cé­ra­mique, près de son ate­lier, pour que les gens puissent ve­nir sur place. «Mais ce n’est pas dé­ve­lop­pé en­core.»

(Pho­to Le Ga­ti­neau Ex­press –

Li­sa Cres­key, dans son ate­lier, avec l’une de ses nom­breuses oeuvres.

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