Pa­trick Mar­cil a frap­pé juste

La Revue - - SPORTS - Ada­sil­va­ca­si­mi­ro@lexis­me­dia.ca

AN­TO­NY DA SIL­VA-CASIMIRO ARTS MAR­TIAUX MIXTES. Il est le roi du le­th­wei et lui, une étoile mon­tante. Si les car­rières de Dave Le­duc et Marc-An­dré Bar­riault vont si bien, c'est parce qu'un homme a cru en eux: Pa­trick Mar­cil. Por­trait sur le si­fu qui a dé­ve­lop­pé les ta­lents d'au­jourd'hui et de de­main.

Pa­trick a neuf ans et tout de suite, il sait une chose: il ne fi­ni­ra pas der­rière un bu­reau avec un ho­raire de 9 à 5. L'en­fant de Cas­sel­man aime re­gar­der la boxe et la lutte, mais c'est lorsque son ami l'in­vi­ta à un cours de kung-fu don­né par le pa­ter­nel qu'il trou­ve­ra sa voie. Par la suite, il a gra­vi les éche­lons à l'école d'arts mar­tiaux et kung-fu Pa­te­naude.

À 15 ans, il en­sei­gna dé­jà. Trois ans plus tard, il ou­vrait sa pre­mière école avec son ami, au­jourd'hui son beau-frère. À l'âge de 23 ans, il dé­cide d'en vivre plei­ne­ment. Pour lui, fi­ni le temps où il tra­vaille sur les chan­tiers de construc­tion pour un autre pa­tron que lui­même. Plus ja­mais, il n'y re­tour­ne­rait. Et en­core au­jourd'hui, sa pro­messe tient.

«J'étais au se­con­daire et je pen­sais aux arts mar­tiaux toute la jour­née. J'avais juste hâte d'al­ler m'en­traî­ner ou d'en­sei­gner. Mes pa­rents au­raient sû­re­ment pré­fé­ré que je fasse autre chose, avoir un em­ploi plus nor­mal, plus com­mun. Mais ils sa­vaient que j'avais un in­té­rêt pour ça et ils n'ont ja­mais réus­si à me convaincre de faire autre chose.»

C'est aus­si le fléau qu'il voit le plus dans ses classes: trop de per­sonnes qui tra­vaillent pour la paie et non pour la pas­sion. Lui, ça ne lui a ja­mais cha­touillé l'es­prit, même lors des an­nées maigres, de lâ­cher son école pour avoir une plus grosse ren­trée d'argent.

«Tu dois être prêt à faire des heures et à don­ner des classes. Je peux pas­ser ma jour­née com­plète ici, du lun­di au ven­dre­di. Une chance que j'ai une femme non-conven­tion­nelle et qui me com­prend», lance l'homme au­jourd'hui âgé de 43 ans.

Et ça ex­plique aus­si son suc­cès et pour­quoi des membres de­meurent fi­dèles avec 20 ans. À peine 20% de sa clien­tèle sont des com­bat­tants. Avec plus de 100 membres, dont la grande ma­jo­ri­té est uni­que­ment là pour se mettre en forme, il peut dire que c'est mis­sion ac­com­plie.

«T'as pas be­soin d'avoir le phy­sique d'un com­bat­tant de la UFC pour ve­nir ici. On a des classes en­fants et des per­sonnes de plus de 60 ans qui viennent s'en­traî­ner. C'est sur­tout à pro­pos du dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel et de l'es­time de soi.»

LE MAR­CHÉ GA­TI­NOIS

Voyant le nombre de membres tra­ver­sant la ri­vière pour suivre des cours à Ot­ta­wa, le jeune homme rem­pli de rêves a dé­mar­ré sa propre école à Ga­ti­neau, ai­dé son ins­truc­teur Jacques Pa­te­naude.

Ce der­nier est une ins­pi­ra­tion pour Pa­trick, qui louange cet homme, dé­cé­dé il y a trois ans. Sur­tout que Jacques était plus qu'un ins­truc­teur pour le prin­ci­pal in­té­res­sé. Lorsque le do­jo ouvre en sol ou­taouais, le nou­vel en­tre­pre­neur tombe amou­reux de la fille du «si­fu» qui fi­ni­ra par créer une fa­mille avec celle-ci.

«Je suis chan­ceux car j'ai dé­cou­vert ma voie jeune, mais aus­si parce que j'ai eu un bon ins­truc­teur pour dé­ve­lop­per ma pas­sion et qui m'a don­né ma chance. Je vou­lais en­sei­gner, il m'a per­mis de le faire. Je vou­lais ma propre école, je l'ai eue à 18 ans. Peu de jeunes se font en­ca­drer comme je l'ai été et pour ça, je lui en suis très re­con­nais­sant.»

L'école Pa­te­naude à Ga­ti­neau a pris place sur le bou­le­vard Ma­lo­ney, mais de­puis la mi-mai, les plans ont chan­gé. On a dé­mé­na­gé le tout sur la rue Notre-Dame au deuxième étage de l'édi­fice où on re­trou­vait la Sou­pière de l'Ami­tié.

Le ha­sard fait drô­le­ment les choses: son beau-père lor­gnait jus­te­ment cette bâ­tisse, trente ans pas­sés, pour dé­ve­lop­per le mar­ché ga­ti­nois, mais ça ne s'est ja­mais pro­duit.

«Je trouve ça spé­cial», ad­met le si­fu fran­coon­ta­rien qui cé­lé­bre­ra les 20 ans de son école à Ga­ti­neau dans ses nou­veaux lo­caux. Des lo­caux deux fois et de­mi plus gros que les an­ciens avec 8000 pieds car­rés, une cage, deux salles pour don­ner des cours, un coin kick-boxing, une ad­mi­nis­tra­tion spa­cieuse et de la place pour du ran­ge­ment, entre autres.

(Pho­to Le Ga­ti­neau Ex­press – An­to­ny Da Sil­va-Casimiro)

Pa­trick Mar­cil a dé­mar­ré l'école Pa­te­naude à Ga­ti­neau, il y a 20 ans, et il n'est pas prêt d'ar­rê­ter.

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