Dé­ve­lop­per des cham­pions

La Revue - - SPORTS - Ada­sil­va­ca­si­mi­ro@lexis­me­dia.ca

AN­TO­NY DA SIL­VA-CASIMIRO PAS­SION. Aux yeux de Pa­trick Mar­cil, il est im­por­tant de pré­ser­ver l'hé­ri­tage de l'homme qui a tout dé­mar­ré il y a des dé­cen­nies de ça.

C'est sans ou­blier Ju­lien Le­blanc, Isaac Blais, Ni­co­las Ped­neault et Guillaume Pou­lin ont si­gné avec TKO, der­nière étape avant de faire le saut dans les or­ga­ni­sa­tions pres­ti­gieuses.

Et dire que tout ça a com­men­cé après avoir vu quelques-uns de ses ath­lètes, avec peu d'ex­pé­riences de com­bat mais beau­coup d'heures d'en­trai­ne­ment, rem­por­ter des af­fron­te­ments contre des spé­cia­listes des arts mar­tiaux qui s'étaient sou­vent bat­tus.

Pa­trick Mar­cil pense no­tam­ment à Dave Le­duc. Son pro­té­gé n'avait que deux com­bats ama­teur quand il a voya­gé en Thaï­lande pour com­battre en muay thaï, lui qui avait peu de connais­sances sur le style à l'époque.

«C'était un rêve d'avoir une grosse équipe de com­pé­ti­tion, mais là, c'est ren­du une réa­li­té. Tout ça a dé­mar­ré il y a une di­zaine d'an­nées avec Dave, Marc-An­dré, Ju­lien, Isaac. Ils sont tous ar­ri­vés en­vi­ron au même mo­ment. Si l'élève veut se pous­ser et écou­ter et qu'il y a un en­traî­neur mo­ti­vé, tout est pos­sible. Est-ce que je suis sa­tis­fait de tout ça? Non!»

«Mon ins­truc­teur m'a tou­jours dit de ne ja­mais être confor­table et sa­tis­fait, de tou­jours avoir de nou­veaux ob­jec­tifs. Je veux conti­nuer à ce qu'on est de la re­lève. Main­te­nant que mes jeunes sont en­trés en TKO, je veux qu'ils montent qu'ils ont leur place. Avec Marc-An­dré, on veut qu'il entre en UFC et qu'il gagne des com­bats.»

Et Pa­trick se dé­marque aus­si par une autre ca­rac­té­ris­tique. Il en­file les gants et «sparre» avec ses ath­lètes. Même dans la qua­ran­taine, il échange et en­caisse les coups de ses jeunes loups. Il ne se tanne pas. Pas pour une miette.

Il se rap­pelle d'un vieux proverbe chi­nois de son ins­truc­teur Jacques. «Tu te bats pour l'ac­qué­rir, tu te bats comme un fou pour le gar­der et tu te bats comme un vrai pour ne pas le perdre», pa­ra­phrase-t-il.

En gros, tu ne de­meures pas jeune long­temps, mais t'es vieux pour un long bout. «Quand t'es ca­pable, donnes-toi. Je vais ar­rê­ter quand je ne me sen­ti­rais plus bien, mais en ce mo­ment, le feu est en­core bien al­lu­mé. Chaque ma­tin, je m'en­traîne et je suis tou­jours prêt à me battre contre mes ath­lètes. Tant que je suis ca­pable, je vais le faire.»

ET SA CAR­RIÈRE D'ATH­LÈTE?

On parle beau­coup de Pa­trick Mar­cil, l'en­traî­neur, le si­fu, mais il ne faut pas ou­blier qu'avant ça, il était lui aus­si un ath­lète. Mon­tant dans l'oc­to­gone à l'époque où ça s'ap­pe­lait des com­bats ex­trêmes, il a eu sa chance et l'a sai­sie.

Mais ce n'était pas la même chose: pas de di­vi­sion de poids, un style bar­bare et pas de gants. Le manque de rè­gle­ments ren­dait le tout un peu ri­sible. Et tu te bat­tais pour des «pea­nuts». Le plus que le Ga­ti­nois d'adop­tion s'est fait? Un gros 400$.

À 28 ans, il a eu l'oc­ca­sion de si­gner un contrat: trois com­bats, 1800$. «J'ai op­té pour l'école et la fa­mille. Si je ne l'avais pas fait, je n'au­rais pas pu bâ­tir l'école Pa­te­naude ici ou ma fa­mille. Et j'ai tou­jours ai­mé ai­der les gens et je voyais que je pou­vais le faire.»

Le si­fu de l'école ga­ti­noise Pa­te­naude l'af­firme: il est né 15 ans trop tôt. «S'il y avait eu ce qu'il y a au­jourd'hui dans mon temps, j'au­rais concen­tré plus de temps comme ath­lète. Avant, tu per­dais de l'argent dans un com­bat. Au­jourd'hui, t'as des com­man­di­taires, tu passes à RDS. Ce n'est pas la même réa­li­té.»

Mais n'al­lez pas pen­ser qu'il re­grette une se­conde son choix. Il est au­jourd'hui père de deux filles, qui font du kung-fu, et sa femme est à ses cô­tés, s'en­traî­nant même quatre fois par se­maine. En­semble, ils forment la fa­mille kung-fu.

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