Pas d’im­pact ma­jeur sur l’in­dus­trie lai­tière

La Terre de chez nous - - DOSSIER CHUTE DU HUARD - JEAN-CHARLES GA­GNÉ

L’in­dus­trie lai­tière ne semble pas vrai­ment af­fec­tée par le fait que le dol­lar ca­na­dien cor­res­ponde à 80 cents amé­ri­cains. « Pour l’heure, ça n’a pas d’im­pact significatif sur nos im­por­ta­tions de fro­mages en pro­ve­nance d’Eu­rope, car l’écart du dol­lar ca­na­dien par rap­port à l’eu­ro a très peu va­rié », a dé­cla­ré à la Terre Do­mi­nique Be­noit, vice-pré­sident prin­ci­pal Af­faires ins­ti­tu­tion­nelles et Com­mu­ni­ca­tions chez Agro­pur co­opé­ra­tive. On com­prend qu’un tel écart, à la baisse ou à la hausse, au­rait un im­pact sur le coût d’acquisition de ces pro­duits.

La chute de la de­vise ca­na­dienne n’a pas d’im­pact sur les ac­ti­vi­tés aux États-Unis de la plus grande co­opé­ra­tive lai­tière au Ca­na­da, a pour­sui­vi M. Be­noit. « Nos usines y opèrent et gé­nèrent des bé­né­fices en dol­lars amé­ri­cains. De plus, nous avons em­prun­té en dol­lars amé­ri­cains pour nos ré­centes ac­qui­si­tions au pays de l’Oncle Sam. » Par ailleurs, les pro­duits lai­tiers fa­bri- qués aux États-Unis ne tra­versent pas la fron­tière ca­na­do-amé­ri­caine, a-t-il no­té. Charles Lan­glois, pré­si­dent­di­rec­teur gé­né­ral du Conseil des in­dus­triels lai­tiers du Qué­bec (CILQ), a si­gna­lé « qu’à pre­mière vue, un écart de 15 à 20 % sur le prix de notre ma­tière pre­mière [lait] ne se­ra pas suf­fi­sant pour sti­mu­ler les ex­por­ta­tions de pro­duits lai­tiers de fa­çon si­gni­fi­ca­tive ». Le prix des pro­duits lai­tiers sur les mar­chés mon­diaux est d’en­vi­ron 40 $ l’hec­to­litre contre quelque 80 $ au Ca­na­da, a-t-il fait re­mar­quer. Par ailleurs, il se pour- rait que l’écart entre les deux de­vises « in­cite des trans­for­ma­teurs à re­gar­der da­van­tage sur le mar­ché ca­na­dien pour com­bler leurs be­soins avant d’importer des pro­duits des États-Unis ». Ce­la dit, la chute du dol­lar ca­na­dien ne va pas dé­cou­ra­ger les im­por­ta­teurs de fro­mages au Ca­na­da, es­time M. Lan­glois. « Les dé­ten­teurs de per­mis d’im­por­ta­tion vont de toute fa­çon uti­li­ser leur li­cence, quitte à ce que leur marge bé­né­fi­ciaire soit peut-être un peu moins grande, compte te­nu du coût plus éle­vé du fro­mage im­por­té », a-t-il sou­te­nu.

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