Sa­vou­ra res­te­ra-t-elle qué­bé­coise?

La Terre de chez nous - - LA UNE - MAR­TIN MÉ­NARD mme­[email protected]­terre.ca

Per­sonne ne se ré­jouit des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières des Serres du St-Laurent, qui pro­duisent la to­mate Sa­vou­ra. La nou­velle au­ra tou­te­fois eu l’avan­tage d’in­fli­ger une dé­charge élec­trique à la po­pu­la­tion et à la strate po­li­tique pour les sen­si­bi­li­ser aux enjeux de la pro­duc­tion en serre.

Les com­men­taires fusent de par­tout. En voi­ci quelques-uns.

Conser­ver Sa­vou­ra entre des mains

qué­bé­coises : pas une prio­ri­té

Le syn­dic res­pon­sable du dos­sier, Jo­ce­lyn Re­naud, af­firme que la vente des ac­tifs se fe­ra à l’ache­teur qui pré­sen­te­ra la meilleure offre, qu’il soit Qué­bé­cois ou non. « C’est le tri­bu­nal qui dé­ci­de­ra de l’offre qui se­ra re­te­nue. Vendre à un Qué­bé­cois ou à un groupe d’ache­teurs du Qué­bec n’est pas né­ces­sai­re­ment l’un des ob­jec­tifs du tri­bu­nal. On cherche un ache­teur qui per­met­tra aux créan­ciers d’ob­te­nir le plus gros mon­tant. La jus­tesse de l’offre est éga­le­ment im­por­tante, par exemple une offre sans condi­tion de fi­nan­ce­ment », ex­plique-t-il.

Com­bien vaut Sa­vou­ra? « C’est dif­fi­cile à dire. D’ici un mois, nous le sau­rons », ré­pond M. Re­naud. Des gens ddu mi­lieu lancent le chiffre de 5 M$, soit le quart des créances de l’en­tre­prise, qui, rap­pe­lons-le, s’élèvent à 20 M$. Par­mi les ac­tifs à vendre, cer­tains équi­pe­ments ont de l’âge et « la ren­ta­bi­li­té d’un ser­riste a beau­coup à voir avec la tech­no­lo­gie. Les ache­teurs po­ten­tiels se de­mandent s’ils pour­ront ren­ta­bi­li­ser les vieux équi­pe­ments. Étant don­né que Sa­vou­ra au­rait per­du plus de 4 M$ lors des deux der­nières an­nées dan­dans ses ac­ti­vi­tés de serre, le chal­lenge, il est là », pré­cise une source qui re­quiert l’ano­ny­mat.

Et à l’in­terne?

Les em­ployés de même que le per­son­nel cadre de Sa­vou­ra col­la­borent de fa­çon exem­plaire, nous dit-on. Après tout, ils sont en au­di­tion au­près du pro­chain ache­teur. Concer­nant la di­rec­trice, Ma­rie Gos­se­lin, tou­jours au­cune nou­velle. Le syn­dic men­tionne qu’elle est par­tie pour deux se­maines...

Jus­tin Lemay, di­rec­teur des fi­nances et res­sources hu­maines aux Serres du St-Laurent, vé­hi­cule ce mes­sage : « L’en­tre­prise pour­suit ses opé­ra­tions. On livre en­core des to­mates et elles sont aus­si bonnes. »

Cer­taines dé­ci­sions prio­ri­taires se pro­filent tou­te­fois à l’ho­ri­zon, comme le re­nou­vel­le­ment de la culture au site de Saint-Étienne-des-Grès « Près de 140 000 plants de­vront être ache­tés. C’est en pour­par­lers », confie M. Lemay.

Les four­nis­seurs pour­suivent leurs li­vrai­sons

Jus­tin Lemay confirme que dans l’en­semble, les four­nis­seurs conti­nuent d’ap­pro­vi­sion­ner l’en­tre­prise. « À l’heure ac­tuelle, leur réac­tion est bonne. On les tient au cou­rant. Ils peuvent nous li­vrer sans crainte; la ga­ran­tie de paie­ment est as­su­rée par Ray­mond Cha­bot », té­moigne-t-il.

Un dra­peau rouge

Le pré­sident du Syn­di­cat des pro­duc­teurs en serre du Qué­bec, An­dré Mous­seau, a pro­fi­té de la vi­si­bi­li­té qu’offre l’af­faire Sa­vou­ra pour sen­si­bi­li­ser les élus « aux de­mandes qu’on fait de­puis trois ans, soit des ta­rifs hy­dro­élec­triques qui nous per­met­tront d’être vrai­ment com­pé­ti­tifs à l’échelle mon­diale, un pro­gramme Agri-Qué­bec ma­jo­ré et des in­ves­tisse- ments en re­cherche et développement qui ri­va­lisent un peu avec l’On­ta­rio », fait-il va­loir.

Ai­dons les pro­duc­teurs d’ici

Afin d’évi­ter un deuxième épi­sode Sa­vou­ra, Claude La­niel, di­rec­teur gé­né­ral du Conseil qué­bé­cois de l’hor­ti­cul­ture, es­time que cer­taines ac­tions pour­raient pro­fi­ter aux pro­duc­teurs d’ici. « Ce qui ai­de­rait, c’est de mieux iden­ti­fier les pro­duits du Qué­bec. Nos pro­duits sont sou­vent mé­lan­gés sur les éta­lages. Même le consom­ma­teur qui

On cherche un ache­teur qui per­met­tra aux créan­ciers d’ob­te­nir le plus gros mon­tant. La jus­tesse de l’offre est éga­le­ment im­por­tante, par exemple une offre sans condi­tion de fi­nan­ce­ment.

veut ache­ter qué­bé­cois ne s’y re­trouve pas », rapporte M. La­niel, qui mi­lite éga­le­ment pour un pro­gramme pro­mo­tion­nel dans les fruits et lé­gumes sem­blable à ce­lui de l’On­ta­rio. In­vi­té à com­men­ter les ré­per­cus­sions de la mise sous sé­questre de Sa­vou­ra, Claude La­niel ré­pond : « Le fi­nan­ce­ment se­ra plus dif­fi­cile. Si tu vas à la Fi­nan­cière pour de­man­der une ga­ran­tie de prêt quand l’autre vient de faire faillite, elle risque de te de­man­der ta che­mise et ta mai­son. »

Que le mi­nistre agisse

Syl­vie D’Amours, dé­pu­tée de Mi­ra­bel pour la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec (CAQ), a contac­té la Terre pour faire part de ses ré­ac­tions en lien avec la vente de Sa­vou­ra. « Je m’at­ten­dais à ce que le mi­nistre Pa­ra­dis soit pré­pa­ré, qu’il soit sen­sible au mi­lieu agri­cole. Je m’at­ten­dais à des gestes [...]. Il faut trou­ver des so­lu­tions pour que ça reste qué­bé­cois [...]. Mais ce qui me dé­sole, c’est la pas­si­vi­té du gou­ver­ne­ment. Il y a quand même 200 em­plois en jeu », af­firme-t-elle. Lors­qu’on lui de­mande quelles so­lu­tions elle met­trait en place pour ai­der Sa­vou­ra et l’in­dus­trie ser­ri­cole, Mme D’Amours se li­mite à ré­pondre : « Quand le mi­nistre vou­dra mes idées, qu’il m’ap­pelle et on tra­vaille­ra en­semble. » La dé­pu­tée ca­quiste tire en­suite dans toutes les di­rec­tions, dé­non­çant l’ab­sence de ré­ci­pro­ci­té des normes, la lour­deur ré­gle­men­taire où « les pro­duc­teurs doivent payer une co­ti­sa­tion syn­di­cale al­lant jus­qu’à 4 000 $, contrai­re­ment en On­ta­rio ou c’est entre 200 à 300 $ », des rè­gle­ments désuets, etc.

Le syn­dic res­pon­sable du dos­sier, Jo­ce­lyn Re­naud, af­firme que la vente des ac­tifs se fe­ra à l’ache­teur qui pré­sen­te­ra la meilleure offre.

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