Cruau­té en­vers les ani­maux à Maple Lodge Farms

La Terre de chez nous - - ACTUALITÉ - MAR­TINE GI­GUÈRE

Des pou­lets com­plè­te­ments ge­lés à leur ar­ri­vée à l’abat­toir, des cages rem­plies d’oi­seaux lan­cés dans les convoyeurs par des em­ployés, des images de mal­trai­tance des ani­maux in­ac­cep­tables ont été tour­nées par une ca­mé­ra ca­chée de Mer­cy for Ani­mals Ca­na­da dans un abat­toir on­ta­rien de Maple Lodge Farms. Le groupe de pres­sion dé­nonce les gestes po­sés et pointe du doigt la chaîne d’ali­men­ta­tion Me­tro.

« Au Qué­bec, on n’a pra­ti­que­ment pas de pro­duits de Maple Lodge Farms dans nos épi­ce­ries. On s’ap­pro­vi­sionne chez des trans­for­ma­teurs qué­bé­cois comme Oly­mel et Ex­cel­dor. C’est plu­tôt en On­ta­rio qu’ils nous four­nissent plus de pro­duits », in­dique la porte- pa­role de Me­tro, Ma­rie-Claude Ba­con. L’épi­cier men­tionne éga­le­ment qu’il tra­vaille sur le dos­sier du bien-être ani­mal de concert avec tous les par­te­naires de la fi­lière avi­cole pour dé­ve­lop­per et amé­lio­rer constam­ment ses pra­tiques, no­tam­ment avec le Conseil na­tio­nal pour les soins aux ani­maux d’éle­vage.

Le Conseil ca­na­dien des trans­for­ma­teurs d’oeufs et de vo­lailles (CCTOV) rap­pelle que le rè­gle­ment en­tou­rant le trans­port de la vo­laille est pré­sen­te­ment en ré­vi­sion et que c’est l’Agence ca­na­dienne d’inspection des ali­ments qui le fait res­pec­ter. « Le rè­gle­ment ac­tuel a plus de 10 ans et il est en ré­vi­sion. Plu­sieurs points de­vraient être re­vus en fonc­tion des avan­cées de la re­cherche et des nou­velles pra­tiques », pré­cise Ro­bin Ho­rel, pré­sident et chef de la di­rec­tion du CCTOV. En ce qui concerne les moyens d’évi­ter que des oi­seaux gèlent du­rant leur trans­port vers les abat­toirs, l’in­dus­trie tente de trou­ver des so­lu­tions et a mis sur pied dif­fé­rents pro­jets de re­cherche. « Ce sont les chan­ge­ments de tem­pé­ra­ture du­rant le char­ge­ment et le trans­port de la vo­laille qui sont les plus pro­blé­ma­tiques, par exemple une aug­men­ta­tion de l’hu­mi­di­té ou de forts vents. Pour trou­ver des so­lu­tions, on re­garde aus­si ce qui se fait ailleurs dans le monde », ex­plique M. Ho­rel.

« En 2013, Maple Lodge Farms a dé­jà été re­con­nue cou­pable de tels gestes », a af­fir­mé en confé­rence de presse la porte-pa­role de Mer­cy for Ani­mals Ca­na­da. En fait, l’en­tre­prise avait plai­dé cou­pable à des chefs d’ac­cu­sa­tion re­la­ti­ve­ment à des gestes ayant cau­sé des souf­frances in­dues (ex­po­si­tion in­due au froid du­rant le trans­port) à de la vo­laille en 2008 et 2009. Maple Lodge Farms avait re­çu une or­don­nance de pro­ba­tion l’obli­geant à in­ves­tir un mil­lion de dol­lars au cours des trois pro­chaines an­nées dans l’amé­lio­ra­tion de ses ac­ti­vi­tés. Par cour­riel, Maple Lodge Farms re­con­naît le be­soin de trou­ver des moyens d’amé­lio­rer les condi­tions de trans­port des oi­seaux. « Le trans­port de vo­lailles est com­plexe et c’est un en­jeu im­por­tant. Nous, et l’en­semble de l’in­dus­trie, sommes li­mi­tés par les tech­no­lo­gies exis­tantes », pré­cise Ca­rol Gar­din, di­rec­teur des af­faires de l’en­tre­prise. Pour trou­ver des so­lu­tions, Maple Lodge Farms s’est en­tou­rée de spé­cia­listes : vé­té­ri­naires, in­gé­nieurs agro­nomes, ex­perts en ven­ti­la­tion, etc. Ce co­mi­té de tra­vail étu­die le mou­ve­ment de l’air dans les re­morques, et les va­ria­tions de l’hu­mi­di­té et de la tem­pé­ra­ture. « Ac­tuel­le­ment, trois pro­to­types sont tes­tés sur la route », sou­ligne M. Gar­din. Maple Lodge Farms a éga­le­ment ajou­té à une de ses trois chaînes d’abat­tage un sys­tème d’eu­tha­na­sie par in­ha­la­tion de CO2.

Le rè­gle­ment en­tou­rant le trans­port de la vo­laille est pré­sen­te­ment en ré­vi­sion.

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