L’Es­trie pro­fite d’une « ma­rieuse »

La Terre de chez nous - - RELÈVE - PIERRE-YVON BÉGIN

SHER­BROOKE — La re­lève agri­cole en Es­trie est nom­breuse et ne de­mande qu’une chance de s’éta­blir. C’est l’avis du pré­sident de la Fé­dé­ra­tion de l’UPA-Es­trie, Fran­çois Bou­ras­sa, qui presse Qué­bec de don­ner suite à ses en­ga­ge­ments en­vers l’agri­cul­ture. Pour ap­puyer ses dires, ce­lui-ci cite l’exemple du suc­cès de la Banque de terres mise sur pied dans la MRC du Val-Saint-Fran­çois.

« C’est comme une ma­rieuse », af­firme Fran­çois Bou­ras­sa pour dé­crire le tra­vail ef­fec­tué par la res­pon­sable de cette ini­tia­tive de ju­me­lage en Es­trie, Mélissa Nadeau. Par­ti­cu­la­ri­té ré­gio­nale, dit-il, cette banque a ajou­té un vo­let trans­fert de ferme pour la re­lève non ap­pa­ren­tée. Dé­jà, deux pro­jets ont été concré­ti­sés, dont un im­pli­quant un éle­vage api­cole.

Mar­tin Ca­ron, 2e vice-pré­sident de l’Union des pro­duc­teurs agri­coles (UPA), ren­ché­rit et ex­horte les MRC à dé­ve­lop­per le sec­teur agri­cole en pro­fi­tant de leur plan de développement de la zone agri­cole (PDZA). En Es­trie, les MRC des Sources et de Mem­phré­ma­gog ont dé­jà leur PDZA, tan­dis que celles du ValSaint-Fran­çois et du Haut-Saint-Fran­çois sont en train de l’adop­ter. Les autres se­raient sur le point d’al­ler en ap­pel d’offres.

« Il est grand temps qu’on aille en mode pros­pec­tion en agri­cul­ture comme on le fait dé­jà de­puis long­temps pour al­ler cher­cher des in­dus­tries », dé­clare Mar­tin Ca­ron.

Fran­çois Bou­ras­sa es­time que la MRC des Sources est celle qui compte le plus de réa­li­sa­tions en agri­cul­ture. Il cite no­tam­ment l’im­plan­ta­tion d’un cours de for­ma­tion agri­cole à As­bes­tos et la créa­tion d’une tour­née gour­mande, Sa­veurs et sa­voir-faire des Sources, qui a connu un bon suc­cès. Fran­çois Bou­ras­sa se ré­jouit en­core de voir l’agri­cul­ture et l’agroa­li­men­taire être ci­blées comme l’ac­ti­vi­té éco­no­mique numéro 1 dans cette MRC. Il s’étonne donc du peu d’in­té­rêt dé­mon­tré en gé­né­ral par les élus en­vers l’agri­cul­ture, rap­pe­lant qu’il s’était pré­pa­ré à ré­pondre aux ques­tions de la presse à la suite de la coupe de 14,5 % dans le der­nier bud­get Lei­tao.

« J’ai re­çu zé­ro ap­pel. Pour­tant, les gens ont en­core à se nour­rir trois fois par jour », dé­plore-t-il.

Fran­çois Bou­ras­sa ex­horte Qué­bec à li­mi­ter le phé­no­mène d’ac­ca­pa­re­ment des terres, rap­pe­lant qu’en 20 ans la va­leur des terres agri­coles a pro­gres­sé de 400 %.

Il note que li­mi­ter l’achat à 100 hec­tares par an­née per­met­trait de do­cu­men­ter cette ten­dance, ad­met­tant que le pro­blème n’est pas en­core énorme en Es­trie.

« C’est pré­oc­cu­pant pour les agri­cul­teurs, dé­clare-t-il, mais ça de­vrait l’être pour toute la so­cié­té parce que la terre doit d’abord ser­vir à nour­rir la po­pu­la­tion. »

Fran­çois Bou­ras­sa et Mar­tin Ca­ron en confé­rence de presse en dé­but de se­maine der­nière à Sher­brooke.

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