Elle re­met­trait les clés à la banque

La Terre de chez nous - - ÉDITORIAL - MAR­TIN MÉ­NARD

En Mon­té­ré­gie, An­nie Bé­rard, 35 ans, vient d’in­ves­tir dans un nou­veau pou­lailler de 100 mètres de lon­gueur. Ad­ve­nant un ef­fri­te­ment de la ges­tion de l’offre – et une concur­rence très vive im­po­sée par les pro­duc­teurs d’oeufs étran­gers –, elle son­ge­rait ni plus ni moins à chan­ger de do­maine.

« Si c’est pour tra­vailler aux mêmes condi­tions qu’une per­sonne à sa­laire, je pré­fère tra­vailler ailleurs. Me re­cy­cler en quelque chose d’autre, je ne sais pas quoi », af­firme Mme Bé­rard en en­tre­vue à la Terre.

Des paie­ments dif­fi­ciles

La pro­duc­trice fait va­loir que les coûts de chauf­fage et la ré­mu­né­ra­tion des em­ployés sont moindres au Mexique; une concur­rence qui se­rait dif­fi­cile à sou­te­nir. « Si des oeufs du Mexique ou des ÉtatsU­nis en­traient ici, ça nous obli­ge­rait à bais­ser nos prix. À ce mo­ment-là, com­ment est-ce que je fe­rais mes paie­ments? Je viens juste d’in­ves­tir dans dif­fé­rents bâ­ti­ments. Alors s’ils veulent faire tom­ber les quo­tas, je vais remettre mes clés à la banque », af­firme la co­pro­prié­taire de la Ferme MJB à Saint-Césaire.

Ces­ser les in­ves­tis­se­ments

Signe de la pré­oc­cu­pa­tion ma­jeure qui touche les pro­duc­teurs sous ges­tion de l’offre, son père, fort d’une longue ex­pé­rience dans le do­maine de la vo­laille et des oeufs, lui a ré­cem­ment conseillé d’ar­rê­ter d’in­ves­tir dans ce sec­teur…

Sans ges­tion de l’offre, An­nie Bé­rard se de­mande com­ment elle réus­si­rait à ho­no­rer les paie­ments pour son nou­veau pou­lailler.

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