Pas de plan conjoint unique dans le bois

La Terre de chez nous - - FORÊT - PIERRE-YVON BÉGIN

SAINT-GEORGES DE BEAUCE — Les pro­duc­teurs fo­res­tiers des dif­fé­rentes ré­gions du Qué­bec ne re­lé­gue­ront pas leurs 13 plans conjoints aux ou­bliettes pour vendre leur bois.

Après avoir jon­glé avec l’idée de se do­ter d’un plan conjoint unique cou­vrant l’en­semble du Qué­bec, le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion (CA) de la Fé­dé­ra­tion des pro­duc­teurs fo­res­tiers du Qué­bec a conve­nu de ne pas y don­ner suite.

Au terme de son 46e congrès, qui avait lieu ré­cem­ment à Saint-Georges de Beauce, la Fé­dé­ra­tion s’est vu confier « le man­dat d’en­tre­prendre une ini­tia­tive » vi­sant la mise en place d’un plan conjoint unique d’ici cinq ans. La ré­so­lu­tion, pré­sen­tée par An­dré Roy, pré­sident du Syn­di­cat des pro­duc­teurs fo­res­tiers du sud du Qué­bec, a été adop­tée sur grande di­vi­sion, 32 voix contre 30.

« Je vais tra­vailler pour que les gens conti­nuent à se faire confiance et que le ba­teau ar­rive à bon port avec tous ses mor­ceaux », avait alors ré­agi Pierre-Maurice Ga­gnon, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fraî­che­ment ré­élu par ac­cla­ma­tion. Quelques minutes plus tard, le CA re­je­tait la pro­po­si­tion sou­mise par An­dré Roy, pré­sident du Syn­di­cat des pro­duc­teurs fo­res­tiers du sud du Qué­bec.

« Un plan conjoint unique, a-t-il af­fir­mé, on est ren­dus là. Les deux tiers de ce qu’on vend, c’est dans le sciage. Au­jourd’hui, on ne né­go­cie pas le prin­ci­pal pro­duit qu’on vend. C’est un non­sens. »

L’idée d’un plan conjoint unique, rap­pelle la Fé­dé­ra­tion a pos­te­rio­ri, cir­cule dé­jà de­puis 40 ans, les pour et les contre étant par­ta­gés. Elle es­time donc qu’un chan­ge­ment de cette am­pleur né­ces­site d’abord une consul­ta­tion élar­gie de tous ses membres.

« Un plan conjoint pro­vin­cial n’est pas la seule op­tion, pré­cise Marc-An­dré Cô­té, di­rec­teur gé­né­ral de la Fé­dé­ra­tion. L’amé­lio­ra­tion des or­ga­ni­sa­tions de pro­prié­taires et de pro­duc­teurs fo­res­tiers au ni­veau ré­gio­nal va ren­for­cer le pou­voir po­li­tique à l’échelle pro­vin­ciale. »

Pla­cé sous le thème « Chan­ger pour mieux ser­vir les pro­duc­teurs fo­res­tiers », le congrès vi­sait aus­si à trou­ver des moyens d’amé­lio­rer leurs condi­tions. Au fil des ans, se­lon les in­di­ca­teurs com­pi­lés par la Fé­dé­ra­tion, l’en­vi­ron­ne­ment d’af­faires s’est dé­gra­dé.

« C’est plus dur de faire du bois qu’il y a 10 ans », ré­sume Marc-An­dré Cô­té, sou­li­gnant qu’une meilleure uti­li­sa­tion de la fo­rêt pri­vée pour­rait créer 10 000 nou­veaux em­plois.

Les dé­lé­gués ont ain­si adop­té une ré­so­lu­tion ré­cla­mant entre autres un taux de taxa­tion dis­tinct pour les boi­sés sous amé­na­ge­ment fo­res­tier. De plus, ils de­mandent la créa­tion d’un ré­gime d’épargne et d’in­ves­tis­se­ment syl­vi­cole per­met­tant de mettre à l’abri de l’im­pôt une par­tie du re­ve­nu fo­res­tier. Cet ar­gent ser­vi­rait par la suite à fi­nan­cer des tra­vaux d’amé­na­ge­ment ef­fec­tués lors des an­nées sub­sé­quentes.

Le mi­nistre des Fo­rêts, Laurent Lessard, a dit « adhé­rer for­te­ment » à cette pro­po­si­tion, pré­voyant qu’elle va en­traî­ner « une ré­vo­lu­tion » qui va li­bé­rer au­tant le monde que le bois.

« C’est plus dur de faire du bois qu’il y a 10 ans », ré­sume Marc-An­dré Cô­té.

Ré­élu pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des pro­duc­teurs fo­res­tiers du Qué­bec par ac­cla­ma­tion, Pierre-Maurice Ga­gnon a pro­mis de s’em­ployer à en­tre­te­nir la confiance entre ses membres, sous les yeux du 1er vice-pré­sident de l’UPA, Pierre Le­mieux.

An­dré Roy, pré­sident du Syn­di­cat des pro­duc­teurs fo­res­tiers du sud du Qué­bec, a pré­sen­té la ré­so­lu­tion de­man­dant à la Fé­dé­ra­tion d’en­tre­prendre une ini­tia­tive vi­sant la mise en place d’un plan conjoint unique d’ici cinq ans.

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