Vignoble d’Oka : le bon­heur est dans les vignes

La Terre de chez nous - - RÉGIONS - VALÉRIE MAY­NARD

OKA — Après un prin­temps maus­sade, un mois de juillet plu­vieux et une fin d’été ma­gni­fique, les vignes croulent sous le poids des rai­sins et les ven­danges s’an­noncent belles et pro­met­teuses. Pour Mi­chel Le­vac, pro­prié­taire du Vignoble d’Oka, ce mo­ment de l’an­née rime avec bon­heur. « Pen­dant deux jours, on est une cen­taine de per­sonnes, ma fa­mille et mes amis, à ré­col­ter le rai­sin », dé­crit-il. Pour ses filles, le plai­sir est conta­gieux, et c’est comme si c’était Noël avant le temps.

Le Vignoble d’Oka est né il y a 12 ans. Si­tôt la tran­sac­tion conclue, Mi­chel Le­vac et sa femme Diane Normandin ont dé­pouillé leur terre de ses 1 200 pommiers pour y plan­ter des vignes, sans rien connaître de cette cul­ture. « Les vignes me groundent. Elles vont me sur­vivre. Avec elles, j’ap­prends à tra­vailler la pa­tience », phi­lo­sophe-t-il.

Pro­dui­sant du vin de­puis 2009, le vignoble abrite au­jourd’hui 18 500 vignes. À court terme, 5 000 nou­velles vignes se­ront plan­tées, ce qui per­met­tra d’avoir une pro­duc­tion op­ti­male an­nuelle de 40 000 bou­teilles de vin. Au mo­ment de notre vi­site, le vi­gne­ron se pré­pa­rait aux ven­danges, pré­vues à la mi-oc­tobre.

Un brin plus au­da­cieux, l’oe­no­logue Sé­bas­tien Vi­caire au­rait at­ten­du quelques jours de plus. Plus les ven­danges sont tar­dives, meilleure est la cu­vée. « Tout se passe dans la peau du rai­sin. Dans les der­niers jours, la concen­tra­tion des sa­veurs et des ma­tières pre­mières est plus ra­pide », af­firme-t-il.

La ver­ti­cale

Écou­ter Mi­chel Le­vac par­ler de sa pas­sion pour son vignoble, de son bon­heur de re­gar­der ses vignes pro­duire leurs fruits (Fron­te­nac et Sa­bre­vois) pour en­suite faire son vin, est une ex­pé­rience qui re­lève du plai­sir.

Épi­cu­rien dans l’âme, le vi­gne­ron prend aus­si plai­sir à goû­ter ses vins se­lon le concept de la ver­ti­cale, c’est-à-dire en com­pa­rant dif­fé­rentes cu­vées d’un même vin. « Ça met en lu­mière tout le po­ten­tiel des vins qué­bé­cois, leur évo­lu­tion », ex­plique-t-il.

Convain­cu que le vin qué­bé­cois gagne en no­to­rié­té, M. Le­vac com­pare ce mar­ché à ce­lui du fro­mage. « Il y a 15 ou 20 ans, on ache­tait des fro­mages qué­bé­cois pour en­cou­ra­ger l’in­dus­trie. Au­jourd’hui, on les achète parce qu’ils sont bons. » Sans comp­ter que les vins qué­bé­cois se hissent de plus en plus haut au pal­ma­rès mon­dial : Le Mys­tère Rouge, par exemple, a re­çu la mé­daille Double Or au Fin­ger Lakes In­ter­na­tio­nal Wine Com­pe­ti­tion en 2012.

Vin na­tu­rel

Autre par­ti­cu­la­ri­té du Vignoble d’Oka : son vin na­tu­rel. « Le vignoble n’est pas bio, mais notre vin est na­tu­rel », nuance M. Le­vac. De toute fa­çon, in­dique-t-il, même si les champs sont bio, le chai ne l’est pas né­ces­sai­re­ment.

Un vin clas­sique peut conte­nir jus­qu’à 50 ad­di­tifs, et le vin bio, une ving­taine, ex­plique à son tour Sé­bas­tien Vi­caire. Or un vin na­tu­rel n’en compte que trois : sul­fites, ben­to­nite et le­vure.

Le Vignoble d’Oka vend ses vins sur place (sur ré­ser­va­tion) et dans plu­sieurs res­tos de Mon­tréal, de Qué­bec et d’ailleurs dans la pro­vince. De­puis peu, son vin Le Mys­tère Rouge est aus­si of­fert à la SAQ.

Pro­duc­teur de vin ro­sé de­puis deux ans, le Vignoble d’Oka pro­po­se­ra un vin blanc pour la pre­mière fois cette an­née.

Mi­chel Le­vac et l’oe­no­logue avec qui il tra­vaille de­puis le dé­but, Sé­bas­tien Vi­caire.

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