Une or­don­nance, mais pas plus d’aide

La Terre de chez nous - - BRÛLURE BACTÉRIENNE - THIER­RY LARIVIÈRE

Le 2 sep­tembre der­nier, le mi­nistre Pierre Pa­ra­dis a dé­li­vré une or­don­nance pour for­cer les pro­prié­taires de pom­miers à tailler les branches in­fec­tées par la brû­lure bac­té­rienne, mais il n’y a pas en­core eu d’an­nonce pour sou­te­nir les coûts im­por­tants liés à ces tra­vaux.

« La col­la­bo­ra­tion de tous les ac­teurs concer­nés est es­sen­tielle pour contrer l’épi­dé­mie, dont celle des ci­toyens pro­prié­taires d’arbres et d’ar­bustes sen­sibles à la brû­lure bac­té­rienne », a dé­cla­ré M. Pa­ra­dis par voie de com­mu­ni­qué après une vi­site dans le ver­ger de Jean-Luc Le­gault à Saint-Jo­seph-du-Lac. Le ter­ri­toire vi­sé par l’or­don­nance est ce­lui de la MRC de Deux-Mon­tagnes et des sec­teurs de Saint-Be­noît, Saint-Au­gus­tin et Sainte-Scho­las­tique de la ville de Mirabel.

« On a dit au mi­nistre que l’as­su­rance ré­colte ne couvre pas les tra­vaux », a ex­pli­qué Éric Ro­chon, pré­sident des Pro­duc­teurs de pommes des Lau­ren­tides, qui était pré­sent lors de la vi­site de Pierre Pa­ra­dis. Ce der­nier ajoute que l’as­su­rance ré­colte couvre l’équi­valent de 67 heures de tra­vail par 1 000 pom­miers. Or, cer­tains ver­gers ont be­soin de 300 heures par hec­tare. Le pré­sident lo­cal ajoute que la dé­ci­sion de la Fi­nan­cière d’of­frir cette cou­ver­ture par­tielle est ar­ri­vée en cours de sai­son, alors qu’il était dé­jà trop tard pour s’as­su­rer. Moins du tiers des 130 pro­duc­teurs tou­chés sont cou­verts.

« Il n’est rien sor­ti de concret de la ren­contre, mais le mi­nistre va étu­dier la pos­si­bi­li­té de faire in­ter­ve­nir le pro­gramme fé­dé­ral Agri­re­lance », rap­porte Éric Ro­chon. Ce pro­gramme avait d’ailleurs per­mis d’in­jec­ter 2,69 M$ pour les ver­gers de la Nou­velle-Écosse, qui étaient éga­le­ment aux prises avec la brû­lure bac­té­rienne en 2014. Qué­bec af­firme que des pour­par­lers sont en cours avec Ot­ta­wa sur cette ques­tion, mais en date du 8 sep­tembre, le mi­nis­tère fé­dé­ral ne semble pas avoir re­çu de de­mande for­melle. « Nous sui­vons la si­tua­tion de près. Si le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial juge qu’une éva­lua­tion sous Agri-re­lance s’avère né­ces­saire, les re­pré­sen­tants fé­dé­raux et pro­vin­ciaux réa­li­se­ront conjoin­te­ment cette éva­lua­tion pour me­su­rer l’am­pleur de la ca­tas­trophe et dé­ter­mi­ner si les pro­duc­teurs ont la ca­pa­ci­té fi­nan­cière [grâce aux pro­grammes en vi­gueur, y com­pris Agri-pro­tec­tion] de se ré­ta­blir de la ca­tas­trophe », a ré­pon­du Agri­cul­ture et Agroa­li­men­taire Ca­na­da lorsque la Terre l’a in­ter­ro­gé sur la pos­si­bi­li­té qu’Agri-re­lance com­pense les tra­vaux réa­li­sés dans les ver­gers du Qué­bec.

Le pré­sident des Pro­duc­teurs de pommes des Lau­ren­tides fait va­loir que l’or­don­nance va obli­ger les pro­duc­teurs à fi­nir les tra­vaux, alors que plu­sieurs d’entre eux manquent dé­jà de li­qui­di­tés avec les tailles dé­jà ef­fec­tuées et le fait que les re­ve­nus de la vente des pommes sont peu ou pas dis­po­nibles pour le mo­ment.

La CAQ s’im­pa­tiente

« Il est hors de ques­tion d’at­tendre plus long­temps. Ma pa­tience, mais sur­tout celle des pro­duc­teurs, a ses li­mites. Je ne vois pas pour­quoi il fau­drait at­tendre qu’Ot­ta­wa donne son aval pour que Qué­bec puisse ai­der nos agri­cul­teurs », a dé­cla­ré Syl­vie D’Amours, porte-pa­role de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec en agri­cul­ture, qui était pré­sente à la ren­contre du 2 sep­tembre qui se dé­rou­lait dans son com­té. La dé­pu­tée ac­cuse le mi­nistre Pa­ra­dis de se « traî­ner les pieds » dans ce dos­sier.

No­tons qu’un avis du Ré­seau d’aver­tis­se­ments phy­to­sa­ni­taires du 8 juin confir­mait la pro­pa­ga­tion de l’épi­dé­mie de brû­lure bac­té­rienne qui avait éga­le­ment été an­ti­ci­pée par le lo­gi­ciel RIM­pro au­pa­ra­vant.

Le mi­nistre de l’Agri­cul­ture, Pierre Pa­ra­dis, en dis­cus­sion avec des pro­duc­teurs de pommes de Saint-Jo­seph-du-Lac et la dé­pu­tée Syl­vie D’Amours.

L’or­don­nance oblige l’éli­mi­na­tion de tous les symp­tômes de brû­lure bac­té­rienne par la taille des branches at­teintes.

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