Bre­ton construit une ca­thé­drale agri­cole de 12 M$

La Terre de chez nous - - ALIMENTATION ANIMALE - PIERRE-YVON BÉ­GIN

Les Ali­ments Bre­ton se moquent de la mo­ro­si­té éco­no­mique. La com­pa­gnie construit ac­tuel­le­ment une nou­velle ca­thé­drale agri­cole, un gi­gan­tesque centre de grains à Scott, en Beauce, qui com­mande un in­ves­tis­se­ment de 10 à 12 M$. D’une ca­pa­ci­té de 12 000 tonnes avec ses 28 si­los, le centre pour­ra re­ce­voir au­tant les grains bio­lo­giques que conven­tion­nels. Le choix de Scott s’ex­plique par la proxi­mi­té de l’au­to­route 73 et d’une voie fer­rée, ce qui per­met­tra de re­ce­voir les grains par train et ca­mion.

« Nous vou­lons un centre de grains flexible de ma­nière à pro­fi­ter des op­por­tu­ni­tés lo­cales et nord-amé­ri­caines », in­dique le pré­sident de duB­re­ton, Vincent Bre­ton. Rap­pe­lons que Les Ali­ments Bre­ton (meu­ne­ries et fermes d’éle­vage) et Les Viandes du Bre­ton (fermes d’éle­vage, abat­toir, usine de trans­for­ma­tion du porc) sont des di­vi­sions de Bre­ton Tra­di­tion 1944.

Vincent Bre­ton es­time que le centre de grains, dont la construc­tion a com­men­cé au dé­but de l’été, de­vrait en­trer en ac­ti­vi­té le prin­temps pro­chain. En fonc­tion des ré­sul­tats ob­te­nus, une meu­ne­rie pour­rait s’ajou­ter au com­plexe dans un ave­nir plus ou moins rap­pro­ché.

« C’est un in­ves­tis­se­ment stra­té­gique en fonc­tion de notre plan d’af­faires, ajoute Vincent Bre­ton. Nous pro­dui­sons aus­si du porc bio­lo­gique et nous éri­geons le centre de grains d’abord pour ré­pondre à nos be­soins. »

Porcs bio­lo­giques et na­tu­rels

Le pré­sident de duB­re­ton confirme son fort in­té­rêt pour la pro­duc­tion bio­lo­gique.« On est conscients que le mar­ché des com­mo­di­tés n’est pas fa­cile, af­firme Vincent Bre­ton. On es­saie donc de se ni­cher et on a un plan am­bi­tieux de conver­tir l’en­semble de nos fermes, pro­prié­té de la fa­mille, au bio­lo­gique et au Cer­ti­fied Hu­mane. On n’y ar­ri­ve­ra pas né­ces­sai­re­ment seuls. »

« C’est pour­quoi, dit-il en­core, on in­vite des pro­duc­teurs à nous re­joindre. Si on veut sé­cu­ri­ser la pro­duc­tion et les re­ve­nus de fermes fa­mi­liales, c’est une belle ave­nue. Pour le mar­ché au com­plet, ce n’est pas une grande ini­tia­tive et ce ne se­ra ja­mais les vo­lumes qui existent en com­mo­di­tés. Mais pour gar­der un tis­su de pro­duc­tion vi­vant, on pense que c’est bien im­por­tant. »

La ré­cente si­gna­ture d’un ac­cord de libre-échange avec l’Union eu­ro­péenne pour­rait se ré­vé­ler in­té­res­sante pour duB­re­ton. L’en­tre­prise a d’ailleurs main­te­nu l’ac­cré­di­ta­tion de son usine de Ri­vière-du-Loup pour l’ex­por­ta­tion. Vincent Bre­ton voit par contre l’ou­ver­ture du mar­ché eu­ro­péen dans une pers­pec­tive à long terme.

À la veille de ses 80 ans, Lu­cien Bre­ton su­per­vise le chan­tier du centre de grains de Scott. « Par la bande, j’ai été obli­gé de m’im­pli­quer », s’amuse-t-il, in­di­quant qu’il se rend sur les lieux trois ou quatre fois par se­maine.

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