La lai­te­rie Cha­li­foux parie sur le « sans OGM »

La Terre de chez nous - - TRANSFORMATION LAITIÈRE - MAR­TIN MÉ­NARD

La Lai­te­rie Cha­li­foux a lan­cé des pro­duits lai­tiers cer­ti­fiés sans or­ga­nismes gé­né­ti­que­ment mo­di­fiés (OGM), sans trop savoir quelle se­rait la ré­ac­tion des consom­ma­teurs. Après six mois de com­mer­cia­li­sa­tion, l’en­tre­prise de So­rel se fé­li­cite de son ini­tia­tive.

« Nous vi­vons tout un succès! Dif­fi­cile de dire si le consom­ma­teur achète nos pro­duits pour leur goût ou pour la cer­ti­fi­ca­tion sans OGM, mais le taux de ré­cur­rence des achats est très éle­vé, at­teste Mar­tin Va­li­quette, di­rec­teur gé­né­ral de la Lai­te­rie Cha­li­foux. Nous avons dé­jà fi­dé­li­sé une clien­tèle à tra­vers tou­tut le Ca­na­da. »

Ven­dus sous la marque Ri­vie­ra, ces pro­duits lai­tiers sanss OGM misent sur unee cer­ti­fi­ca­tion ga­ran­tis-ssant aux consom­ma­teursrs que les in­gré­dients et l’ali­men­ta­tion des va­che­sess lai­tières sont sans OGMM à 98 %. La com­pa­gniee se ré­serve pour l’ins­tant une marge de ma­noeuvre de 2 % prin­ci­pa­le­ment en rai­son du soya et du maïs qué­bé­cois, deux cultures sus­cep­tibles d’être conta­mi­nées gé­né­ti­que­ment, une réa­li­té d’au­jourd’hui. La lai­te­rie fait donc tes­ter chaque nou­velle ré­colte d’en­si­lage de maïs et chaque li­vrai­son de grains afin de res­pec­ter une te­neur de moins de 2 % d’OGM. Dans l’ave­nir, le seuil se­ra res­ser­ré sous les 1 %. « Le “sans OGM” dans les pro­duits lai­tiers, ça ne fait que com­men­cer », as­sure le di­rec­teur gé­né­ral.

Des fermes in­té­res­sées

Au dé­part, une telle contrainte dans l’ali­men­ta­tion des vaches a ren­du dif­fi­cile le re­cru­te­ment des fermes lai­tières. Mais en of­frant une prime de 0,08 $ le litre, la Lai­te­rie Cha­li­foux a réus­si à at­ti­rer cer­tains agri­cul­teurs, comme les Fer­land, de Sainte-Anne-de-So­rel. « Ce n’était pas évident au dé­but de trou­ver une meu­ne­rie qui pour­rait nous ga­ran­tir des sup­plé­ments sans OGM. S’as­su­rer que le grain ne soit pas conta­mi­né re­quiert éga­le­ment plus d’at­ten­tion. Mais la prime as­so­ciée au “sans OGM” de­meure une belle op­por­tu­ni­té d’ac­croître nos re­ve­nus », com­mente Na­tha­lie Dau­phi­nais, de la Ferme Fer­land. Quatre fermes de la ré­gion f four­nissent au­jourd’hui la lait te­riee pour la fa­bri­ca­tion de ses p pro­duits.

Un ar­gu­ment

Cer­tains di­ront que cette gam­gamme de pro­duits lai­tiers sans OGM n’in­vente rien, puisque les pro­duits bio­lo­giques n’en contiennent pas. À ceux-là, Mar­tin Va­li­quette ré­pond que les tests de dé­pis­tage d’OGM sont plus pous­sés dans ce type de cer­ti­fi­ca­tion que dans le bio. Mais sur­tout, il sou­ligne que le « sans OGM » est un ar­gu­ment de vente peu coû­teux. En ef­fet, le succès des yo­gourts Ri­vie­ra cer­ti­fiés sans OGM s’ex­plique en par­tie par leur prix, qui est sen­si­ble­ment le même que ce­lui des yo­gourts or­di­naires. De­vant deux pro­duits au prix si­mi­laire, plu­sieurs clients optent pour le la­bel sans OGM.

Créa­teur de ten­dances

Le nombre de pro­duits Ri­vie­ra a ex­plo­sé ces der­nières an­nées, al­lant du yo­gourt bio­lo­gique en pots de verre au yo­gourt cer­ti­fié sans OGM, en pas­sant par les pro­duits de lait de chèvre et les des­serts à base de fro­mage blanc. « Nous nous sommes don­né la mis­sion d’être des créa­teurs de ten­dances lai­tières. Nous dé­ve­lop­pons des pro­duits de niche dans chaque ca­té­go­rie. Cin­quante-deux nou­veaux pro­duits ont été créés en deux ans. C’est l’avan­tage d’une pe­tite com­pa­gnie; on bouge ra­pi­de­ment », conclut le di­rec­teur, qui vise à faire pas­ser ses ventes de yo­gourt de 20 M$ à 60 M$.

La Ferme Fer­land est l’une des pre­mières à dé­te­nir une cer­ti­fi­ca­tion at­tes­tant que ses vaches sont nour­ries sans OGM. La Lai­te­rie Cha­li­foux mise sur cet élé­ment dis­tinc­tif pour la vente de cer­tains pro­duits.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.