Le prix des bleuets en chute libre

La Terre de chez nous - - ÉCONOMIE - MAR­TIN MÉ­NARD

Les pro­duc­teurs de bleuets sau­vages connaissent un creux de vague ma­jeur, qui pour­rait per­du­rer et fra­gi­li­ser cer­taines en­tre­prises.

Se­lon les chiffres de Fo­rest La­voie Conseil, le prix de 1 $/lb qu’ils ob­te­naient en 2011 a fon­du, pour se chif­frer à 0,62 $/lb en 2015. En outre, d’après les don­nées pré­li­mi­naires de la firme, ce chiffre pour­rait chu­ter à 0,30 $/lb en 2016; une baisse de 70 % en six ans.

« À 0,30 $/lb, on ne fait vrai­ment pas beau­coup d’ar­gent. Les marges sont très minces et les en­tre­prises qui ont ache­té des ter­rains à haut prix ces der­nières an­nées risquent de vivre des mo­ments dif­fi­ciles », as­sure Jean-Eudes Sen­ne­ville, un im­por­tant pro­duc­teur de bleuets sau­vages, ba­sé à Saint-Fé­li­cien.

Des sur­plus mon­diaux

Les pro­duc­teurs ont dé­jà connu des cycles de prix bais­siers, mais la conjonc­ture mon­diale, qui re­flète un ni­veau de pro­duc­tion et de sur­plus sans précédent, pour­rait pro­lon­ger cette si­tua­tion de bas prix. « Les bleuets va­laient cher; c’est ce qui a in­té­res­sé des pro­duc­teurs. La pro­duc­tion a en­suite ex­plo­sé au ni­veau mon­dial avec plus de 1,1 mil­liard de livres [de bleuets en co­rymbe et sau­vages] pro­duites en 2016. Ici, au Lac, c’est la pre­mière fois qu’on a au­tant de bleuets dans les en­tre­pôts. Tous les trans­for­ma­teurs res­tent avec des vo­lumes en stock. Eux aus­si constatent que ça va être très dif­fi­cile dans les pro­chaines an­nées », men­tionne M. Sen­ne­ville, lui-même ac­tion­naire d’en­tre­prises de trans­for­ma­tion.

Des re­cords

Les ré­coltes nord-amé­ri­caines de bleuets sau­vages ont dou­blé de­puis 2011, pour se si­tuer à 400 mil­lions de livres (Mlb) en 2016. Même le Qué­bec est pas­sé de 55 à 120 Mlb du­rant la même pé­riode. Dans sa mo­no­gra­phie sur l’in­dus­trie des bleuets sau­vages pu­bliée en 2016, le mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture, des Pê­che­ries et de l’Ali­men­ta­tion du Qué­bec (MAPAQ) concluait que la baisse des prix risque de se per­pé­tuer, voire d’augmenter, avec la hausse de l’offre qui se pour­suit.

Jean-Eudes Sen­ne­ville par­tage ce constat et croit que les pro­duc­teurs de bleuets qué­bé­cois devront di­mi­nuer leurs coûts de pro­duc­tion s’ils veulent que leur en­tre­prise de­meure ren­table dans cette nou­velle réa­li­té de faibles prix.

Les hausses de pro­duc­tion mon­diale de bleuets sau­vages et de bleuets en co­rymbe en­gendrent des sur­plus im­por­tants, ce qui en­traîne une chute de prix.

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