Agri­cul­teur bran­ché cherche l’amour

La Terre de chez nous - - REPORTAGE - MY­RIAM LA­PLANTE EL HAÏLI

Tra­vailler dans une ex­ploi­ta­tion agri­cole laisse peu de temps libre. Ren­con­trer l’âme soeur de­vient donc une tâche ar­due pour un agri­cul­teur. Sur­tout qu’on peut dif­fi­ci­le­ment dé­mé­na­ger de sa ferme pour se rap­pro­cher de sa douce. Les ren­contres sont dif­fi­ciles à faire, certes, mais pas im­pos­sibles. Si Mar­tin et Lyne rou­coulent de bon­heur de­puis cinq mois, c’est grâce aux ren­contres 2.0.

Mal à l’aise

« Les gens sont mal à l’aise de dire qu’ils sont agriculteurs sur les sites de ren­contres grand pu­blic, ex­plique le concep­teur d’Agri­ren­contre, Luc Ga­gnon. C’est pour ça que j’ai créé une pla­te­forme spé­ci­fique au mi­lieu agri­cole il y a 15 ans. »

Mar­tin n’au­rait ja­mais osé ra­con­ter son his­toire si ce n’était par re­con­nais­sance pour ce site. « Quand tu trouves l’amour, tu com­prends que ça va­lait la peine de te faire ai­der », ex­plique-t-il. À 48 ans, il « man­quait l’es­sen­tiel » à ce pro­duc­teur lai­tier de Loui­se­ville. L’homme se don­nait même un ul­ti­ma­tum : trou­ver une amou­reuse ou vendre ses vaches. Puis, il a ren­con­tré Lyne sur Agri­ren­contre. Ils se sont don­né ren­dez-vous au res­tau­rant après 15 jours de dis­cus­sions. À la troi­sième ren­contre, Mar­tin a su que cette fois, c’était la bonne. Il n’a qu’un seul re­gret, ce­lui de ne pas avoir ren­con­tré Lyne plus tôt dans sa vie. Ce qui lui plaît chez elle? Son sou­rire, ses yeux francs. Ses pa­rents avaient une fer­mette, et elle com­prend et ac­cepte le mode de vie de Mar­tin, mais lui aus­si ac­cepte de faire des conces­sions. « J’ai ré­pa­ré une ma­chine jus­qu’à 1 h du ma­tin l’autre fois pour pou­voir me le­ver et al­ler déjeuner avec sa fa­mille le len­de­main », ra­conte le pro­duc­teur.

La re­lève

« C’est sûr que les ré­seaux so­ciaux aident à trou­ver l’âme soeur ou, à tout le moins, à res­ter en contact », ex­plique le co­or­don­na­teur ré­gio­nal de la Fé­dé­ra­tion de la re­lève agri­cole du Qué­bec, Phi­lippe Pa­gé.

« L’amour est peut-être dans le pré, mais le 14 fé­vrier pro­chain, il se­ra aus­si à Saint-Hya­cinthe! » pou­vait-on lire à l’ap­proche de la SaintVa­len­tin sur la page Fa­ce­book de la re­lève agri­cole de cette ré­gion. En une heure à peine sur les ré­seaux so­ciaux, le « Speed da­ting de la re­lève » a re­çu une qua­ran­taine d’ins­crip­tions d’agriculteurs de moins de 40 ans. Luc Ga­gnon l’a re­mar­qué, les membres qui s’ins­crivent sur Agri­ren­contre sont de plus en plus jeunes. D’ailleurs, l’acha­lan­dage sur le site a aug­men­té de 50 % de­puis que la pla­te­forme mo­bile a été lan­cée. « Au­jourd’hui, les gens consultent de plus en plus notre site sur leur ta­blette et leur té­lé­phone in­tel­li­gent. » Une cure de ra­jeu­nis­se­ment du site est pré­vue en 2017, mais de nou­veaux ou­tils ont été mis en ligne en dé­cembre. « Ils peuvent voir qui a vi­si­té leur fiche, et avec la re­fonte du site, j’es­père pou­voir leur per­mettre de faire des re­cherches de per­sonnes en termes de dis­tance et non de ré­gion d’ha­bi­ta­tion », conclut M. Ga­gnon.

Après deux jours de fré­quen­ta­tions, Mar­tin sa­vait que Lyne se­rait la femme de sa vie.

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