La Ferme Ir­ma mise sur les tra­vailleurs in­ex­pé­ri­men­tés

La Terre de chez nous - - LA UNE - PIERRE SAINT-YVES Cor­res­pon­dant ré­gio­nal re­dac­tion@ la­terre.ca

SAINT-AL­BERT — Les frères Andreas et Urs Stu­dhal­ter re­con­naissent jouer d’au­dace dans leur nou­velle stra­té­gie de re­cru­te­ment de main-d’oeuvre.

Les deux pro­prié­taires de la ferme lai­tière Ir­ma, à Saint-Al­bert près de Vic­to­ria­ville au Centre-du-Qué­bec, ont ré­so­lu de mi­ser sur des tra­vailleurs in­ex­pé­ri­men­tés pour com­bler leurs be­soins.

« Toutes les en­tre­prises puisent dans le même bas­sin de main-d’oeuvre qui ne four­nit pas à la de­mande, ex­plique Andreas Stu­dhal­ter. Mon frère et moi avons d’abord dis­cu­té de la ques­tion et fait plu­sieurs consul­ta­tions. Par la suite, on a dé­ci­dé de don­ner une chance aux per­sonnes qui veulent chan­ger de mé­tier et qui ont en­vie de tra­vailler dans une ferme. »

À la Ferme Ir­ma, les be­soins en maind’oeuvre ont crû au fil des agran­dis­se­ments et de la hausse de pro­duc­tion. L’ex­ploi­ta­tion compte au­jourd’hui 240 vaches en lac­ta­tion pour un quo­ta de plus de 300 ki­los.

« Comme dans bien des en­tre­prises lai­tières, l’aug­men­ta­tion de la pro­duc- tion a coïn­ci­dé avec une pé­nu­rie de tra­vailleurs. Il fal­lait donc ré­agir et vite », ra­conte Urs Stu­dhal­ter.

Cour­ti­ser hors du mi­lieu agri­cole

Certes, les deux pro­duc­teurs lai­tiers ont en­vi­sa­gé l’em­bauche de tra­vailleurs étran­gers pour fi­na­le­ment conve­nir de don­ner une chance aux per­sonnes de leur ré­gion qui sont at­ti­rées par le mi­lieu agri­cole sans pour au­tant avoir la for­ma­tion re­quise. « On fait le pa­ri qu’elles sont plus nom­breuses qu’on le pense », lance Andreas Stu­dhal­ter.

Pour sé­duire les can­di­dats, les offres d’em­ploi de la Ferme Ir­ma mettent donc l’ac­cent sur la qua­li­té du mi­lieu de tra­vail, le dy­na­misme des pro­prié­taires et la mo­der­ni­té des ins­tal­la­tions plu­tôt que d’uti­li­ser une des­crip­tion de poste stan­dard qui dé­taille les tâches à ef­fec­tuer.

Et ça marche! La preuve en est la ré­cente em­bauche d’une jeune re­crue, pro­ve­nant du mi­lieu in­dus­triel, qui sou­hai­tait avoir la chance de tra­vailler dans une ferme lai­tière. Les deux pro­duc­teurs y voient une oc­ca­sion de for­mer la nou­velle ve­nue aux tâches et aux tech­niques propres à leur en­tre­prise. Pour eux, ce n’est pas un far­deau puis­qu’ils le font de­puis plu­sieurs an­nées dé­jà avec les sta­giaires qui sont de pas­sage chez eux.

Fi­dé­li­ser les em­ployés

Les deux frères en conviennent, réus­sir à re­cru­ter de nou­veaux sa­la­riés est une chose; en­core faut-il pou­voir les gar­der. Au­jourd’hui, l’en­tre­prise compte trois em­ployés à plein temps et au­tant à temps par­tiel. Le plus an­cien y tra­vaille de­puis sept ans, et la plus jeune de­puis quelques mois. « Une fois qu’on a une bonne équipe, il faut que ce soit ju­me­lé à une ges­tion ef­fi­cace des res­sources hu­maines », pré­cise Andreas Stu­dhal­ter.

La stra­té­gie des deux en­tre­pre­neurs com­porte donc un train de me­sures vi­sant à sa­tis­faire les tra­vailleurs de fa­çon à les fi­dé­li­ser, comme les sa­laires concur­ren­tiels, un ho­raire par ro­ta­tion et la créa­tion d’un plan de re­traite au­quel em­ployés et em­ployeurs contri­buent à parts égales.

Les frères Stu­dhal­ter concèdent qu’ils font preuve d’au­dace, mais jugent que c’est leur fa­çon de contri­buer à va­lo­ri­ser le mé­tier d’ou­vrier agri­cole.

La Ferme Ir­ma a été sé­lec­tion­née par le Centre d’em­ploi agri­cole de la Fé­dé­ra­tion de l’UPA du Centre-du-Qué­bec pour re­pré­sen­ter cette ré­gion dans le cadre de Ma ferme, mon monde, source d’ins­pi­ra­tion en ges­tion des res­sources hu­maines, une ini­tia­tive d’AGRI­car­rières.

La pé­nu­rie de main-d’oeuvre et l’aug­men­ta­tion de la pro­duc­tion à leur ferme ont ame­né les frères Andreas et Urs Stu­dhal­ter à faire preuve d’au­dace pour re­cru­ter des em­ployés.

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