De l’aide pour faire des choix éclai­rés

Les pro­duc­teurs agri­coles qui en­tre­prennent une dé­marche de ges­tion in­té­grée des en­ne­mis des cultures avec l’ap­pui d’un agro­nome af­fi­lié à un club-con­seil ont un point en com­mun : ils prennent le temps d’éva­luer leur si­tua­tion afin de ci­bler des mé­thodes

La Terre de chez nous - - PHYTO PROTECTION - Jo­sianne Des­jar­dins, col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Cette ap­proche ne re­pose pas que sur le choix des pes­ti­cides, pré­cise Pa­tri­cia Le­duc, agro­nome chez Agri Conseils Mas­ka. « On fait le tour de l’en­tre­prise et on re­garde ce qui s’est fait de­puis deux ou trois ans. On va prendre le temps d’ana­ly­ser le sol et les cultures pour connaître les be­soins réels du pro­duc­teur. »

Ain­si, le conseiller pour­ra re­com­man­der les moyens de pré­ven­tion ap­pro­priés tout en s’as­su­rant de l’uti­li­sa­tion sé­cu­ri­taire des pes­ti­cides, s’il y a lieu. En po­sant un re­gard éclai­ré sur l’en­semble de la si­tua­tion, le spé­cia­liste se­ra en me­sure de dé­ter­mi­ner les fac­teurs nui­sibles aux cultures de son client, comme le fait d’em­ployer un pul­vé­ri­sa­teur mal ca­li­bré, men­tionne Mme Le­duc.

Ré­sis­tance

L’une des pro­blé­ma­tiques fré­quem­ment ob­ser­vées est la ges­tion dé­fi­ciente de la ré­sis­tance des in­sectes. Da­vid Gi­rard­ville, conseiller au Club agroen­vi­ron­ne­men­tal du Su­roît, re­marque que cer­taines com­pa­gnies vont jus­qu’à pro­po­ser quatre her­bi­cides dif­fé­rents pour contrô­ler les mau­vaises herbes. Se­lon l’agro­nome, ce genre de mé­thode doit être re­mis en ques­tion.

« On a ten­dance à ache­ter la paix avec des pro­duits chi­miques. Mais le pro­blème, c’est qu’ils ne res­tent pas dans les champs et af­fectent la po­pu­la­tion. Par exemple, on a des pro­duits sans atra­zine qui fonc­tionnent très bien et on n’a pas moins d’ef­fi­ca­ci­té pour au­tant », sou­ligne-t-il. Même s’il constate que les agri­cul­teurs sont de plus en plus sen­si­bi­li­sés à l’en­vi­ron­ne­ment, il n’en de­meure pas moins que le chan­ge­ment des ha­bi­tudes prend du temps.

De­nis Brault, pro­duc­teur de maïs­grain et de soya, tra­vaille de­puis plus de 20 ans avec M. Gi­rard­ville. Bien que sa si­tua­tion soit sta­bi­li­sée, il ap­plique la lutte an­ti­pa­ra­si­taire in­té- grée en conti­nu, car il doit com­po­ser avec cer­tains en­va­his­seurs ré­cur­rents comme l’ama­rante.

« Il y a des mau­vaises herbes qui re­viennent tous les ans; alors on doit constam­ment tra­vailler à ce ni­veau », sou­ligne ce­lui qui a cru bon de faire ana­ly­ser cer­taines plantes en­va­his­santes afin de mieux maî­tri­ser sa pro­duc­tion. Une étape qu’il juge im­por­tante avant d’avoir re­cours à des pes­ti­cides qui, heu­reu­se­ment, « sont beau­coup moins no­cifs que dans les an­nées 1970. Tout est une ques­tion de do­sage ».

Le bon pro­duit

Du cô­té d’Agri Conseils Mas­ka, afin de gé­rer la ré­sis­tance, on uti­lise un nou­vel ou­til qui per­met de dres­ser l’his­to­rique des pro­duits em­ployés au cours des der­nières an­nées dans chaque champ de l’en­tre­prise. En­suite, on dé­ter­mine les groupes de pes­ti­cides qui y sont as­so­ciés pour faire une ro­ta­tion et pré­ve­nir ain­si l’ap­pa­ri­tion de la ré­sis­tance.

Cet ou­til donne aus­si la pos­si­bi­li­té de clas­ser les pes­ti­cides se­lon une échelle de risque et de prendre De­nis Brault, pro­duc­teur de maïs­grain et de soya, a cru bon de faire ana­ly­ser cer­taines plantes en­va­his­santes afin de mieux maî­tri­ser sa pro­duc­tion. con­nais­sance des pro­prié­tés des di­vers pro­duits. Il ré­pond jus­te­ment à l’ob­jec­tif pre­mier de la dé­marche de lutte in­té­grée, qui est de ré­duire les risques, tant pour la san­té de l’uti­li­sa­teur que pour l’en­vi­ron­ne­ment, rap­pelle Mme Le­duc.

Pour plus d’in­for­ma­tion sur les clubs-conseils : clubs­con­seils.org/ trou­vez-un-club-con­seil.

COOR­DI­NA­TION SER­VICES-CONSEILS

Da­vid Gi­rard­ville, conseiller au Club agroen­vi­ron­ne­men­tal du Su­roît, re­marque que cer­taines com­pa­gnies vont jus­qu’à pro­po­ser quatre her­bi­cides dif­fé­rents pour contrô­ler les mau­vaises herbes. Se­lon l’agro­nome, ce genre de mé­thode doit être re­mis en ques­tion.

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