Oser of­frir son aide en cas de dif­fi­cul­tés per­son­nelles

La Terre de chez nous - - PARLONS-EN... À COEUR OUVERT ! | CULTURES - NAN­CY LANGEVIN, T.S. Tra­vailleuse de rang dans Chau­dière-Ap­pa­laches GI­NETTE LAFLEUR Doc­to­rante en psy­cho­lo­gie com­mu­nau­taire à l’UQAM

Que fe­riez-vous si vous ap­pre­niez qu’un de vos amis se sé­pare ou file vrai­ment un mau­vais co­ton? Se­riez-vous en­clin à lui of­frir un peu de ré­con­fort?

On éprouve par­fois un ma­laise, une cer­taine re­te­nue, à of­frir son aide à une per­sonne de son en­tou­rage qui vit des dif­fi­cul­tés per­son­nelles. On ne sait pas trop quoi dire, quelle aide ap­por­ter. De crainte de s’im­po­ser, on peut pré­fé­rer s’abs­te­nir. À di­vers de­grés, on a tous plus ou moins cette crainte-là de­vant des dif­fi­cul­tés d’ordre per­son­nel.

En re­vanche, si quel­qu’un se blesse ou a un ma­laise phy­sique, on in­ter­vient im­mé­dia­te­ment. Par exemple, si une per­sonne s’étouffe à cô­té de nous ou est en train de se noyer, on ne va pas lui dire : « Est-ce que tu veux que je t’aide? » On ne va pas se de­man­der si c’est de nos af­faires ou pas d’of­frir du sou­tien.

De la même fa­çon, il ap­pa­raît plus fa­cile d’al­ler vers des amis ou des voi­sins pour of­frir notre aide dans des si­tua­tions où des ani­maux ou des ré­coltes sont me­na­cés. Ain­si, on ne se pose pas de ques­tions lors­qu’un in­cen­die d’étable se pro­duit; on sait exac­te­ment quoi faire. Par exemple, on va se mo­bi­li­ser ra­pi­de­ment pour se rendre à la ferme avec notre trai­ler pour sor­tir les ani­maux. On peut aus­si dé­bar­quer promp­te­ment pour don­ner un coup de main aux champs à un pro­duc­teur qui vient de se bles­ser.

Il de­vrait être aus­si simple d’of­frir son sou­tien à quel­qu’un qui tra­verse une pé­riode plus dif­fi­cile dans sa vie per­son­nelle. On peut lui faire sa­voir qu’en cas de be­soin, on est là. Une simple tape sur l’épaule, ça fait du bien. On peut aus­si le sor­tir de son quo­ti­dien, l’ame­ner prendre un ca­fé ou une bière. On peut l’in­ci­ter à faire du sport, ou de la mu­sique, ou une quel­conque ac­ti­vi­té qui lui chan­ge­rait les idées. Ce sont de pe­tits gestes qui comptent.

Ra­tés tech­no­lo­giques

Avec les moyens tech­no­lo­giques d’au­jourd’hui, il est fa­cile d’en­voyer un tex­to ou des mes­sages pour in­di­quer à quel­qu’un qu’on pense à lui. Par contre, la tech­no­lo­gie a par­fois des ra­tés, comme le dé­montre l’exemple sui­vant, vé­cu ré­cem­ment :

Vous ap­pre­nez avec éton­ne­ment le di­vorce d’une amie que vous n’avez pas vue de­puis long­temps. Vous ne vou­lez pas pa­raître trop in­tru­sive, mais vous ai­me­riez lui si­gni­fier que vous êtes là, au cas où. Alors, vous lui en­voyez un mes­sage en pri­vé sur Fa­ce­book. Pas de ré­ponse. Vous vous dites qu’elle n’est pas prête à par­ler, qu’elle n’en a pas be­soin. Le temps passe... Puis, un beau jour, vous re­ce­vez ce mes­sage de sa part : « Je viens de re­ce­voir un mes­sage de toi sur Mes­sen­ger. Il est da­té de 2013! Ça res­semble à une bou­teille lan­cée à la mer, cinq ans plus tard! J’ai pen­sé sou­vent à toi, j’étais mal à l’aise de te contac­ter. Beau­coup de temps per­du! » Une ren­contre a im­mé­dia­te­ment été ar­ran­gée. Mieux vaut tard que ja­mais, di­rez-vous, mais les mau­vaises in­ter­pré­ta­tions des si­lences de l’autre, les craintes de dé­ran­ger, ont em­pê­ché d’of­frir un sou­tien qui au­rait été fort ap­pré­cié au mo­ment op­por­tun. Il faut dé­ve­lop­per nos ré­flexes pour of­frir notre aide à notre en­tou­rage en toutes cir­cons­tances. Se mettre à la place de la per­sonne qui se trouve dans une mau­vaise passe peut nous ai­der à po­ser les bons gestes.

Il ap­pa­raît plus fa­cile d’of­frir notre aide dans des si­tua­tions où des ani­maux ou des ré­coltes sont me­na­cés.

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