Les Amé­ri­cains im­posent des ta­rifs jus­qu’à 281 % sur le fro­mage

La Terre de chez nous - - ALENA COMMERCE - T.L.

Le pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump a beau cri­ti­quer les ta­rifs canadiens sur les pro­duits lai­tiers, mais il s’avère que les États-Unis sont pra­ti­que­ment aus­si pro­tec­tion­nistes que le Ca­na­da en la ma­tière. En fait, il existe plu­sieurs si­mi­li­tudes entre les deux sys­tèmes.

Ces constats sur­pre­nants pro­viennent d’une étude du groupe ca­na­dien de re­cherche in­dé­pen­dant Agri-Food Eco­no­mic Sys­tems. Les ta­rifs sur le fro­mage, la ligne ta­ri­faire HS 0406, at­teignent d’ailleurs 281 % lorsque les prix sur le mar­ché sont par­ti­cu­liè­re­ment bas. Le fro­mage sert ici d’exemple, car il re­pré­sente 69 % de toute la va­leur des im­por­ta­tions amé­ri­caines de­puis 2007.

Les contin­gents

La ré­cente étude d’Al Mus­sell fait d’abord va­loir que les deux pays dis­posent d’un sys­tème de contin­gents ta­ri­faires ou quo­tas d’im­por­ta­tion. À l’in­té­rieur de ce contin­gent, les ta­rifs sont moins éle­vés et ils re­montent si­gni­fi­ca­ti­ve­ment au-de­là de ce seuil.

En ce qui concerne le fro­mage, le Ca­na­da offre un contin­gent ta­ri­faire qui équi­vaut à 4 % de sa pro­duc­tion à un ta­rif de 1 % si l’on prend l’exemple du ched­dar. De leur cô­té, tou­jours pour les im­por­ta­tions de fro­mage, les États-Unis offrent un contin­gent équi­va­lant à 2 % de leur pro­duc­tion et le ta­rif à l’in­té­rieur de ce quo­ta est de 12 % en ce qui a trait au ched­dar.

Au-de­là de ces vo­lumes ac­ces­sibles à faible ta­rif, les im­por­ta­tions de ched­dar sont sou­mises à un ta­rif d’en­vi­ron 30,7 % aux États-Unis contre 245,5 % au Ca­na­da. Ce­pen­dant, les États-Unis im­posent un deuxième ta­rif qui aug­mente de plus en plus à me­sure que le prix sur le mar­ché des­cend. L’étude d’Al Mus­sel donne un exemple pour un pro­duit fait à par­tir de fro­mage ched­dar à prix très bas où le ta­rif to­tal pour­rait at­teindre 281 %, soit plus que le ta­rif ca­na­dien. Dans les deux pays, très peu de fro­mage est de toute fa­çon im­por­té au-de­là des quo­tas d’im­por­ta­tion à un ta­rif plus éle­vé.

L’au­teur sou­ligne par ailleurs que la dis­tor­sion créée par le pro­tec­tion­nisme amé­ri­cain a un ef­fet sur le mar­ché glo­bal, ce qui n’est pas le cas pour le Ca­na­da puisque ce­lui-ci n’est pas un ex­por­ta­teur ma­jeur de fro­mage.

Les ta­rifs pro­tec­tion­nistes amé­ri­cains sur les pro­duits lai­tiers va­rient en fonc­tion de l’état du mar­ché.

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