La Terre de chez nous

Brasser une bière locale de A à Z

- ROSALIE DION rdion@ laterre.ca

COOKSHIRE-EATON — Produire une bière 100 % locale : telle est la mission de la nouvelle microbrass­erie 11 comtés située à Cookshire-Eaton, dans le HautSaint-François. Annexée à un restaurant, elle souhaite réinventer la bière à sa façon, en tissant des liens avec les agriculteu­rs locaux et en dénichant de nouvelles saveurs.

C’est à l’aide de l’équipement de brassage d’appoint baptisé « Mario » et « Arnold » que le chef brasseur Mathieu Garceau-Tremblay teste de nouvelles combinaiso­ns d’arômes. La gestion est quant à elle assurée par Émilie Fontaine et François Authier, également propriétai­res de la microbrass­erie Boquébière, à Sherbrooke. Mme Fontaine explique que les concepts entourant leur entreprise proviennen­t de ses propres expérience­s. « Mes parents ont une ferme laitière et j’y ai vécu toute ma vie. C’est ce qui a inspiré le bâtiment et le concept avec un côté rural : la tôle et le bois qui rappellent une grange, entre autres, explique-t-elle. On voulait que les gens se sentent en campagne, pas en ville. »

Une autre direction

Les microbrass­eries sont en pleine effervesce­nce au Québec; on en recense plus de 215, et le nombre ne fait qu’augmenter. Selon le chef brasseur, « les gens associent souvent les bières artisanale­s aux IPA et aux autres bières très houblonnée­s, puisque c’est à la mode et que les brasseurs en font beaucoup. On cherche à exploiter le spectre le plus large possible, des zones que les brasseurs industriel­s n’occupent pas ».

Il ajoute : « Certaines bières sont moins intéressan­tes à brasser que d’autres. C’est comme essayer de faire des Passion Flakie chez toi; il y a des desserts bien meilleurs que ça. » L’équipe de la microbrass­erie 11 comtés veut, en somme, « produire une bière pour ceux qui n’aiment pas la bière », en proposant des goûts légers, qui sortent de l’ordinaire.

Local jusqu’au bout

La préoccupat­ion du commerce local se trouve au centre de la mission de l’entreprise. « Depuis le début, on rencontre beaucoup de monde pour tenter d’attirer les producteur­s du coin. On aimerait brasser plusieurs produits d’ici comme les fraises et le miel, raconte le chef brasseur. On aime aussi quand les gens débarquent et nous disent qu’ils sont producteur­s d’argousier, par exemple, en nous demandant si ça nous intéresse de les brasser. » Émilie Fontaine ajoute : « C’est une manière de nous ancrer dans notre milieu, une façon de pouvoir raconter l’histoire derrière une bière, la provenance des produits, la rencontre avec le producteur. »

La microbrass­erie s’approvisio­nne en céréales auprès de Biomalt, située à Sherbrooke. M. Garceau-Tremblay explique que pour l’instant, il est impossible de trouver des céréales qui proviennen­t d’un producteur de Cookshire, puisqu’il n’y en a pas.

Chasse aux cerises

La microbrass­erie a récemment lancé un appel à tous sur sa page Facebook pour inviter « les cueilleurs, les propriétai­res de vastes terres [et] les promeneurs à une grande chasse au trésor » visant à récolter des cerises indigènes pour en faire une bière d’ici la fin de la saison estivale. Bien qu’elle ne soit ouverte que depuis le début du mois de juillet, certains soirs affichent complet.

Alors que la microbrass­erie 11 comtés est en pleine période d’essai pour mettre sur le marché de nouveaux produits, elle continue de faire la promotion d’un commerce local de proximité.

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Les propriétai­res, François Authier et Émilie Fontaine, ainsi que leurs employés, Martin St-Pierre et Mathieu Garceau-Tremblay.

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