Les cinq prio­ri­tés de l'UPA

La Terre de chez nous - - LA UNE - THIER­RY LARIVIÈRE tla­ri­[email protected]­terre.ca

« On va se concen­trer sur cinq prio­ri­tés », a an­non­cé Mar­cel Gro­leau, pré­sident de l’Union des pro­duc­teurs agri­coles (UPA), en en­tre­vue avec La Terre au su­jet des élec­tions. Un thème se­ra abor­dé chaque se­maine pen­dant cinq se­maines et les de­mandes chif­frées se­ront éche­lon­nées tout au long de la cam­pagne. Les voi­ci.

Un plan vert pour l’agroen­vi­ron­ne­ment

L’UPA de­mande la créa­tion d’un « plan vert » pour ac­com­pa­gner les agri­cul­teurs. « Le Qué­bec est très ré­gle­men­té; on est les plus exi­geants en Amé­rique du Nord. Il faut ac­com­pa­gner les pro­duc­teurs », es­time Mar­cel Gro­leau. Concrè­te­ment, l’UPA vou­drait plus de re­cherches pu­bliques et plus de res­sources pour le trans­fert de connais­sances. « Si on veut di­mi­nuer l’usage des pes­ti­cides, ça prend de la re­cherche et du dé­ve­lop­pe­ment », sou­tient M. Gro­leau. Ce plan vert de­vrait aus­si mieux sou­te­nir la tran­si­tion vers la pro­duc­tion bio­lo­gique en of­frant plus de for­ma­tion et en as­su­mant une par­tie des frais de cer­ti­fi­ca­tion.

À ce cha­pitre, l’UPA ré­clame aus­si la le­vée du mo­ra­toire sur les su­per­fi­cies en culture et la ré­tri­bu­tion des ser­vices éco­lo­giques ren­dus par les agri­cul­teurs. « On est ca­pables de dé­ve­lop­per l’agri­cul­ture dans le res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment », sou­tient fer­me­ment Mar­cel Gro­leau.

Un meilleur sou­tien à l’agri­cul­ture

« On ne re­met pas en ques­tion [la po­li­tique bio­ali­men­taire], mais on es­père que les par­tis vont l’amé­lio­rer. On doit adap­ter les dif­fé­rents pro­grammes [pour l’in­ves­tis­se­ment et la ges­tion des risques] aux dif­fé­rents be­soins d’une agri­cul­ture di­ver­si­fiée », ré­sume Mar­cel Gro­leau, qui parle de bo­ni­fi­ca­tion du pro­gramme Agri Qué­bec pour les MRC éloi­gnées et d’un sou­tien spé­ci­fique pour ai­der les pe­tites fermes (moins de 100 000 $ de re­ve­nus) à in­ves­tir. En ce qui concerne le Pro­gramme d’as­su­rance sta­bi­li­sa­tion des re­ve­nus agri­coles (ASRA), l’UPA pro­pose une « ac­tua­li­sa­tion » pour le bo­ni­fier. Quant au pro­gramme de sou­tien à l’in­ves­tis­se­ment, qui pré­voit dé­jà 195 M$ sur six ans, l’UPA sou­hai­te­rait que l’aide soit éten­due pour les pro­duc­tions moins fa­ci­le­ment ad­mis­sibles (pe­tites fermes, pro­duc­tion vé­gé­tale) et bo­ni­fiée pour le sec­teur de la pro­duc­tion ani­male.

Taxes fon­cières agri­coles

L’UPA a dé­jà été claire sur ce su­jet : elle ré­clame un pla­fon­ne­ment de la va­leur des terres à 20 000 $ l’hec­tare et l’obli­ga­tion d’ins­tau­rer un taux de taxa­tion dis­tinct dès que l’on constate un trans­fert du far­deau fiscal vers les agri­cul­teurs. « On veut une ré­ponse ra­pide », in­siste Mar­cel Gro­leau, qui éva­lue que la fac­ture des taxes va aug­men­ter de 20 % pour les agri­cul­teurs dès jan­vier pro­chain si rien ne change.

Mieux sou­te­nir la re­lève

« La prio­ri­té, c’est d’ai­der les jeunes à s’éta­blir en agri­cul­ture », lance-t-il en­core, rap­pe­lant que le prix éle­vé des terres est un « frein » à l’at­teinte de cet ob­jec­tif. Le pré­sident de l’UPA se dé­sole qu’au­cune me­sure pour li­mi­ter la spé­cu­la­tion sur les terres ne soit en place. L’or­ga­ni­sa­tion agri­cole ré­clame par ailleurs une amé­lio­ra­tion du sou­tien à la re­lève, no­tam­ment par un fonds d’in­ves­tis­se­ment pour la re­lève agri­cole amé­lio­ré (FIRA +) qui se­rait sous la res­pon­sa­bi­li­té ex­clu­sive de l’État. « Si on n’offre pas de ca­pi­tal pa­tient à la re­lève, on ne lui donne pas les mêmes ou­tils que les Pan­gea de ce monde », sou­ligne Mar­cel Gro­leau.

Tou­jours pour fa­ci­li­ter l’ac­cès aux terres pour les agri­cul­teurs, l’UPA ré­clame un ren­for­ce­ment de la Loi sur la pro­tec­tion du ter­ri­toire et des ac­ti­vi­tés agri­coles dans le but de « li­mi­ter l’éta­le­ment ur­bain ». Il s’agit ici de ces­ser de dé­ve­lop­per « pro­jet par pro­jet » sans te­nir compte de l’im­pact sur l’éta­le­ment ur­bain. « Il faut une loi avec des dents », pré­cise son pré­sident.

L’or­ga­ni­sa­tion agri­cole dé­plore par ailleurs la lon­gueur des dé­lais d’au­to­ri­sa­tion des pro­jets par la Com­mis­sion de pro­tec­tion du ter­ri­toire agri­cole du Qué­bec et ne com­prend pas tou­jours cer­tains re­fus de pro­jets pour­tant ac­cep­tés par le mi­lieu agri­cole.

Sa­laire mi­ni­mum

L’UPA sou­tient la hausse de sa­laire mi­ni­mum, mais af­firme que ce­la rend la si­tua­tion im­pos­sible pour plu­sieurs agri­cul­teurs, no­tam­ment ceux qui sont en concur­rence avec les pro­duc­teurs de la Ca­li­for­nie. Mar­cel Gro­leau rap­pelle que la der­nière hausse du sa­laire mi­ni­mum était de 7 %, soit plus que l’in­fla­tion, et de­mande donc une me­sure fi­nan­cière pour cou­vrir l’écart entre l’in­fla­tion et cette hausse.

Un thème se­ra abor­dé chaque se­maine pen­dant cinq se­maines et les de­mandes chif­frées se­ront éche­lon­nées tout au long de la cam­pagne.

Mar­cel Gro­leau ré­clame une loi « avec des dents » pour frei­ner l’éta­le­ment ur­bain en zone agri­cole.

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