À la conquête de la par­faite lai­tue

La Terre de chez nous - - CULTURES - JOSIANNE DES­JAR­DINS jdes­jar­[email protected]­terre.ca

NAPIERVILLE — Les ca­ni­cules du mois de juillet ont ame­né de nou­veaux dé­fis à la Fon­da­tion lai­tue, char­gée de dé­ve­lop­per plu­sieurs va­rié­tés de ro­maines et pom­mées adap­tées au cli­mat du Qué­bec.

De­puis main­te­nant 20 ans, l’or­ga­nisme se penche sur l’amé­lio­ra­tion gé­né­tique de la lai­tue, qui est le lé­gume le plus culti­vé au Qué­bec. Les tra­vaux ont por­té fruit, me­nant à la créa­tion de nou­velles va­rié­tés plus ré­sis­tantes à notre cli­mat et aux in­sectes.

Mais avec le mer­cure qui a at­teint un som­met his­to­rique, « on s’est ren­du compte que notre tra­vail de re­cherche n’est pas en­core fi­ni », lance Jean-Ber­nard Van Win­den, co­pro­prié­taire des Fermes Hotte et Van Win­den et pré­sident de la Fon­da­tion.

« C’est vrai­ment par­ti­cu­lier. On a vu plus de désordres phy­sio­lo­giques que par les an­nées pas­sées », ren­ché­rit Dja­mi­la Re­ki­ka, gé­né­ti­cienne pour la Fon­da­tion. Une si­tua­tion qui s’est ma­ni­fes­tée chez l’Es­ti­val, la va­rié­té de pom­mée la plus po­pu­laire au Qué­bec. Elle est no­tam­ment de­ve­nue la proie du tip­burn – bru­nis­se­ment ap­pa­rais­sant à la marge des feuilles – à cause des ca­ni­cules.

To­lé­rance zé­ro

Comme la plu­part des lai­tues sont des­ti­nées au prêt-à-ser­vir, elles doivent être sans faille. Avec le tip­burn, plu­sieurs pro­duc­teurs ont vu une grande part de leurs ré­coltes être dé­clas­sées.

La cha­leur a aus­si cau­sé une mon­tai­son pré­ma­tu­rée des coeurs de ro­maines, qui se vendent gé­né­ra­le­ment très bien en pa­quet de trois sur le mar­ché. « Dans le vo­let trans­for­ma­tion, il faut li­mi­ter les pertes. C’est to­lé­rance zé­ro [lorsque les coeurs sont trop im­po­sants] », ex­plique Mme Re­ki­ka.

M. Van Win­den se montre tou­te­fois op­ti­miste. « Ce sont des pro­blèmes ré­glables. On a des oc­ca­sions de mar­ché et on va les prendre », sou­tient-il. La Fon­da­tion es­père d’ailleurs ob­te­nir une sub­ven­tion de 2 M$ du fé­dé­ral pour me­ner à bien ses tra­vaux.

Il faut être pa­tient dans la re­cherche et le dé­ve­lop­pe­ment, car ça peut prendre jus­qu’à 10 ans pour sor­tir une nou­velle va­rié­té de lai­tue. Ce­pen­dant, avec les mar­queurs mo­lé­cu­laires, il est pos­sible de ré­duire le cycle de près de la moi­tié, pré­cise M. Van Win­den.

Ac­tuel­le­ment, la Fon­da­tion teste quatre nou­velles li­gnées avan­cées de lai­tue ro­maine. Aus­si, elle a in­cor­po­ré un gène ré­sis­tant au pu­ce­ron Na­so­no­via pour la lai­tue Es­ti­val afin de com­mer­cia­li­ser une nou­velle va­rié­té prochainement.

L’an der­nier, l’AAC Ca­ni­cu­la a été cer­ti­fiée par l’Agence ca­na­dienne d’ins­pec­tion des ali­ments. Elle porte cer­tai­ne­ment bien son nom, car elle sup­porte mieux la cha­leur de nos étés.

À la Fon­da­tion lai­tue, le champ de sé­lec­tion com­porte quelque 300 par­celles. La gé­né­ti­cienne Dja­mi­la Re­ki­ka éva­lue une li­gnée de ro­maines en com­pa­gnie du pré­sident Jean-Ber­nard Van Win­den.

Le tip­burn, aus­si ap­pe­lé né­crose mar­gi­nale, a af­fec­té une grande par­tie des ré­coltes avec les ca­ni­cules de juillet.

La mon­tai­son des coeurs cau­sée par la cha­leur en­traîne des pertes im­por­tantes pour les pro­duc­teurs sur le mar­ché du prêt-à-ser­vir.

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