Ré­colte et prix ex­cep­tion­nels

La Terre de chez nous - - LA UNE - MAR­TIN MÉNARD mme­[email protected] la­terre.ca

Au fil des jours, il ap­pa­raît de plus en plus clair que la ré­colte 2018 de maïs se­ra l’une des meilleures en­re­gis­trées au Qué­bec. De plus, les prix qui frôlent les 200 $ la tonne sont éga­le­ment par­mi les plus éle­vés of­ferts de­puis 30 ans.

« La ma­jo­ri­té des pro­duc­teurs sont agréa­ble­ment sur­pris. Ils ne pen­saient pas avoir des ren­de­ments comme ça », ob­serve Jo­ce­lyn Pe­tit, né­go­ciant en grains pour La Coop Co­max, à SaintHya­cinthe. « La qua­li­té du maïs est là, avec un grade 2 en mon­tant, et la pré­sence de toxines est faible. C’est très bon », af­firme-t-il. L’autre bonne sur­prise : le taux d’hu­mi­di­té du grain est gé­né­ra­le­ment sous les 25 %, ce qui di­mi­nue les frais de sé­chage.

Même son de cloche au Centre-duQué­bec où l’ache­teur de grains Jo­na­than Lus­sier parle d’ex­cel­lents ren­de­ments d’en­vi­ron 11,5 tonnes par hec­tare (t/ha) dans les bons champs. « C’est plus éle­vé que la nor­male. On voit ce­pen­dant beau­coup de va­ria­tions se­lon la qua­li­té des champs et le type de sol, nuance le pro­prié­taire de Grains JR. Les terres sa­bleuses ont été af­fec­tées par le manque d’eau et ça pa­raît sur le ren­de­ment. »

Sur la rive nord du fleuve, l’agro­nome An­nie Des­ro­siers fait re­mar- quer qu’il s’agit d’une ré­colte au-des­sus de la moyenne des der­nières an­nées. « Ce sont des ren­de­ments très éle­vés, compte te­nu de la sai­son de sécheresse qu’on a eue. C’est une grosse sur­prise. Les pro­duc­teurs sont vrai­ment heu­reux », fait-elle va­loir, pré­ci­sant ce­pen­dant que la qua­li­té du maïs est lé­gè­re­ment in­fé­rieure dans la ré­gion de Qué­bec où le gel a frap­pé plus tôt.

Des prix in­té­res­sants

Les pro­duc­teurs es­timent que le prix à près de 200 $/t est très in­té­res­sant. C’est seule­ment la 5e fois en 30 ans qu’ils peuvent vendre leur maïs à la ré­colte à ce mon­tant. En 2005, le prix moyen en novembre était plu­tôt de 124 $/t.

Cette aug­men­ta­tion se­ra du­rable, es­time Ram­zy Yel­da, ana­lyste prin­ci­pal des mar­chés chez les Pro­duc­teurs de grains du Qué­bec. Il croit que le mar­ché du maïs se­ra haus­sier pour trois rai­sons. D’abord, une pro­por­tion si­gni­fi­ca­tive du maïs on­ta­rien semble de moins bonne qua­li­té, ce qui ai­de­ra ce­lui du Qué­bec à main­te­nir une bonne va­leur. En­suite, l’Ar­gen­tine et le Bré­sil ont connu une mau­vaise ré­colte et l’Eu­rope aus­si, ce qui crée une baisse dans les stocks mon­diaux. Fi­na­le­ment, la de­mande mon­diale de maïs de­meure ferme. Idem pour la de­mande lo­cale des­ti­née à l’ali­men­ta­tion ani­male, no­tam­ment. « J’ai des pro­duc­teurs qui se sont fait of­frir 225 $/t pour le mois de mars. C’est beau­coup et ça prouve que des ache­teurs croient que le mar­ché du maïs pour­rait être plus éle­vé dans les pro­chains mois, an­ti­cipe M. Yel­da. Les prix du maïs vont en quelque sorte com­pen­ser la baisse de prix dans le soya. »

Des prix et des ren­de­ments plus éle­vés que la moyenne dans le maïs ont un im­pact im­por­tant sur la fi­lière grain puisque le maïs est la culture la plus im­por­tante en vo­lume au Qué­bec. Adam Ver­voort, di­rec­teur des ser­vices aux agri­cul­teurs à la Banque de Mont­réal, men­tionne que des pro­duc­teurs pro­fi­te­ront donc d’une aug­men­ta­tion de re­ve­nus cette an­née, ce qui l’amène à af­fir­mer qu’ils « de­vraient être bien pla­cés pour in­ves­tir dans leurs ac­ti­vi­tés ».

En 2017, les pro­duc­teurs qué­bé­cois ont ré­col­té 3,7 mil­lions de tonnes de maïs.

La pro­duc­tion de maïs en­re­gistre de hauts ren­de­ments cette an­née, sur­tout dans les terres ar­gi­leuses, et c’est la 5e fois en 30 ans que les agri­cul­teurs peuvent vendre leur maïs la ré­colte au moins 200 $ la tonne.

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