L’ave­nir de l’abat­toir de la Pe­tite Na­tion sé­rieu­se­ment com­pro­mis

La Terre de chez nous - - À LA UNE - MAR­TIN MÉNARD mme­[email protected] la­terre.ca

Les pro­blèmes de l’éle­vage des Cerfs de Boi­leau com­pro­mettent sé­rieu­se­ment la sur­vie du seul abat­toir d’im­por­tance de cette fi­lière, les Viandes de la Pe­tite Na­tion. « Si on perd notre éle­vage [de 3 500 cerfs rouges dont le fé­dé­ral a or­don­né la des­truc­tion], on ar­rête tout. On va fer­mer l’abat­toir », lance De­nis Fer­rer, ges­tion­naire de la ferme et de l’abat­toir.

L’ex­ploi­ta­tion de l’abat­toir et de sa salle de dé­coupe à la fine pointe de la tech­no­lo­gie ne se­ra sim­ple­ment plus ren­table s’il devait abattre uni­que­ment les bêtes en­voyées par les autres éle­veurs de cerfs rouges du Qué­bec. « On ne peut pas res­ter ou­verts pour une di­zaine de cerfs par se­maine. […] Les ac­ti­vi­tés de l’abat­toir en tant que telles n’étaient dé­jà pas ren­tables. Nous avions le nôtre pour as­su­rer une grande qua­li­té de viande à nos clients; ça en­trait dans un contexte glo­bal de mise en mar­ché », pré­cise M. Fer­rer. Il se dit ou­vert aux pro­po­si­tions d’autres sec­teurs d’éle­vage, sans se faire trop d’illu­sions. « On a dé­jà abat­tu du boeuf pour un groupe d’éle­veurs qui avait un ca­hier des charges et ce n’était pas ren­table », dit-il.

Triste

Le co­pro­prié­taire d’un autre abat­toir qué­bé­cois, An­dré For­get, des Viandes For­get en ban­lieue de Mont­réal, re­con­naît que l’in­dus­trie de l’abat­tage est dif­fi­cile. « Ce n’est pas évident de trou­ver de la main-d’oeuvre qui veut tra­vailler dans un abat­toir. L’autre chose, c’est qu’on doit se battre contre des géants et ça nous coûte plus cher ici avec les règles fé­dé­rales d’ins­pec­tion et les normes pro­vin­ciales », dé­peint M. For­get. Il es­time que la si­tua­tion des Cerfs de Boi­leau et des Viandes de la Pe­tite Na­tion est « triste et un peu ca­tas­tro­phique, car ils avaient mon­té une belle bu­si­ness ».

An­dré For­get n’est tou­te­fois pas convain­cu qu’il s’agisse de la fin pour les Viandes de la Pe­tite Na­tion. « Ce sont des gens ca­pables. Ils sont si­tués près d’Ot­ta­wa et de l’On­ta­rio; ils peuvent se re­vi­rer de bord », es­père M. For­get.

Sans l’im­por­tant vo­lume des Cerfs de Boi­leau, l’abat­toir ne se­ra plus ren­table.

L’abat­toir et la salle de dé­coupe des Viandes de la Pe­tite Na­tion étaient au coeur de la fi­lière du cerf rouge. L’en­tre­prise de l’Ou­taouais fer­me­ra ses portes ou chan­ge­ra de vo­ca­tion.

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