Un monde à part

La Terre de chez nous - - À LA UNE -

Sur le pla­teau de la sé­rie té­lé­vi­sée 5e Rang, les ani­maux sont trai­tés « comme des pe­tites stars », constate l’éle­veur ca­prin Marc-An­dré La­berge, de Frank­lin. Les chèvres et les mou­tons qu’il loue à l’équipe de pro­duc­tion sont bien nour­ris, ma­ni­pu­lés avec soin et lo­gés à l’in­té­rieur pen­dant la nuit. Ce contact constant avec l’hu­main fait en sorte que les bêtes sont beau­coup plus calmes lors­qu’elles re­tournent en pen­sion chez lui entre les blocs de tour­nage. « Même si je suis un éle­veur à pe­tite échelle, c’est sûr qu’on ne passe pas au­tant de temps avec les ani­maux qu’eux en ont pas­sé là-bas », men­tionne M. La­berge.

Le pro­prié­taire de la Ferme de Ca­ri­phaël à Saint-Marc-sur-Ri­che­lieu, Luc Beau­che­min, dé­crit comme « un monde à part » l’uni­vers des tour­nages dans le­quel il baigne avec ses ani­maux de­puis une ving­taine d’an­nées. Il est ha­bi­tué à at­tendre de longues heures sur les pla­teaux et n’est pas trop dé­çu de consta­ter à l’oc­ca­sion que les scènes de ses bêtes ont été cou­pées au mon­tage.

Au fil des ans, une re­la­tion de confiance s’est éta­blie entre lui et cer­taines équipes de pro­duc­tion, au point où il laisse par­fois ses ani­maux par­tir sans lui à moindre coût. « Des tour­nages, il y en a beau­coup moins. Les bud­gets ont tel­le­ment été cou­pés, men­tionne-t-il. Avant, quand les Gags Juste pour

rire avaient be­soin de trois poules ou trois la­pins, c’est moi qui y al­lais. Là, ils viennent les cher­cher chez nous et me les ra­mènent. »

Même s’il n’en fait pas une spé­cia­li­té, Jé­ré­mie Pi­lon, de la ferme La Ra­bouillère à Saint-Valérien-de-Mil­ton, a dé­jà consen­ti à louer des ani­maux pour des émis­sions comme Sa­lut Bon­jour ou Les poi­lus. L’agri­cul­teur a ten­té l’ex­pé­rience sur­tout pour faire connaître son en­tre­prise. Il a éga­le­ment ven­du une chèvre naine à l’en­traî­neur Alain Chioc­ci, qui la pré­pare pour le tour­nage d’une sé­rie Web l’été pro­chain au cours du­quel elle de­vra agir comme un pe­tit chien sa­vant. « L’idéal, c’est de prendre des bé­bés », ex­plique ce­lui qui ins­talle des ca­mé­ras et des pro­jec­teurs chez lui à East­man pour fa­mi­lia­ri­ser ses pro­té­gés.

A.D.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.