Un an­cien dra­gon mal­mène l’UPA à TLMEP

La Terre de chez nous - - SYNDICALISME AGRICOLE - ARIANE DESROCHERS ades­ro­[email protected] la­terre.ca

De pas­sage à l’émis­sion Tout le monde

en parle ( TLMEP) sur les ondes de Ra­dioCa­na­da le 4 no­vembre, l’en­tre­pre­neur et pro­duc­teur agri­cole Fran­çois Lam­bert n’a pas mâ­ché ses mots à l’égard de l’Union des pro­duc­teurs agri­coles (UPA) dont il est membre.

« L’UPA ne me sert à rien. C’est la plus grosse ma­fia qui existe », a af­fir­mé ce­lui qui s’est fait connaître pour son rôle d’in­ves­tis­seur à l’émis­sion Dans l’oeil du dra­gon.

Le di­rec­teur gé­né­ral de l’UPA, Char­lesFé­lix Ross, était de­vant son té­lé­vi­seur au mo­ment de la dif­fu­sion de TLMEP. « Sur le coup, j’ai été un peu éber­lué, ra­con­tet-il, mais après avoir écou­té toute l’en­tre­vue, je me suis dit que ce gars-là s’était dis­cré­di­té en pre­nant plein de po­si­tions qui ne tiennent pas la route sur plein de su­jets. »

La ré­duc­tion des dé­penses d’épi­ce­rie, le tra­vail au noir, les as­sis­tés so­ciaux, les syn­di­cats et la pa­ri­té hommes-femmes comptent par­mi les 30 en­jeux sur les­quels Fran­çois Lam­bert se pro­nonce dans le livre Qu’est-ce que j’en pense?, qu’il vient de pu­blier. Un cha­pitre est consa­cré à l’agri­cul­ture au Qué­bec et à ce qu’il qua­li­fie de « désué­tude de la ges­tion de l’offre ».

Le pro­duc­teur de grandes cul­tures et de si­rop d’érable en Ou­taouais y dé­nonce la pré­sence de contin­gents dans les sec­teurs acé­ri­cole et cu­ni­cole. « Je vais conti­nuer à mar­te­ler contre l’UPA parce que cette union-là doit chan­ger », a-t-il men­tion­né à La Terre. Bien qu’il re­fuse de par­ti­ci­per aux réunions syn­di­cales, per­sua­dé d’y ren­con­trer une fer­me­ture to­tale au chan­ge­ment, Fran­çois Lam­bert dé­tient une carte de membre de l’UPA.

À pro­pos de son at­taque pu­blique à l’égard de l’Union, M. Lam­bert pré­sen­tait en en­tre­vue avec La Terre, une dé­fi­ni­tion pas­sa­ble­ment édul­co­rée du mot « ma­fia », no­toi­re­ment at­tri­bué à une forme de cri­mi­na­li­té or­ga­ni­sée. M. Lam­bert pré­ten­dait plu­tôt dé­crire par ce mot, une or­ga­ni­sa­tion qui « pro­tège ceux qui sont là et ne laisse pas de place aux nou­veaux en­trants ».

La sor­tie de M. Lam­bert a fait ré­agir les gens sur les mé­dias so­ciaux. Le se­cré­taire gé­né­ral d’UPA Dé­ve­lop­pe­ment in­ter­na­tio­nal, An­dré D. Beau­doin, a entre autres écrit : « [Que l’UPA] soit une or­ga­ni­sa­tion qui ne plaît pas à tout le monde, je veux bien, mais qu’on l’ac­cuse d’un sta­tut des moins en­viables de notre so­cié­té sans que per­sonne ne ré­agisse, je trouve ce­la dé­ran­geant. »

Ré­plique de­man­dée

Dans une lettre adres­sée à l’émis­sion

TLMEP, l’UPA a de­man­dé un droit de ré­plique pour pou­voir ex­pli­quer au pu­blic la rai­son d’être de l’or­ga­ni­sa­tion. Ce­la ne lui a pas été ac­cor­dé, mais Charles-Fé­lix Ross es­père que l’ac­tua­li­té jus­ti­fie­ra une in­vi­ta­tion au cours des pro­chains mois. « De­vant une concen­tra­tion ja­mais vue des ac­ti­vi­tés agroa­li­men­taires et agri­coles au ni­veau in­ter­na­tio­nal, la seule fa­çon de don­ner une voix aux agri­cul­teurs, c’est le re­grou­pe­ment col­lec­tif! » in­siste-t-il.

Fran­çois Lam­bert nuance ses pro­pos dans une en­tre­vue avec La Terre.

Fran­çois Lam­bert élève des pou­lets, pro­duit son si­rop d’érable, cultive la terre, a une opi­nion sur tout et il est… membre de l’UPA.

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