Le bio, une his­toire de fa­mille

La Terre de chez nous - - MA FAMILLE AGRICOLE - MA­RIE-PAS­CALE FOR­TIER Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Chris­tian Vi­gneault, pro­prié­taire de la ferme lai­tière bio­lo­gique La Fé­conde, ne tient pas des voi­sins en ce qui concerne son in­té­rêt à l’égard de la pro­duc­tion bio. « Les cul­tures de mon père étaient dé­jà bio dans les champs, mal­gré qu’elles n’aient ja­mais été cer­ti­fiées. Il re­fu­sait de faire usage de pes­ti­cides et d’en­grais chi­miques, car ça ne cor­res­pon­dait pas à ses va­leurs. Je di­rais même que mon père et mon grand-père étaient un peu avant-gar­distes. »

— C’est grâce à l’en­sei­gne­ment de son père que priment le bie­nêtre ani­mal et la pro­duc­tion bio­lo­gique dans l’en­tre­prise de Chris­tian Vi­gneault. À la ferme La Fé­conde, les vaches sont en sta­bu­la­tion libre dans la nou­velle étable bâ­tie en 2016 et équi­pée d’un ro­bot de traite. « C’est mon père qui m’a trans­mis ces va­leurs-là, confie-t-il. Il fal­lait que ses bêtes soient bien pour qu’il le soit aus­si. Ça lui fen­dait le coeur de voir une vache at­ta­chée. Elles étaient libres d’al­ler de­hors quand elles le vou­laient. L’hi­ver, elles y al­laient d’elles-mêmes et elles étaient contentes de pou­voir al­ler cou­rir à l’ex­té­rieur. » À l’époque de la fon­da­tion de l’en­tre­prise, en 1935, il y avait peu de fermes où les vaches étaient en sta­bu­la­tion libre.

C’est en 1998 que Chris­tian Vi­gneault a in­tro­duit la cer­ti­fi­ca­tion bio­lo­gique à La Fé­conde. De­puis, les normes ont évo­lué et le bio a la cote, « mais à l’époque, on pas­sait pour des bi­zarres », ri­gole-t-il.

La ro­bo­ti­sa­tion du nou­veau bâ­ti­ment, construit il y a un peu plus de deux ans, au­ra no­tam­ment per­mis aux Vi­gneault d’avoir beau­coup plus de temps à consa- crer à leur fa­mille. « On est re­par­tis de zé­ro. Les ins­tal­la­tions étaient désuètes; on avait une bâ­tisse qui me­na­çait de s’écrou­ler et une salle de traite qui avait plus de 40 ans. Il nous fal­lait huit heures chaque jour pour faire la traite. Ça ne fi­nis­sait ja­mais et ce n’était plus fonc­tion­nel », ex­plique le père de fa­mille, qui a été ap­puyé par sa conjointe Ma­ry­lène Houle et par sa fille dans le pro­ces­sus de construc­tion.

En jan­vier 2016, ils ont aus­si com­men­cé à faire leur propre éle­vage. « Au­pa­ra­vant, on n’était pas ins­tal­lés pour le faire. On vou­lait être ef­fi­caces et of­frir le maxi­mum de confort à nos gé­nisses », rap­porte Ca­the­rine, l’aî­née de la fa­mille qui a pris la dé­ci­sion, à l’âge de 16 ans, de re­prendre l’en­tre­prise dans ces nou­velles condi­tions. Son pe­tit frère Charles, âgé de 12 ans, est au­tiste, et le ca­det, Chris­to­pher, a 9 ans. Ils ne savent donc pas en­core s’ils sou­hai­te­ront un jour tra­vailler au sein de l’ex­ploi­ta­tion fa­mi­liale.

Chris­tian Vi­gneault est is­su de la troi­sième gé­né­ra­tion à ex­ploi­ter la ferme fa­mi­liale et est épau­lé par sa femme Ma­ry­lène (à gauche). Sa fille Ca­the­rine de­vrait prendre la re­lève. Les gar­çons, Charles et Chris­to­pher, sont trop jeunes pour sa­voir s’ils s’

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