Les étés de li­ber­té d’un cow­boy éco­lo

La Terre de chez nous - - LA VIE À LA CAMPAGNE - ARIANE DES­RO­CHERS ades­ro­[email protected] la­terre.ca

LA­NAU­DIÈRE — Le bas­siste du groupe mu­si­cal Les Cow­boys Frin­gants, Jé­rôme Du­pras, garde des sou­ve­nirs im­pé­ris­sables de ses étés de li­ber­té pas­sés à la ferme ovine et ma­raî­chère de son oncle, à L’As­somp­tion.

« J’étais as­sez jeune [8 à 11 ans] et je par­tais de chez ma mère à vé­lo pour al­ler faire un tra­vail ma­nuel au grand air, ra­con­tet-il. J’étais fier de pou­voir ac­com­plir ça! » Que ce soit de se­mer des ha­ri­cots, de sou­le­ver des bal­lots de foin ou de ras­sem­bler les mou­tons, Jé­rôme se plai­sait à ef­fec­tuer cha­cune des tâches qui lui étaient confiées.

Toute la fa­mille pa­ter­nelle a gran­di dans une ferme à Mas­couche. « Mon grand-père est mort très jeune, donc ça a mis fin à l’aven­ture agri­cole à cet en­droit-là », pré­cise le mu­si­cien. Son père est tout de même de­ve­nu vé­té­ri­naire au­près des vaches lai­tières et son oncle mé­de­cin, qui a ache­té sa propre ex­ploi­ta­tion, s’est fait un point d’hon­neur d’ini­tier les jeunes de la fa­mille à la terre. « Après trois étés, quand il a vu que je m’y plai­sais, il a em­bau­ché mon frère qui avait deux ans de moins que moi. C’était à son tour de connaître ça », sou­ligne Jé­rôme.

Entre mu­sique et re­cherche uni­ver­si­taire

L’ado­les­cent a par la suite ap­pris à jouer de la basse pour mettre sur pied un groupe avec ses amis du se­con­daire : Les Cow­boys Frin­gants. La for­ma­tion qui a vu le jour à L’As­somp­tion se dé­marque par ses textes en­ga­gés de­puis plus de 20 ans. « Après quelques an­nées, on s’est dit que c’était bien d’être dé­non­cia­teurs dans notre mu­sique, mais on vou­lait aus­si faire quelque chose de construc­tif, ex­plique le bas­siste. Donc, en 2006, on a créé notre fon­da­tion dé­diée à la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment. »

En plus du cha­peau de mu­si­cien, Jé­rôme Du­pras porte ce­lui de cher­cheur uni­ver­si­taire en agroen­vi­ron­ne­ment. Le pro­fes­seur rat­ta­ché à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec en Ou­taouais a com­men­cé à s’in­té­res­ser aux im­pacts de l’éta­le­ment ur­bain à l’époque de sa maî­trise, alors qu’il re­tour­nait vi­si­ter sa fa­mille à L’As­somp­tion. « Je voyais la ban­lieue prendre de l’ex­pan­sion au dé­tri­ment de terres agri­coles dé­zo­nées. Ça tou­chait même la ferme où j’avais tra­vaillé », men­tionne ce­lui qui par­tage dé­sor­mais son temps entre Mon­tréal, l’Ou­taouais, les spec­tacles aux quatre coins du Qué­bec et une ré­si­dence se­con­daire dans les Lau­ren­tides. Sa jeune fa­mille pro­fite d’ailleurs de chaque vi­site au cha­let pour s’ap­pro­vi­sion­ner en viande et en pro­duits ma­raî­chers dans les cir­cuits courts.

« Ma car­rière uni­ver­si­taire est in­ti­me­ment liée à ces ex­pé­riences [à la ferme] en bas âge. »

Le mu­si­cien tente de trans­mettre à ses gar­çons l’amour de la terre dont il a hé­ri­té de sa fa­mille.

Jé­rôme Du­pras est à la fois bas­siste dans le groupe Les Cow­boys Frin­gants et pro­fes­seur au Dé­par­te­ment des sciences na­tu­relles de l’Uni­ver­si­té du Qué­bec en Ou­taouais.

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