Ex­plo­sion de la de­mande pour la lai­tue en serre

La Terre de chez nous - - MARAÎCHERS | ACCIDENTS - ARIANE DES­RO­CHERS ades­ro­[email protected] la­terre.ca E. co­li

Hy­dro­serre, un pro­duc­teur hy­dro­po­nique de lai­tue Bos­ton éta­bli à Mi­ra­bel, est sol­li­ci­té de toutes parts de­puis que la lai­tue ro­maine a été re­ti­rée du mar­ché com­mer­cial en rai­son d’une éclo­sion d’in­fec­tions à l’E. co­li.

« Ça ar­rive sou­vent, men­tionne le pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral Syl­vain Ter­rault. Quand il y a des manques sur le mar­ché, on de­vient la sa­veur du jour. » Ce­lui qui pré­side éga­le­ment l’As­so­cia­tion des pro­duc­teurs ma­raî­chers du Qué­bec (APMQ) es­time qu’il au­rait pu dou­bler son chiffre d’af­faires ces der­nières se­maines s’il avait été en me­sure de ré­pondre aux de­mandes de ses clients épi­ciers et gros­sistes des­ser­vant la res­tau­ra­tion.

Le pro­duc­teur se voit mal­heu­reu­se­ment contraint de les dé­ce­voir. « Nous, on pré­voit écou­ler 100 % de ce qu’on pro­duit », ex­plique M. Ter­rault. La lai­tue convoi­tée est donc dé­jà pro­mise à d’autres.

Cette ab­sence ponc­tuelle de lai­tue ro­maine laisse un grand vide à com- bler sur les ta­blettes, re­con­naît-il. « Il ne faut pas ou­blier que la ro­maine re­pré­sente gros­so mo­do près de 40 % des ventes nord-amé­ri­caines de lai­tue », sou­ligne le pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral.

La Ca­li­for­nie ci­blée

Le 27 no­vembre, l’Agence ca­na­dienne d’ins­pec­tion des ali­ments a émis la di­rec­tive de ne pas dis­tri­buer, im­por­ter, vendre, ser­vir ni uti­li­ser la lai­tue ro­maine ré­col­tée dans cer­taines ré­gions de la Ca­li­for­nie. Les sec­teurs de Mon­te­rey, San Be­ni­to, San Luis Obis­po, San­ta Bar­ba­ra, San­ta Cruz et Ven­tu­ra sont sous étroite sur­veillance de la part de la Food and Drug Ad­mi­nis­tra­tion aux États-Unis. Une en­quête pré­li­mi­naire de tra­ça­bi­li­té ré­vèle que les vic­times ont été ex­po­sées à de la lai­tue ré­col­tée dans ces sec­teurs. Voi­là qui ne sur­prend pas le pré­sident de l’APMQ. « Là-bas, il y a de l’éle­vage de bo­vins qui se fait sou­vent près des champs de lai­tue », avance-t-il.

La bac­té­rie E. co­li vit à l’état na­tu­rel dans les in­tes­tins d’ani­maux comme les bo­vins et les vo­lailles. L’avis de san­té pu­blique ca­na­dien pré­cise que le « contact avec des fèces in­fec­tées d’ani­maux [est] une source fré­quente d’in­fec­tions à ».

Pri­vés de lai­tue ro­maine, les com­merces et res­tau­rants se tournent vers d’autres va­rié­tés culti­vées en serre.

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