Un désa­van­tage com­pé­ti­tif an­nuel de 80 000 $ par ferme

La Terre de chez nous - - GRAINS - MAR­TIN MÉ­NARD mme­[email protected] la­terre.ca @me­nard.jour­na­liste

S’es­ti­mant lé­sés sur plu­sieurs plans, les Pro­duc­teurs de grains du Qué­bec (PGQ) cal­culent que dans les condi­tions ac­tuelles, les fermes spé­cia­li­sées dans cette pro­duc­tion su­bissent un désa­van­tage com­pé­ti­tif de 80 000 $ par an­née, com­pa­ra­ti­ve­ment à celles des agri­cul­teurs amé­ri­cains.

Pour pal­lier cette si­tua­tion, ils es­pé­raient que le pre­mier mi­nistre Fran­çois Le­gault leur ac­corde une aide fi­nan­cière dans sa mise à jour éco­no­mique du 3 dé­cembre, mais ce­la n’a pas été le cas.

En­vi­ron­ne­ment, fis­ca­li­té, etc.

En en­tre­vue à La Terre, le di­rec­teur des PGQ, Be­noit Le­gault, af­firme que les 80 000 $ dé­coulent de dif­fé­rents fac­teurs, dont le sou­tien de l’État. Son cal­cul est ba­sé sur la ferme type, qui re­pré­sente en­vi­ron 2 000 en­tre­prises culti­vant prin­ci­pa­le­ment du maïs et du soya sur 350 hec­tares.

La ferme type perd 20 000 $ par an­née com­pa­ra­ti­ve­ment à celle des Amé­ri­cains en rai­son des me­sures en­vi­ron­ne­men­tales qué­bé­coises comme la taxe car­bone, le res­pect des bandes ri­ve­raines et les res­tric­tions as­so­ciées à l’uti­li­sa­tion de cer­tains pes­ti­cides. La fis­ca­li­té agri­cole du Qué­bec fait perdre à la ferme type 12 000 $ par rap­port à celle éta­blie aux États-Unis, es­time Be­noit Le­gault. De plus, le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain don­ne­rait 50 000 $ de plus par ex­ploi­ta­tion en sou­tien éco­no­mique à ses pro­duc­teurs com­pa­ra­ti­ve­ment à ceux du Qué­bec.

« On a rap­pe­lé ces en­jeux au nou­veau mi­nistre [de l’Agri­cul­ture]. On ne de­mande pas une com­pen­sa­tion sys­té­ma­tique de 80 000 $ par ferme, mais une bo­ni­fi­ca­tion des pro­grammes afin de com­pen­ser cette perte de com­pé­ti­ti­vi­té », ré­sume Be­noit Le­gault.

Des pro­grammes sous-uti­li­sés

La re­la­tion­niste de La Fi­nan­cière agri­cole du Qué­bec ne com­mente pas les 80 000 $ avan­cés par les PGQ. Elle sou­ligne que plu­sieurs pro­grammes existent au Qué­bec et que ce ne sont pas tous les pro­duc­teurs qui font des dé­marches pour en pro­fi­ter. Elle fait no­tam­ment ré­fé­rence au Pro­gramme d’ap­pui au dé­ve­lop­pe­ment des en­tre­prises agri­coles du Qué­bec, le­quel per­met de bé­né­fi­cier d’une sub­ven­tion à l’in­ves­tis­se­ment al­lant jus­qu’à 20 000 $, ac­com­pa­gnée d’une ga­ran­tie de prêt pou­vant at­teindre 150 000 $. Aus­si, le Pro­gramme d’ap­pui à la di­ver­si­fi­ca­tion et au dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal com­porte un vo­let des­ti­né à l’amé­lio­ra­tion fon­cière pour cer­taines ré­gions. Il sub­ven­tionne et fi­nance par exemple la re­mise en état des fos­sés, l’ins­tal­la­tion de pon­ceaux, le chau­lage et autres tra­vaux.

La ferme type des pro­duc­teurs de grains se­rait dé­sa­van­ta­gée de l’ordre de 80 000 $ com­pa­ra­ti­ve­ment à celle des agri­cul­teurs amé­ri­cains, font va­loir les Pro­duc­teurs de grains du Qué­bec.

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