Un re­tour aux sources pour vivre d’une pas­sion

La Terre de chez nous - - MA FAMILLE AGRICOLE - FRÉ­DÉ­RIC MARCOUX Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

« Nous n’avons ja­mais re­gret­té notre dé­ci­sion de nous lan­cer dans l’éle­vage de ca­nards, confie Marc Fleu­ry. On vit à la cam­pagne et on est au­to­nomes en fai­sant ce qu’on aime. C’est beau­coup de tra­vail parce qu’il faut constam­ment dé­ve­lop­per notre mar­ché et édu­quer notre clien­tèle. Ce­pen­dant, c’est une grande fier­té de ne dé­pendre de per­sonne et d’être ca­pable de per­cer dans un do­maine com­pé­ti­tif. »

WAR­WICK — Ayant tous deux vé­cu des cir­cons­tances par­ti­cu­lières les em­pê­chant d’as­su­rer la re­lève de leur ferme lai­tière fa­mi­liale res­pec­tive, Mé­lis­sa Pé­pin et son conjoint Marc Fleu­ry ont tout de même trou­vé le moyen de re­nouer avec leur pas­sion pour l’agri­cul­ture, après quelques an­nées d’ab­sence dans le sec­teur.

En 2005, Marc Fleu­ry ve­nait de cé­der ses parts de l’ex­ploi­ta­tion fa­mi­liale à son frère lorsque sa conjointe et lui ont dé­ci­dé d’ou­vrir un gîte. En écou­tant un épi­sode de La se­maine verte, quelques an­nées plus tard, ils ont eu la pi­qûre pour le ca­nard. Les deux pas­sion­nés ont dé­ci­dé, en 2011, d’amor­cer la pro­duc­tion de 300 ca­nards mu­lâtres en li­ber­té, tout en conser­vant leur en­tre­prise d’hé­ber­ge­ment. Comme la gros­seur de l’éle­vage aug­men­tait et que l’in­té­rêt pour le gîte di­mi­nuait, ils ont dé­ci­dé de vivre uni­que­ment de l’agri­cul­ture.

« On avait de moins en moins de temps pour faire les deux et on avait plus d’in­té­rêt pour l’agri­cul­ture. On est du monde de la cam­pagne et on a tou­jours été tou­chés par le monde agri­cole. Comme il n’y avait pas de quo­ta dans le do­maine et qu’il n’y avait pas d’éle­vage de ca­nards au Cen­tre­du-Qué­bec à ce mo­ment-là, on a dé­ci­dé d’es­sayer ça », ex­plique Marc Fleu­ry.

« On est plus heu­reux »

De 2011 à 2015, le couple louait des ins­tal­la­tions pour ex­ploi­ter l’en­tre­prise à Saint-Ch­ris­tophe d’Atha­bas­ka, avant de sau­ter sur l’oc­ca­sion de de­ve­nir pro­prié­taire d’une terre à War­wick et de construire un com­merce à son image. De plus, les pas­sion­nés d’agri­cul­ture ont sai­si l’op­por­tu­ni­té de se di­ver­si­fier en culti­vant le ver­ger de 450 pom­miers si­tué sur la terre. Ils ont du même coup dé­ci­dé d’éle­ver quelques la­pins à chair pour ré­pondre à la de­mande de leur clien­tèle.

« On est dé­fi­ni­ti­ve­ment plus heu­reux de­puis qu’on est pro­duc­teurs, ad­met Mé­lis­sa Pé­pin. Ça nous per­met beau­coup plus de mettre nos ta­lents à pro­fit et d’in­té­grer nos va­leurs. »

Pour la suite des choses, le couple ignore si ses trois en­fants, Ja­cob, Lau­rence et Adam, res­pec­ti­ve­ment âgés de 16, 14 et 12 ans, se­ront ten­tés d’as­su­rer la re­lève. L’aîné ap­pré­cie l’agri­cul­ture, sans avoir un in­té­rêt par­ti­cu­lier pour le ca­nard. Chose cer­taine, s’ils veulent vivre un jour de ce do­maine, ils sau­ront que c’est pos­sible.

Mé­lis­sa Pé­pin et Marc Fleu­ry sont plus heu­reux de­puis qu’ils sont agri­cul­teurs.

Hor­mis l’abat­tage, toutes les étapes de l’éle­vage de ca­nards sont réa­li­sées à la ferme. En­suite, ils sont dé­cou­pés et ven­dus à la bou­tique, ce qui per­met au couple de vivre d’un éle­vage de 1 900 ca­nards.

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