Meilleurs voeux pour 2019

La Terre de chez nous - - ÉDITORIAL | VOTRE OPINION - MAR­CEL GROLEAU Pré­sident gé­né­ral de l'Union des pro­duc­teurs agri­coles

Nous voi­ci à l’aube du Nou­vel An. Comme le veut la cou­tume, c’est la pé­riode pour se sou­hai­ter une bonne an­née et prendre quelques ré­so­lu­tions. Je vous sou­haite donc une très belle an­née 2019, à la hau­teur de vos at­tentes et de celles de vos proches, rem­plie de san­té, de bien-être et de suc­cès. Pour les ré­so­lu­tions, je vais plu­tôt y al­ler de quelques voeux.

Je sou­haite en cette nou­velle an­née que la vente d’ali­ments du Qué­bec aug­mente et que nos conci­toyens conti­nuent de les re­cher­cher et de les consom­mer. Nous de­vons conti­nuer le tra­vail avec les dis­tri­bu­teurs et toute la fi­lière agroa­li­men­taire pour fa­vo­ri­ser les ali­ments qué­bé­cois et ré­pondre aux at­tentes des consom­ma­teurs. Il est aus­si grand temps pour nos gou­ver­ne­ments d’im­po­ser aux pro­duits im­por­tés les mêmes règles d’éti­que­tage, de qua­li­té, de sa­lu­bri­té et de res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment que celles exi­gées pour nos pro­duits. Il faut pas­ser à l’ac­tion.

J’es­père ar­dem­ment que les éle­veurs de porcs, après l’ar­bi­trage de leur conven­tion de mise en mar­ché, ob­tien­dront une part plus équi­table des re­ve­nus de la fi­lière ain­si qu’une ré­mu­né­ra­tion juste pour leur tra­vail et leurs in­ves­tis­se­ments. Il en va de leur ave­nir. De plus, je sou­haite que les pro­duc­teurs de bleuets puissent eux aus­si ob­te­nir de la trans­pa­rence et un meilleur prix pour leurs pro­duits. Es­pé­rons éga­le­ment que le gou­ver­ne­ment donne suite aux at­tentes des éle­veurs de cerfs qui vivent une si­tua­tion très dif­fi­cile.

Je sou­haite pour les agri­cul­teurs sous ges­tion de l’offre, plus par­ti­cu­liè­re­ment dans le sec­teur lai­tier, des com­pen­sa­tions à la hau­teur des pertes qu’ils es­suie­ront à la suite de l’en­trée en vi­gueur de l’Ac­cord éco­no­mique et com­mer­cial glo­bal (AECG) entre le Ca­na­da et l’Eu­rope, le Par­te­na­riat trans­pa­ci­fique glo­bal et pro­gres­siste (PTPGP) et l’Ac­cord Ca­na­da–États-Unis–Mexique (ACEUM). C’est une ques­tion de jus­tice et d’équi­té ain­si qu’un test im­por­tant pour le gou­ver­ne­ment Tru­deau, à la veille de l’élec­tion fé­dé­rale d’oc­tobre pro­chain.

Je sou­haite que le Qué­bec se dote ra­pi­de­ment d’un réel plan vert agri­cole et fo­res­tier. Il est grand temps de pas­ser en mode ac­com­pa­gne­ment des pro­duc­teurs pour ré­duire l’usage des pes­ti­cides et adop­ter de meilleures pra­tiques. Cette contri­bu­tion au bé­né­fice de la so­cié­té doit aus­si être re­con­nue et ré­tri­buée, comme c’est le cas ailleurs dans le monde. En 2019, la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment conti­nue­ra d’être sur toutes les tri­bunes. Le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique et ses consé­quences nous im­posent d’agir. L’aug­men­ta­tion des bud­gets consa­crés à la re­cherche est pri­mor­diale. L’agri­cul­ture fait par­tie des so­lu­tions.

Dans la fou­lée de l’élec­tion du gou­ver­ne­ment de Fran­çois Le­gault et de ses in­ten­tions d’op­ti­mi­ser les in­ves­tis­se­ments du sec­teur pri­vé, le sec­teur agroa­li­men­taire pré­sente un énorme po­ten­tiel. Si de bons pro­grammes de ges­tion des risques in­hé­rents à l’agri­cul­ture et adap­tés aux types de pro­duc­tion ain­si qu’aux ré­gions sont of­ferts, les pro­duc­teurs se­ront prêts à in­ves­tir. La clé pour l’in­ves­tis­se­ment en agri­cul­ture, c’est l’ac­com­pa­gne­ment par la ges­tion des risques.

La zone verte est sous pres­sion de­puis trop long­temps. Je sou­haite que la pro­tec­tion des terres agri­coles soit une réelle priorité pour le gou­ver­ne­ment Le­gault. Des signes en­cou­ra­geants en ce sens ont été consta­tés à la fin de 2018. Je fais no­tam­ment ré­fé­rence au fu­tur hô­pi­tal de Vau­dreuilSou­langes qui ne se­ra pas bâ­ti en zone agri­cole, et à l’im­pact po­ten­tiel du pro­jet de troi­sième lien à Qué­bec, re­con­nu par le mi­nistre de l’Agri­cul­ture, An­dré La­mon­tagne. Les terres sont une grande ri­chesse pour la so­cié­té d’au­jourd’hui et de de­main. Le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique met­tra en pé­ril plu­sieurs mil­lions d’hec­tares de terres sur la pla­nète alors que la po­pu­la­tion mon­diale est en crois­sance.

Pour com­plé­ter cette liste bien in­com­plète, je sou­haite fi­na­le­ment que le pré­sident du pays voi­sin, Do­nald Trump, re­trouve la rai­son. Un sou­hait qui, je le sais, risque fort de ne pas se réa­li­ser. La ma­jo­ri­té dé­mo­crate à la Chambre des re­pré­sen­tants va cer­tai­ne­ment lui com­pli­quer la vie d’ici la fin de son man­dat. On as­siste ac­tuel­le­ment au pre­mier bras de fer à pro­pos de son mur à la fron­tière mexi­caine. La guerre com­mer­ciale avec la Chine com­mence à pe­ser lourd sur l’éco­no­mie mon­diale et amé­ri­caine. Les ta­rifs im­po­sés par les États-Unis de­vront tom­ber un jour. Sou­hai­tons que le Ca­na­da ne paie pas un prix trop éle­vé.

En ter­mi­nant, je nous sou­haite plus de to­lé­rance dans le monde ain­si qu’un meilleur par­tage de la ri­chesse. À tous et toutes, une très bonne an­née!

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