La peste por­cine fait fré­mir

La Terre de chez nous - - LA UNE - MYRIAM LAPLANTE EL HAÏLI mla­[email protected] la­terre.ca

Le Ca­na­da et les États-Unis touchent du bois : la peste por­cine afri­caine (PPA) n’a pas fran­chi leurs fron­tières. Mais l’in­dus­trie ca­na­dienne est sur ses gardes et de­mande au gou­ver­ne­ment de se pré­pa­rer au pire pour évi­ter de pé­na­li­ser toute la fi­lière.

Fron­tières

Si un seul cas de PPA était dé­cou­vert en Co­lom­bie-Bri­tan­nique, l’Agence ca­na­dienne d’ins­pec­tion des ali­ments fer­me­rait les fron­tières du Ca­na­da au grand com­plet, craignent les pro­duc­teurs. « En­vi­ron 70 % de nos pro­duits sont ex­por­tés. Ce se­rait ca­tas­tro­phique », a ex­pli­qué en dé­cembre le pré­sident des Éle­veurs de porcs du Qué­bec, Da­vid Du­val, lorsque in­ter­ro­gé à ce su­jet par La

Terre. Les pertes s’élè­ve­raient à 4 G$ pour le pays.

Les éle­veurs ca­na­diens ont dé­jà fait des re­pré­sen­ta­tions au­près du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral pour de­man­der de ré­gio­na­li­ser le pays, avec une di­vi­sion est-ouest, plus pré­ci­sé­ment à West Hawk Lake, près de la fron­tière entre le Ma­ni­to­ba et l’On­ta­rio. « S’il était pos­sible qu’une por­tion de la pro­duc­tion ca­na­dienne puisse conti­nuer d’être ex­por­tée parce qu’on a un moyen de contrôle de la ma­la­die à l’in­té­rieur du pays, c’est quelque chose qui ai­de­rait à di­mi­nuer la crise », in­dique le deuxième vice-pré­sident au Con­seil ca­na­dien du porc (CCP), Re­né Roy. Ce­la pour­rait s’avé­rer com­plexe, puisque le mé­ca­nisme est gé­ré par les Na­tions Unies et pour l’ap­pli­quer, le Ca­na­da doit s’en­tendre avec les autres pays im­por­ta­teurs et ex­por­ta­teurs.

D’ailleurs, si les ports sont étroi­te­ment sur­veillés, la fi­lière por­cine ca­na­dienne de­mande au gou­ver­ne­ment d’em­bau­cher trois fois plus de chiens re­ni­fleurs dans les aé­ro­ports du pays. Les voya­geurs trans­por­tant illé­ga­le­ment de la viande conta­mi­née dans leurs va­lises se­raient, se­lon le CCP, le vec­teur prin­ci­pal de pro­pa­ga­tion du vi­rus. Ce der­nier « reste vi­vant très long­temps, même dans la viande fu­mée ou sé­chée », in­dique M. Roy.

Com­pen­sa­tions

La ques­tion des com­pen­sa­tions a éga­le­ment été mise sur la table, puisque le pro­gramme fé­dé­ral en place ne per­met­trait pas aux éle­veurs de pas­ser à tra­vers la crise, se­lon M. Roy. Un tel évé­ne­ment né­ces­si­te­rait des fonds ex­tra­or­di­naires, plaide M. Roy. Bien que la PPA ne soit pas dan­ge­reuse pour l’homme, au­cun vac­cin n’est dis­po­nible pour les animaux et le taux de mor­ta­li­té at­teint 80 à 90 %.

La peste por­cine afri­caine est en­dé­mique en Chine, en Eu­rope de l’Est et dans quelques pays d’Eu­rope cen­trale.

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