En­core plus de tra­vailleurs étran­gers

La Terre de chez nous - - LA UNE - JOSIANNE DESJARDINS jdes­jar­[email protected] la­terre.ca @josianne.desjardins.98

— Le nombre de pro­duc­teurs qui em­bauchent des tra­vailleurs étran­gers tem­po­raires (TET) a pra­ti­que­ment dou­blé en un an, sur­tout dans les sec­teurs lai­tier et por­cin. Ce constat, mis en lu­mière dans une nou­velle étude, té­moigne de la pé­nu­rie de maind’oeuvre, certes, mais aus­si d’un grave pro­blème de fia­bi­li­té des can­di­dats lo­caux re­cru­tés.

L’étude sur les condi­tions de tra­vail des em­ployés en agri­cul­ture, réa­li­sée par le Groupe Agé­co pour le compte d’AGRI­car­rières, a été dé­voi­lée lors du col­loque de l’or­ga­nisme, le 6 fé­vrier, à Sha­wi­ni­gan. L’en­quête me­née au­près de 741 ex­ploi­ta­tions en 2017 fait res­sor­tir

« Ne pas se faire ap­pe­ler [par des em­ployés lo­caux] pour se faire dire : “J’ai mal aux che­veux”, ça vaut de l’or! » – Claire De­saul­niers, pro­duc­trice de lait de Saint-Tite

une ten­dance qui s’im­pose sans sur­prise dans le monde agri­cole : le re­cours ac­cru aux TET.

S’il n’y avait que 12 % des pro­duc­teurs lai­tiers qui em­ployaient des TET en 2017, c’est plus d’une en­tre­prise sur cinq (21 %) qui pré­voyaient en en­ga­ger en 2018 au mo­ment de l’en­quête. C’est la preuve « d’un re­cours crois­sant à ce bas­sin de main-d’oeuvre dans un autre sec­teur que l’ha­bi­tuelle pro­duc­tion ma­raî­chère », peut-on lire dans le rap­port. D’ailleurs, la pro­por­tion des ex­ploi­ta­tions ser­ri­coles qui pré­voyaient re­cou­rir à ces tra­vailleurs l’an der­nier a lé­gè­re­ment aug­men­té (40 %), alors qu’elles étaient au­tour de 32 % en 2017.

Dans le sec­teur por­cin, près du tiers des em­ployeurs (32 %) dé­cla­raient vou­loir em­bau­cher des TET en 2018, alors qu’ils n’étaient que 14 % à le faire en 2017. « Le be­soin de main-d’oeuvre est réel et il semble que de plus en plus d’éle­veurs de porcs s’in­té­ressent aux avan­tages que peuvent ap­por­ter [ces tra­vailleurs] », sou­ligne l’étude.

Chez AGRI­car­rières, on voit le phé­no­mène d’un bon oeil. « Ça nous amène des bras qu’on n’au­rait pas si­non, sur­tout dans les sec­teurs du lait et du porc », com­mente la di­rec­trice gé­né­rale Ge­ne­viève Le­monde. Cette der­nière évoque le té­moi­gnage des pro­duc­teurs confron­tés à des pro­blèmes « de fia­bi­li­té et de ca­dence de tra­vail » avec les tra­vailleurs lo­caux, contrai­re­ment à ceux en pro­ve­nance du Mexique ou en­core du Gua­te­ma­la.

Be­noît Ma­gny de la Ferme Be­jo­porc pose en com­pa­gnie d’Eric Mo­des­to Cal­de­ron Ar­ria­za, un de ces em­ployés gua­té­mal­tèques de confiance.

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